Au sud Liban, l'école reprend tant bien que mal pour une jeunesse à l'éducation sacrifiée
Alors que 6% du territoire libanais est occupé par l’armée israélienne, 100 000 écoliers du sud du Liban risquent d’être privés d’école d’après les Nations unies. Plus de 340 établissements ont subi des dommages et 17 ont été complètement détruits par la guerre, alors que l'accès à l'éducation était déjà ébranlé depuis la crise économique, la pandémie de Covid-19.
Publié le : 25/09/2026 - 08:22
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Avec notre correspondante au Liban, Sophie Guignon
C’est la rentrée pour les classes maternelles de l’école Ajyal de Doueir, dans la région de Nabatiyeh, dans le sud du Liban. Les pas de plus de 1300 élèves, de la petite section à la terminale, résonnent de nouveau. Une petite victoire sur la guerre et l’occupation israéliennes qui se poursuivent à moins de dix kilomètres de là. « Tout le monde revient même s’ils ont perdu leur maison, salue Daoud Harb, le directeur de l’établissement. Moi-même j’ai perdu ma maison. Je veux que mes enfants, les autres enfants, les enseignants reviennent à l’école en présentiel. Qu’ils apprennent, qu’ils aient au moins une journée normale d’apprentissage. »
« Je me demande tout le temps ce qu’ils font exploser »
Zeinab Safawi, mère de famille, vient de déposer ses deux enfants, non sans garder à l'esprit que la guerre a marqué cette génération : « Ma première peur, c’est combien nos enfants ont emmagasiné de peur. Il faudra combien d’années pour dépasser tout ça ? Mais pour ça il faut que la guerre s’arrête pour qu’on puisse commencer à guérir définitivement. »
D'ailleurs, la guerre perturbe encore l'apprentissage. En cours de maths, du côté des lycéens, difficile de se concentrer en classe pour Yara Ismael. « On entend des détonations, et il y en a beaucoup qui viennent de mon village. Je me demande tout le temps ce qu’ils font exploser », livre l'adolescent, originaire de Zaoutar el Charqiyeh, un village encore occupé. Malgré la reprise des cours, la ville de Doueir reste un refuge précaire. En cas de nouvelle escalade, le directeur a prévu d’évacuer son école plus au nord.
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