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Arabie saoudite. Au moins 12 morts dans une attaque des Houthis contre l'aéroport de Riyad, Washington envisage une riposte

Au moins 12 personnes ont été tuées et 309 blessés dans une attaque samedi contre l'aéroport de Riyad, la plus meurtrière en plus de dix ans dans le royaume, ont annoncé les autorités saoudiennes, accusant les Houthis du Yémen. Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les morts, a précisé l'autorité de l'aviation civile dans un communiqué. « Ce qui s'est passé en Arabie saoudite n'est pas acceptable », a réagi le président américain Donald Trump samedi soir, indiquant qu'il allait s'entretenir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.

« L'attaque qui a visé samedi l'aéroport international King Khalid à Riyad (...) a fait 12 morts, dont quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais », a indiqué dimanche l'autorité sur X. « L'attaque a également fait 309 blessés », dont certains grièvement, a-t-elle ajouté.

La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement internationalement reconnu du Yémen a accusé les combattants pro-iraniens houthis, dénonçant « un crime de guerre » auquel elle répondra « avec fermeté ». Les opérations ont été suspendues à l'aéroport et le ministère de l'Éducation a ordonné que les écoles de Riyad enseignent en distanciel pour une semaine.

« Grave escalade »

La coalition avait également annoncé dans la soirée la chute d'un projectile près de l'aéroport de Dammam, dans l'est du royaume. Cet aéroport est avec celui de Jeddah (ouest) une alternative à l'aéroport de Riyad, fermé depuis samedi. Un autre projectile a été intercepté au sud-est de Riyad. Dans la capitale, les médecins ont été appelés d'urgence à se rendre dans les hôpitaux pour soigner les blessés. Plusieurs ambassades ont recommandé à leur personnel d'éviter l'aéroport pendant une semaine, selon un diplomate occidental. L'attaque « constitue une grave escalade », a affirmé samedi l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, en accusant les Houthis. 

Les opérations ont été suspendues à l'aéroport, où une évacuation a été opérée. Photo Sipa

Les opérations ont été suspendues à l'aéroport, où une évacuation a été opérée. Photo Sipa

Les combattants pro-iraniens du Yémen avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport. Trois Saoudiens, dont un pilote, avaient péri jeudi dans ces attaques. Mercredi, un Égyptien, un Algérien et un Soudanais avaient été tués. L'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont sans précédent depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite à partir de 2015.

Ces frappes surviennent par ailleurs peu avant la tenue en octobre dans le royaume de la grande conférence annuelle sur l'investissement, qui attire des dirigeants étrangers et des figures majeures du monde des affaires. L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles.

Frappes américaines « possibles » ?

Selon des médias américains, le royaume a demandé plusieurs fois récemment aux États-Unis de l'aider à contrer les Houthis qui ont lancé une offensive éclair en septembre au Yémen, où ils ont pris le littoral sur la mer Rouge et renforcé leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive des forces yéménites.

Interrogé plus tôt samedi par des journalistes à la Maison Blanche pour savoir si Washington allait participer aux frappes contre les combattants pro-iraniens, le président américain a répondu : « C'est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d'apprendre cette récente attaque, nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement. ».