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Ariège : déjà condamné pour proxénétisme, un père relaxé après des soupçons de violences sur sa fille à Foix

Le 24 septembre 2026, dans une salle d’audience pleine du tribunal judiciaire de Foix, un père de famille quadragénaire attend que son dossier ouvre la journée. Déjà condamné pour corruption de mineurs et proxénétisme aggravé, cet homme domicilié à Daumazan-sur-Arize répond de violences présumées sur sa fille de 14 ans. Les juges le relaxeront, décision sensible dans une Ariège où les violences sur mineurs sont désormais scrutées de très près.

Selon la plainte déposée en mars 2025, l’adolescente décrit un mal-être profond et des coups à la tête. Mais aucune trace de lésion n’est constatée et aucun témoin direct ne confirme. Le parquet souligne que "Le casier judiciaire du prévenu ne constitue pas une preuve" et requiert déjà l’acquittement, estimant que le doute doit profiter au prévenu.

Un père déjà condamné face aux accusations de sa fille

Les faits reprochés couvrent la période du 1er novembre au 31 décembre 2024, alors que la jeune fille passe davantage de temps chez son père. Employé en CDI, il explique avoir voulu l’accueillir à plein temps, ce qui impliquait un changement de collège, projet qu’elle aurait mal vécu selon le dossier.

À l’audience, il nie toute gifle ou coup, admet seulement avoir crié pour les devoirs. Son casier pèse lourd : en décembre 2024, il a reçu deux ans de prison avec sursis probatoire pour corruption de mineurs et proxénétisme aggravé, assortis d’un suivi psychiatrique. Dans ses auditions, sa fille raconte : "Il fréquentait des filles mineures qui dormaient chez lui", ce qui nourrit les craintes de la partie civile, qui réclamait le retrait de l’autorité parentale en cas de condamnation.

Violences intrafamiliales, parole des enfants et bénéfice du doute

Pour la défense, le dossier reste trop fragile. Tout repose sur la parole d’une adolescente en grande souffrance, dont les résultats scolaires se sont dégradés. Aucun certificat médical ne mentionne de coups, la grande sœur dit n’avoir jamais observé de violences, et l’avocate du père conteste toute reconnaissance de faits devant le juge aux affaires familiales.

Le choix des juges de considérer que les violences ne sont pas établies rappelle une autre affaire récente à Foix. Le 29 septembre 2026, une fillette de 4 ans y a raconté un attouchement sexuel commis le 5 octobre 2024 au sein de sa famille. "Nous sommes là grâce au courage de cette fille", salue alors l’avocate de la partie civile, mais deux prénoms différents circulent et le prévenu est finalement relaxé au bénéfice du doute.

Ariège : un tribunal de Foix sous tension après l’affaire Lyhanna

Après le drame de Lyhanna, le ministère de la Justice a ordonné un recensement des procédures pour violences sexuelles commises sur des mineurs. Le procureur de la République Olivier Mouysset veut "éviter que l’irréparable ne survienne à nouveau" et rappelle que "les violences intrafamiliales deviennent la principale source de déferrements". Dans ce contexte de hausse des affaires, le juge des enfants suivait 558 dossiers concernant 909 mineurs et des séances de lecture étaient proposées aux jeunes au tribunal.

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