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Avatar 3 : les 4 (gros) problèmes du film de James Cameron, qu'on ne comprend pas trop

Par La rédac

19 septembre 2026

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Avatar 3 : les 4 (gros) problèmes du film de James Cameron, qu'on ne comprend pas trop

@ 20th Century Studios, Disney

L’équipe d’Ecran Large a globalement aimé Avatar 3 MAIS on a quand même des réserves avec plusieurs points. Voilà 4 aspects qui posent problème dans le film, pour nous.

En apparence, Ecran Large adore les films Avatar. Une note de 5/5 pour le premier film sorti en 2009 (autre équipe, autre époque), 4,5/5 à Avatar 2 : La Voie de l’eau en 2022 et 3,5/5 à Avatar 3 : De feu et de cendres. Mais en réalité, les débats font rage dans l’équipe, où les avis vont de « j’ai vu chaque film 18 fois parce que c’est grandiose » à « mais qu’est-ce que c’est naze quand même », avec toutes les nuances entre les deux.

Avatar 3 ne va pas mettre fin aux bagarres, mais il va peut-être un peu calmer les choses vu ses défauts et faiblesses, visibles même pour les fanatiques aveuglés par leur amour pour le demi-dieu James Cameron. On revient sur 4 problèmes du méga-blockbuster.

ATTENTION SPOILERS, ÉVIDEMMENT

LE PROBLÈME DES « MÉCHANTS » (SURTOUT VARANG)

James Cameron s’est certainement tiré une balle dans le pied en insistant autant sur le nouveau groupe Na’vi, le « clan des cendres », et leur cheffe Varang. Il déclarait chez Empire en janvier 2025 :

« L’un des objectifs avec ce film était de ne pas être dans une vision simpliste et manichéenne. On essaye d’évoluer au-delà du paradigme ‘tous les humains sont méchants, tous les Na’Vi sont gentils' ».

Bravo James, Varang et les siens sont effectivement très méchants, et Sully est sauvé par un humain très gentil (le docteur Ian Garvin, personnage en carton qui apparaît pour servir l’intrigue et paf il n’est plus là). Le problème, c’est que tout ça est traité en surface, et vite abandonné en cours de route. Et c’est sacrément dommage pour ne pas dire exaspérant du côté de Varang, qui était littéralement en haut de l’affiche d’Avatar 3.

avatar 3 varang
Varang de Komodo

La guerrière incarnée par Oona Chaplin brille pourtant dans la première partie du film. De l’attaque spectaculaire du convoi des Marchands du Vent, où elle est à deux doigts de tuer Neytiri, à sa discussion avec Quaritch, où elle le domine et le teste dans un nuage hallucinogène, la cheffe du clan Mangkwan est présentée comme un personnage puissant et machiavélique, sans foi ni loi, avec un petit quelque chose de vicieux qui la rend encore plus intéressante.

D’où la surprise (pour le dire poliment) lorsque Varang se calme pour simplement devenir la +1 de Quaritch, qui agite sa mitraillette et montre les dents en arrière-plan. La grande antagoniste d’Avatar 3 se retrouve alors figurante de luxe dans les scènes majeures de la dernière partie, tandis que James Cameron resserre ENCORE son récit sur Sully et Quaritch.

C’est à l’image du décor du clan Mangkwan, utilisé dans deux trois scènes… et puis voilà. Après avoir ouvert une nouvelle porte de l’univers de Pandora, avec un volcan, des plaines de cendres, et une palette de couleurs et de texture différentes, James Cameron revient du côté des Metkayina, préférant exploiter des décors et des éléments déjà vus dans Avatar 2 – ou même le premier, durant le passage dans la jungle.

Stephen Lang dans Avatar : De feu et de cendres
De cendres et de flemme

Certes, le cinéaste joue avec le côté humain de Pandora dans cette ville-usine où tous les personnages majeurs se retrouvent à un moment-clé, mais difficile de ne pas être frustré face à la zone des Mangkwan, qui reste complètement sur le bord de la route. Ne nous faites pas croire qu’un climax autour du volcan, avec des cendres et de la lave, n’aurait pas offert des couleurs, des sensations et des dimensions spectaculaires. Mais non, James Cameron a préféré remettre en scène la fin d’Avatar 2 dans la baie des Metkayina (avec un vortex amusant dans le décor, histoire de).

Et puisqu’on parle des antagonistes d’Avatar 3, un mot sur Quaritch. L’increvable méchant de la saga gagne certes une nouvelle dimension au contact de son fils Spider, de Pandora et sa propre nature de Na’vi, mais comment ne pas soupirer face à cette valse sans fin ? Le pompon étant le combat final où il est épargné, encore, histoire de le faire revenir, encore – ne nous faites pas croire qu’il y a le moindre suspense sur sa survie, comme si James Cameron pouvait tuer l’antagoniste de sa saga en le faisant simplement tomber, de son propre chef, d’un rebord.

