Au moins 940 enfants tués en Ukraine et en Russie depuis février 2022
Guerre.
Selon une enquête réalisée par le média indépendant russe “Meduza”, au moins 940 enfants ont péri depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Un bilan établi à partir des données de l’ONU et de nombreuses sources ouvertes, qui reste probablement sous-évalué.
Les premiers mois de l’invasion russe restent les plus difficiles à documenter. À Marioupol, une ville portuaire et industrielle du Donbass désormais contrôlée par la Russie, l’Organisation des Nations unies (ONU) avait confirmé la mort d’au moins 120 enfants entre février et avril 2022. On ignore cependant toujours combien sont morts lors du bombardement du théâtre de la ville le 16 mars 2022, lorsque deux bombes russes avaient touché le bâtiment, malgré l’inscription “enfants” peinte en grosses lettres sur le parvis pour signaler leur présence. Cette incertitude illustre les limites du travail mené par Meduza. Dans une enquête publiée lundi 12 octobre, le média indépendant russe en exil a recensé au moins 940 enfants tués depuis février 2022, dont 873 sur le territoire ukrainien et 67 en Russie.
“Notre résultat n’est qu’une estimation minimale”, insiste le média, rappelant que les informations venues des zones occupées ou des territoires longtemps en proie aux combats restent très difficiles à vérifier. Le décompte concerne tous les jeunes de moins de 18 ans. Parmi les victimes figurent des enfants de tous âges, “des nouveau-nés jusqu’aux adolescents de 17 ans”. Pour parvenir à ce bilan, les journalistes sont partis des données de l’ONU, qui avait confirmé la mort de 835 enfants en Ukraine au 31 août 2026. Ils y ont ajouté 38 autres cas, identifiés au 9 octobre, ainsi que 67 décès vérifiés sur le territoire russe. L’article raconte également l’histoire de certains d’entre eux.
Un bilan amené à s’alourdir
Leur enquête s’appuie sur le recoupement de plusieurs sources. Aux données des autorités ukrainiennes et russes s’ajoutent des messages de proches sur les réseaux sociaux, des communiqués d’écoles et d’hôpitaux ou encore des rapports de police ou des articles de presse. “Presque tous les cas que nous avons retenus sont confirmés par au moins deux sources”, précise Meduza.
Les journalistes ont retenu le lieu du décès, et non la nationalité : la Crimée annexée depuis 2014 et les autres territoires ukrainiens occupés sont ainsi comptabilisés avec l’Ukraine, afin d’éviter que les victimes soient comptées deux fois. Cette méthode explique en partie les écarts avec les statistiques avancées par Moscou, qui avançait le chiffre de 264 enfants tués sur son territoire au 3 juillet, ainsi que le rapportait l’agence d’État russe Tass, sans fournir suffisamment de détails pour vérifier tous les cas.
Le bilan de cette année pourrait encore s’alourdir. En juillet 2026, “le nombre d’enfants tués ou blessés en Ukraine a atteint son plus haut niveau depuis les premiers mois de l’invasion”. En Russie, 32 enfants ont péri depuis janvier, “davantage que pendant chacune des années précédentes”. Près de la moitié des décès recensés dans le pays ont eu lieu dans la région frontalière de Belgorod, située dans le sud du pays et régulièrement prise pour cible par les drones ukrainiens.
“Derrière chaque chiffre, il y a la vie d’un enfant”, souligne Meduza, qui a pu retrouver le nom de 409 victimes. Pour 422 autres enfants figurant dans le bilan de l’ONU, le média n’a trouvé aucune information permettant de retracer leur histoire.
Courrier international
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