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Après les menaces de Donald Trump, Bruxelles estime que des restrictions américaines à l'export de gazole seraient "inattendues"

Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a prévenu jeudi que l'UE serait prise de court si les États-Unis décidaient d'instaurer des restrictions sur les exportations de gazole, assurant chercher à s'épargner une "mauvaise surprise" en continuant les discussions avec Washington.

Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a prévenu jeudi que l'UE serait prise de court si les États-Unis décidaient d'instaurer des restrictions sur les exportations de gazole, assurant chercher à s'épargner une "mauvaise surprise" en continuant les discussions avec Washington.

"Toute mesure visant à interdire les exportations de gazole serait inattendue pour les Européens et aurait des conséquences très lourdes sur les performances de notre économie. Nous avons clairement décidé de rester en contact étroit afin d'éviter toute mauvaise surprise sur ce dossier", a dit Maros Sefcovic en marge du G20 Commerce organisé aux États-Unis.

Élections de mi-mandat aux États-Unis

Jeudi, Washington a demandé à Paris et Berlin de puiser dans leurs stocks de diesel pour faire baisser les prix mondiaux du carburant, sous peine d'interdire les exportations de gazole américain dont dépend l'Europe, ont déclaré trois personnes proches des discussions à l'agence Reuters.

Une source, basée dans une capitale européenne, a indiqué que les États-Unis ont demandé à l'UE de libérer 120 millions de barils de diesel au cours des six prochains mois, soit une quantité très significative par rapport aux réserves connues des pays européens.

"Alors que les États-Unis et le Japon respectent leurs engagements, plusieurs pays membres européens n'ont libéré qu'une fraction du pétrole brut et des produits pétroliers promis. Nous exhortons chaque pays membre à honorer ses engagements", avait précédemment indiqué Chris Wright, le secrétaire d'État à l'Énergie, le 29 septembre.

Le président américain Donald Trump a redit mercredi qu'il envisageait toujours une interdiction des exportations de diesel américain, pour détendre les prix aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Le gazole bat record sur record outre-Atlantique, où il a atteint un plus haut à 6,53 dollars le gallon (3,78 litres) en moyenne cette semaine, pesant lourdement sur les transports et l'agriculture.

Toutefois, en notant mercredi qu'un embargo sur le diesel cela pourrait "faire augmenter le prix d'autres produits" pétroliers, Donald Trump semble conscient des risques que ferait courir une telle interdiction, y compris pour l'économie américaine, et semble préférer faire pression sur l'Europe pour libérer des stocks afin de calmer les cours.

Les États-Unis exportent actuellement plus de 1,5 million de barils de diesel par jour, ce qui en fait de très loin le premier exportateur mondial. Une interdiction des exportations pourrait conduire à court terme à une baisse de l'ordre de 30% des prix du gazole sur le sol américain, mais risque de provoquer une flambée de 40% à 50% des prix du diesel en Europe, selon une étude d'Oxford Economics. Dans le cas de la France, cela pourrait faire bondir les prix bien au-delà de la barre des 3 euros le litre.

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