Mais bon, lui a au moins droit à un grand duel final pour le maintenir au premier plan. Varang ne peut pas en dire autant, même si sa confrontation avec Kiri, qui parvient à la soumettre et la faire fuir grâce à sa « queue » surpuissante, redéfinit les rapports de force. Ça ne nous enlèvera pas de la tête l’idée qu’un affrontement final où la cheffe des Mangkwan s’acharne contre Sully, Neytiri et/ou Spider, forçant Quaritch à prendre position contre elle (voire à la tuer), aurait eu de la gueule d’un point de vue dramaturgique. En plus d’iconiser cette fameuse méchante d’Avatar 3.

Avatar : De feu et de cendres
Quaritch for the sky

LE PROBLÈME DES « GENTILS » (SURTOUT LO’AK)

Avatar : De feu et de cendres commence avec une grosse nouveauté pour la saga de James Cameron : la voix-off n’est plus portée par Jake Sully (comme c’était le cas dans Avatar et Avatar : La voie de l’eau) mais par Lo’ak, son fils cadet. Dans la continuité du passage de relai amorcé dans le deuxième volet, Lo’ak étant voué (en théorie) à devenir le héros masculin de la saga après son père, c’est un choix tout à fait logique vis-à-vis de l’évolution de l’univers. Pourtant, c’est là l’un des gros problèmes de ce Avatar 3 : Lo’ak est largement mis de côté.

Bien sûr, il a une importance cruciale durant certaines séquences, que ce soit lors de la fuite avec ses frères et sœurs face aux Mangkwan dans la forêt, lors du procès de Payakan avec les Tulkun ou l’embuscade finale avec son père pour sauver sa mère Neytiri. Il a même le droit à une scène très émouvante dans le dernier tiers du film, sa culpabilité (face à la mort de son frère Neteyam dans Avatar 2) l’amenant presque à mettre à exécution ses pensées suicidaires. Pourtant, il manque bizarrement à l’appel au milieu du récit.

Avatar : De feu et de cendres
Littéralement la seule photo promo où on voit vraiment Lo’ak

Alors qu’il mène sa quête avec Payakan, il est isolé des autres membres de sa famille pendant une large partie du film avant de les rejoindre durant le climax. Sa voix-off est en cela étonnante tant l’histoire d’Avatar : De feu et de cendres est avant tout guidée par les actions de son père et de sa mère, voire de Spider et Kiri (sans parler de Quaritch, toujours moteur des enjeux). Autant dire que sa place au sein d’Avatar 3 est étrangement bâtarde, par rapport à celle qu’il avait dans le deuxième volet.

Cela étant dit, il n’est pas le seul « gentil » à pâtir de cette construction (et narration) très aléatoire, voire brouillonne. Les Marchands du Vent (Wintraders en anglais), par exemple, disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus, malgré leur éminent potentiel. Les seconds rôles, eux, sont toujours aussi maltraités, à l’instar des Metkayinas, relégués à quelques figures déjà établis dans le deuxième volet, mais surtout secondant en arrière-plan les véritables héros du récit.

Avatar : De feu et de cendres
Pauvre Ronal, qui méritait sans doute mieux

Le chef Tonowari est sans doute une des plus grosses blagues tant son rôle majeur de « chef » ne lui apporte qu’une stature mais aucune réelle importance dramatique. Sa femme Ronal, elle, est presque uniquement caractérisée à travers sa grossesse et son rôle de femme-mère (en miroir de Neytiri)… jusqu’à être carrément sacrifiée durant le climax. On ne parlera pas des fistons Metkayina, dont un est tué dans un plan de quelques secondes durant la bataille finale, mais sur lequel, on ne reviendra jamais.

Doit-on aussi évoquer l’utilisation agaçante des gentils « humains » ? Le biologiste Ian Garvin avait déjà été écrit à la truelle dans Avatar 2, il devient ici carrément le sauveur de Jake Sully dans la base aéronavale. Ce n’est pas une idée inintéressante sur le papier, mais son action et son déroulé – prise de conscience, revirement/rébellion, sauvetage et départ – ressemble plus à une facilité scénaristique qu’à un développement de personnages. D’autant plus qu’après son acte héroïque, il ne revient jamais à l’écran.

Sam Worthington dans Avatar : De feu et de cendres
Sa fin aurait pu être parfaite : sombre, tragique et émouvante

Bref, il manque de la consistance (et de la constance) dans l’écriture des personnages de ce Avatar : De feu et de cendres, que ce soit du côté des gentils ou des méchants comme évoqué plus haut. Et pire encore, James Cameron et ses scénaristes manquent surtout d’audace (de « couilles » pour être plus franc) en se refusant à tuer des personnages majeurs de l’univers, surtout chez les gentils. Hormis quelques seconds rôles, donc, aucune figure centrale « gentille » ne disparait dans ce troisième volet, donnant la sensation d’un nouveau statu quo.

