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CAP CODES (1/3) Au village naturiste du Cap d’Agde, "la règle, dans l’absolu c’est d’être nu", mais pas que…

Le Cap d’Agde, c’est un village qui attise la curiosité, qui interroge et qui attire du monde. Près de 300 000 personnes chaque été. Cet été Midi Libre s’est penché (une nouvelle fois) sur le village naturiste, avec l’envie d’en comprendre les codes, qu’ils soient bien réels ou implicites. Dans ce premier épisode, immersion dans une communauté guidée par la liberté, la tolérance et la convivialité. Mais pas que…

Ici un cabinet médical et un salon de coiffure. Là-bas, un supermarché. Plus loin, un bureau de poste et une boulangerie. Des centres-villes comme celui-ci, il y en existe des milliers. Mais celui-là a une particularité… Les 30 000 habitants qui l’occupent sont dévêtus, dans le plus simple appareil, disons-le, ils sont nus. Bienvenue au village naturiste du Cap d’Agde (Hérault), le plus grand complexe naturiste d’Europe.

"Ici, chacun fait ce qui lui plaît ! Tant que tu n’empêches pas les autres d’être libre, tu peux faire ce que tu veux", sourit Ugo*, un Biterrois de 56 ans. "C’est ça la règle au village natu, il faut être libre, tolérant et convivial", martèle le naturiste au corps parsemé de tatouage. Vraiment ? "Libre ne signifie pas pour autant qu’il n’existe aucune règle, formelle ou implicite", écrit Thelma Bacon, dans sa thèse intitulée Le Naturisme en France : usages sociaux différenciés et enjeux de définition.

Nu… Ça dépend des heures

Il suffit de passer une après-midi sur la plage de la Clape, de faire un crochet en début de soirée par Port Nature ou de vadrouiller la nuit tombée dans les rues animées d’Héliopolis pour comprendre. Comprendre qu’ici, au village naturiste du Cap d’Agde, il y a quelques règles, certes implicites, mais à respecter. "Les nouveaux arrivants assimilent vite les règles, ils les voient ou sinon on se charge de leur dire", souffle Philippe, naturiste au Cap depuis une trentaine d’années. C’est vrai que certains détails sont frappants. Ici, tous les culs nus se baladent avec une serviette ou un paréo à la main. "Question d’hygiène, dès que l’on s’assied on pose notre serviette, c’est pour éviter d’attraper des saloperies, des choses comme ça", souffle l’Agathois de 66 ans.

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"Dans le village, la règle, dans l’absolu c’est d’être nu. Après les gens sont libres", ajoute-t-il. Quoi que… Quand la luminosité chute, en fin de journée, les ventres ronds, les sexes épilés, les seins tombants et les peaux ridées sont recouverts. Enfin… ilss sont juste dissimulés derrière des décolletés plongeants, des hauts transparents, des pantalons en latex ou des chandails léopards.

"Un jeu de séduction, comme partout finalement"

Dévoiler son corps derrière des fines couches de tissus, c’est aussi ça le Cap. Mais attention. Ici, pour discuter, flirter ou séduire, il y a des règles. "Quand on aborde quelqu’un, on n’a pas besoin de connaître le prénom, de savoir d’où il vient, de ce qu’il fait hors du village ! Ici, on discute des loisirs, de ce que l’on vit au village", témoigne Bram*, un nudiste néerlandais. Mais après avoir papillonné, faut-il passer la seconde ? Demander un numéro de téléphone par exemple ? "Ce n’est pas vraiment l’idée, ici, on déconnecte, on est sans son mobile", explique ce touriste qui entame son quatrième séjour dans le village. "Si des photos sont prises ce n’est pas pour les diffuser sur les réseaux sociaux, c’est juste pour soi", ajoute-t-il. Entendu. Au village naturiste, le téléphone reste… dans la poche.