Arabie saoudite : des morts dans des affrontements
Des affrontements meurtriers entre les Houthis du Yémen et les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite ont fait des dizaines de morts jeudi, quelques jours après l'offensive éclair des combattants pro-iraniens sur la mer Rouge.
Les Houthis, au pouvoir dans une partie du Yémen, contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
Des sources militaires houthies ont fait état de 40 combattants tués lors de frappes saoudiennes et combats au sol dans les dernières 24 heures. D'autres bombardements ont ciblé des tours de télécommunication dans la province de Taëz et fait quatre morts, dont trois enfants, selon les Houthis.
Du côté des forces gouvernementales, au moins 23 soldats ont été tués dans les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis dans les provinces de Taëz et de Lahj, a affirmé un de leurs responsables militaires.
En Arabie saoudite, une personne a été tuée après la chute de débris dans l'interception d'un drone dans la province de Taëf, pour la première fois depuis la reprise des hostilités en juillet.
L'incident a fait un mort, de nationalité yéménite, et blessé une Saoudienne et un Pakistanais, qui se trouve dans un état critique, a annoncé la Défense civile saoudienne.
Elle a diffusé de rares images, sur lesquelles on peut voir des secouristes inspectant une habitation éventrée aux murs criblés d'impacts de balles, ainsi qu'une voiture dont la lunette arrière a été soufflée.
Des avions pour Riyad
Depuis leur offensive éclair, les Houthis signalent tous les jours des dizaines de frappes de riposte menées par Riyad.
Leur prise du contrôle du littoral a engendré des craintes à l'international, le transport maritime mondial étant déjà fortement impacté par le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Une fermeture de Bab el-Mandeb serait catastrophique, avait résumé la diplomatie qatarie.
Les Houthis assurent, eux, qu'il n'existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime – sauf pour les navires de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Mercredi, Riyad les a accusés d'avoir visé la Mecque, une attaque lâche sur cette ville sainte de l'islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins, sunnites comme chiites.
L'annonce a provoqué un vif émoi dans le monde arabe et musulman.
Les Houthis ont vivement démenti, assurant ne cibler que des installations pétrolières ou des bases militaires, éloignées des sites sacrés.
L'Union européenne a exprimé jeudi sa totale solidarité avec l'Arabie saoudite, et appelé les Houthis à cesser toute action militaire.

Des combattants houthis posent devant ce qu'ils décrivent comme l'épave d'un avion de chasse F-15 saoudien abattu dans la province de Marib, au Yémen.
Photo : Associated Press
Les États-Unis, qui ont refusé la semaine dernière, selon le média américain Axios, de frapper les Houthis à la demande de l'Arabie saoudite, ont approuvé jeudi la vente de 48 avions de chasse F-35 au royaume.
La vente, d'une valeur de 24,3 milliards $, doit permettre à Riyad de dissuader les menaces actuelles et futures, a expliqué le département d'État américain – même si la livraison ne sera pas effective avant bien longtemps.
104 $ le baril
Frappée sur son sol et menacée en mer, d'un côté par les Houthis en mer Rouge, de l'autre par l'Iran dans le Golfe, l'Arabie saoudite est sous pression, avec des conséquences majeures pour l'économie mondiale.
Le pétrole est repassé la semaine dernière au-delà du seuil des 100 $ avec cette nouvelle crise. Mercredi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, évoluait autour de 104 $.
La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Riyad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Le conflit qui ravage le pays le plus pauvre de la péninsule arabique a contraint plus de 100 000 personnes à fuir leur foyer, selon les Nations unies.