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Aucun tir pendant 117 minutes : l’incroyable pauvreté offensive de l’Argentine en finale de Coupe du monde - RTBF Actus

Pendant cette Coupe du monde, on a loué le talent de Lionel Messi et sa capacité à décider d’un match. Mais La Pulga - comme tous ses équipiers - n'a pas été à la hauteur du rendez-vous. Il n’a touché qu’un ballon durant le premier quart d’heure de cette finale. Pas beaucoup plus par la suite. Quand son meilleur buteur (8), meilleur passeur (4) et élément le plus créatif n’est pas au niveau, c’est toute l’Albiceleste qui tourne carré.

Les stats, relevées par Opta, sont éloquentes. Au cours des 45 premières minutes, les Argentins n’ont pas touché le moindre ballon dans le rectangle adverse. La France en 2022 et l’Argentine, déjà, en 1990 ont connu pareille difficulté à se montrer menaçant en finale planétaire. Dans le jeu aussi, l’Albiceleste a éprouvé des grandes difficultés : 46% de la possession des Sud-Américains s’est déroulée dans son tiers défensif pendant cette période.

Dans une première période, très fermée, l’Espagne n’a pas été beaucoup plus présente. La Roja s’est chargée des trois seuls tirs du premier acte. Jamais depuis 1966, on avait aussi peu tenté sa chance en finale d’un Mondial.

Mais au contraire de leur adversaire,l es joueurs de Luis De la Fuente ont haussé le ton après la pause. Ils ont même multiplié les frappes : 15 dont 10 cadrés à l’issue du temps réglementaire. La sécheresse offensive argentine s’est, elle, prolongée. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la feuille de stats ne renseignait aucun tir au terme des 90 minutes. Sur les 60 dernières années de Coupe du monde, une seule équipe – le Costa Rica à deux reprises – avait affiché une telle pauvreté en attaque. Un seul Argentin surnage dans ce naufrage : Dibu Martinez. Le gardien d’Aston Villa a sorti une dizaine d’arrêts pour garder son équipe flot. L'exclusion d'Enzo Fernandez dans les temps additionnels (90e+3) a encore compliqué la tâche des Argentins.

Souvent passée proche de la correctionnelle, plusieurs fois au bord de l’élimination, l’Argentine avait toujours réussi à s’en sortir dans ce mondial. Grâce à sa grinta, grâce à son instinct de survie et grâce au génie de Messi. Mais cette fois Léo, le magicien, est resté muet (ou presque) dans ce MetLife Stadium décidément maudit pour lui. C’est sur cette pelouse qu’il avait annoncé sa retraite internationale, il y a dix ans après une défaite en… finale de la Copa America. Avant de revenir sur sa décision et d’écrire sa légende. C’est dans le New Jersey qu’il referme définitivement le livre.

L’octuple Ballon d’Or n'a touché que 54 ballons et a décoché une frappe à la 117e minute. Il a sonné Merino et a lancé un léger sursaut argentin. Les joueurs de Scaloni ont été plus dangereux en 5 minutes que durant les 116 précédentes. Mais cette fois, il n’y a pas eu de miracle.

Au coup de sifflet final, après 120 minutes, les Argentins ont frappé à deux reprises, jamais dans le cadre. Les champions du monde en titre sont passés à côté de leur finale. Leur prestation offensive a été tout simplement insuffisante.

Les stats du match © Fifa.com

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