Ballerines vs mocassins : le seul duel mode qui compte dans les coulisses de la Fashion Week
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Mode
Aux abords des Fashion Weeks, une bataille stylistique silencieuse se joue : ballerines ou mocassins noirs. Décryptage du face-à-face qui agite l'automne 2026.
24 septembre 2026
Street style Fashion Week de New York.Atsuko Tanaka/Getty Images
S’il y a bien des tenues que l’on observe attentivement à la rédaction de Vogue, ce sont celles des mannequins off-duty. À la sortie des défilés, de New York à Paris, elles sont photographiées dans des looks instantanément cool : mise en beauté encore fraîche du dernier show, vestiaire casual incarné et détails ultra-pointus glanés au fil des saisons. Après avoir foulé des kilomètres de défilés dans les futurs it-shoe des saisons à venir, le confort devient leur priorité absolue. Les chaussures plates règnent alors en maîtres, insufflant une élégance sans effort à leurs silhouettes. Deux écoles s’affrontent sur le bitume : la grâce de la ballerine face à la rigueur du mocassin noir. Décryptage du match stylistique de cet automne 2026.
Team mocassins
Face au lyrisme de la ballerine, le mocassin noir impose sa rigueur et son charisme androgyne. S'il tire ses origines des premières chaussures en cuir de la Préhistoire avant d'être gravé dans le marbre du style par la culture Ivy League et les maisons italiennes telles que Gucci, le mocassin a troqué son image d'uniforme classique contre un statut de it-shoe ultra-désirable. Propulsé au sommet du quiet luxury par The Row et Phoebe Philo, il est le garant ultime de l'allure effortless. Là où la ballerine joue la légèreté, le mocassin apporte de l'ancrage et de la structure : il masculinise un costume oversized, calme le jeu d'une jupe courte plissée et insuffle une dose d'autorité immédiate à un simple jean brut. Porté à même la peau pour une ligne épurée ou avec des chaussettes blanches pour un clin d'œil rétro, il reste le soulier préféré des filles de la mode qui aiment flâner avec élégance, sans jamais donner l'impression de trop en faire. Des arguments qui séduisent les mannequins cet automne 2026, qui le plébiscitent dans une ligne sobre, façonnée dans un cuir délicatement plissé pile dans l'air du temps pour l'automne 2026.
Gucci - Mocassins Horsebit 1953 pour femme
The Row - Mocassins souple Two
H&M - Loafers
Sézane - Mocassins Marceau
G.H. Bass - Mocassins Vénitiens Sloane
Phoebe Philo - Mocassins en cuir
Team ballerines
Concurrentes directes des mocassins, les ballerines offrent au coup de pied la grâce de celui d’une danseuse. Après avoir régné sans partage sur les années 2000 — s’imposant aussi bien dans le vestiaire Indie Sleaze que preppy —, le soulier a payé le prix fort de son omniprésence, essuyant un désamour radical. “Ces plaisirs violents ont des fins violentes”, écrivait Shakespeare : la ballerine jugée désuète sera restée discrète près d'une décennie. C'est en 2023 qu'elle signe un retour remarqué avec l’avènement du balletcore. Adoubée par les podiums, les tops et le street style, elle s’est alors déclinée dans des versions ultra-désirables : résille chez Alaïa, strass chez Loewe, satin chez Miu Miu ou bout fendu chez Margiela. Le mot d'ordre des mannequins cet automne ? L’épure absolue : la ballerine se porte noire, ultra-plate, occasionnellement ornée de son petit nœud signature.
Aeyde - Ballerines en daim à nœud Tiby
Maison Margiela - Ballerines Tabi New en cuir
Chloe - Ballerines Iris
Miu Miu - Ballerines en cuir
A. Emery - Ballerines Olgi
Mango - Ballerines cuir nœud
Rendez-vous à Paris pour le sprint mode final
Similaires mais pourtant bien différents, cette rivalité mode ne parlera peut-être pas aux néophytes tant elle rappelle la fameuse scène du Diable s'habille en Prada : la rédactrice mode tient deux ceintures turquoises dans ces mains en les décrivant comme “tellement différentes” alors qu'elles apparaissent aux yeux d'Andy Sachs comme “exactement identiques”. Les mocassins et les ballerines sont pourtant les deux faces d'une même pièce, unies par leur praticité et la richesse de leur histoire. Trancher entre les deux s'avère bien difficile. Si les ballerines ont longuement bénéficié des feux des projecteurs — au risque d'essuyer une certaine lassitude —, leurs inconditionnelles clameront que leur charme intemporel très parisien ne s'éteint jamais. Les mocassins, quant à eux, profitent d'un nouvel envol auprès des jeunes générations, qui les adoptent en lieu et place des sneakers que l'on pensait irremplaçables. Si la rédaction de Vogue choisit sciemment de ne pas trancher, le bilan du street style permet déjà de compter les points : les mocassins ont pris une large avance lors des Fashion Weeks de New York et de Londres, mais le coup d'envoi de Milan peut encore tout faire basculer. Sans compter Paris, ultime étape dont les street style s'annoncent particulièrement pointues. Alors, mocassins ou ballerines ? Seul le pavé parisien tranchera.
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