Et si le passage de relai entre les adultes et les enfants est si chancelant dans ce Avatar 3, c’est probablement parce que ni Jake ni Neytiri n’y meurt. Les occasions sont pourtant nombreuses (Neytiri lors de l’attaque du convoi Windtraders, Jake dans la base ou dans le climax) et auraient eu du sens. Elles auraient pu créer une réelle dramaturgie et enfin poser les jalons d’une nouvelle dynamique, d’une nouvelle ère. Tout ce qu’on était en droit d’attendre finalement.

Zoe Saldana et Sam Worthington dans Avatar : De feu et de cendres
Retour au quasi point de départ du 2

ON NE PROFITE PAS ASSEZ DE L’UNIVERS (ALORS QUE ÇA DURE 3h17)

L’une des grandes qualités d’Avatar réside dans le sens du détail de James Cameron et la liberté qu’il donne à ses équipes créatives. Outre la langue Na’vi et la richesse de la faune et flore de Pandora, sa mise en scène s’attarde avec brio sur l’interaction des corps avec l’environnement, sur ces petites touches qui nous immergent vraiment dans son univers numérique tangible.

À la manière des meilleures séquences de Star Wars, Cameron assume de n’ouvrir qu’une petite fenêtre sur son monde, où le hors-champ incite à en recomposer la complexité, à en percevoir de nouvelles bribes à chaque visionnage. La Voie de l’eau est particulièrement brillant sur cette notion, et amène, via les enfants de la famille Sully, à réapprendre à voir, à s’émerveiller de nouveau au contact des Metkayina et de leurs coutumes, à prendre le temps de vibrer.

Malheureusement, Avatar 3 a tellement de choses à raconter qu’il n’a plus le temps pour ces pauses contemplatives. Bien que le départ des Windtraders soit une scène aussi sublime que magique, on aurait aimé passer plus de temps avec ce peuple pour lequel le film nous fait comprendre intuitivement le mode de vie. Entertainment Weekly a même sorti une vidéo passionnante où l’équipe technique décortique les détails les plus pointilleux de cette séquence, des vêtements au fonctionnement de leur « vaisseau ».

En émerge une frustration, alors que le film file de séquence en séquence dans des décors déments, y compris la base de la RDA, qui a bien évolué depuis Avatar 2. Et plus globalement, cette absence de respirations a un impact sur les séquences plus intimes, alors que les dilemmes de la saga n’ont jamais été aussi forts que dans cet opus. À l’époque du premier Avatar, James Cameron avait dû batailler pour garder certaines scènes jugées non essentielles à l’intrigue, alors qu’il estimait primordial de « soutenir une émotion », pour le citer. Et c’est précisément ce qui manque parfois à Avatar 3.

Avatar : De feu et de cendres
Le Tour de Pandora en 80 secondes

ÇA TOURNE EN ROND APRÈS AVATAR 2

Les deux suites d’Avatar ont été tournées ensemble et, si le troisième volet est encore un peu plus long, c’est parce qu’il comporte des séquences du deuxième. « En gros, il y avait trop d’idée géniales dans dans l’acte 1 du film 2 » expliquait le réalisateur à Empire, « [Avatar 2] fonçait à toute vitesse et on ne se consacrait pas assez aux personnages. Donc j’ai dit : ‘Les mecs, il faut qu’on le sépare en deux' ». Est-ce le péché originel qui fait de cette troisième suite non pas un prolongement de La Voie de l’eau, mais une resucée à peine dissimulée ?

Dès le début du film, c’est retour à la case départ : Neytiri s’emmure dans sa haine des envahisseurs (et de Spider) et Jake laisse transparaître ses travers humains en traitant son fils comme un G.I. Certes, dans la première partie, le traumatisme de la mort de machin-truc (leur autre fils) intensifie un peu ces interactions, jusqu’à un point de rupture un peu bancal… mais surmonté sans drame majeur à déplorer. Une fois que Cameron a survolé trois fois le volcan, il repique une tête dans son environnement favori et, à partir de là, rejoue les enjeux à l’identique.

Avatar : De feu et de cendres
Non ceci n’est pas une image d’Avatar 2

Les clans persécutés (Na’Vis et Tulkuns) refusent encore de prendre les armes avant que Lo’ak et sa baleine de compagnie ne les convainquent encore de mener l’assaut. Un discours sur la violence politique qui faisait déjà l’intérêt du film précédent. D’autant qu’il se concrétise exactement au même endroit, dans les mêmes circonstances, avec les mêmes forces en présence et avec la même musique. Le climax de De feu et de cendres est une version XXL de la dernière demi-heure d’Avatar 2, qui pique même le deus ex-machina d’Eywa à Avatar 1.

Le long-métrage a l’avantage de mettre en évidence le procédé narratif favori de Cameron : le kidnapping d’enfants. Les héros se cachent ? Kidnapping. Ils manquent de motivation ? Kidnapping. Les nouveaux méchants ne sont pas assez effrayants ? Kidnapping. Plus de frites à la cantine ? Kidnapping. Espérons que l’hypothétique quatrième volet et son ellipse renouvellent tout ça. Mais on a un peu peur, car le cinéaste n’a voulu sacrifier aucun personnage important. Il faut bien garder une réserve de gosses à kidnapper.

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