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Reportage international - Australie: des voies vertes de Sydney pour le bien-vivre et le bien-être des habitants

Alors que l’Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s’adapter au réchauffement climatique. C’est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l’un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c’est d’aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d’une ville qui reste essentiellement pensée pour l’automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d’euros par an. 

De notre correspondant à Sydney,

Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c’était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d’anciennes canalisations, qui diront le contraire.

À l’image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c’est super ! Depuis l’ouverture, il y a tellement de gens qui l’utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d’espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement. »

C’est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d’idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C’est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « Les coûts économiques, seulement pour l’ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d’euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité. »

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Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante

Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu’aujourd’hui d’ici à 2050 dans l’ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu’à l’est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d’accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l’exercice, qui sont au frais, accessibles à tous. »

Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l’ordre de 600 millions d’euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l’estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.