Après des mois de polémiques, le directeur de la Maison de l'Argentine à Paris quitte ses fonctions
"Cinq mois de lutte incessante contre l'autoritarisme et le négationnisme de Santiago Muzio" ont fini par payer, se réjouit dans un communiqué l'Assemblée de citoyens argentins en France (ACAF) après l'annonce, dimanche 13 septembre, de la démission du directeur de la Maison de l'Argentine à Paris.
Le départ de cet avocat franco-argentin a été confirmé à l'AFP par une source au ministère du Capital humain, qui gère notamment l'éducation en Argentine. "Oui, il a démissionné", a répondu cette source, confirmant les informations du quotidien argentin Clarín. Le journal précise que son remplaçant sera Alfredo Mario Soto, vice-recteur de l'Université de Rosario.
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La Cité internationale universitaire à Paris est un immense campus situé dans le sud de la ville, qui accueille chaque année 12 000 étudiants, chercheurs et artistes de 150 nationalités dans 47 maisons, dont celle de l'Argentine, selon son site internet.
Nommé en 2024 par le gouvernement du président libertarien Javier Milei, Santiago Muzio faisait l'objet de multiples critiques et était notamment accusé d'expulsions présumées de résidents, du retrait d'une plaque rendant hommage aux disparus de la dictature argentine et d'avoir organisé des réunions d'extrême droite.
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Il a également refusé de signer la charte des valeurs de la Cité universitaire, qui interdit entre autres les discriminations fondées sur le genre ou l'orientation sexuelle.
Le combat de Muzio contre "l'extrême gauche et l'idéologie woke"
Le 30 juillet, la mairie de Paris avait demandé une "enquête" sur sa gestion au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a déclaré la semaine dernière mener "des discussions avec les autorités argentines".
Interrogés par l'AFP, des résidents de l'année universitaire 2025/2026 avaient décrit une "mini-dictature" au sein de la Maison de l'Argentine, où l'on vit dans une "peur constante" et "sans liberté d'expression".
Santiago Muzio n'a pas répondu aux questions de l'AFP, mais dans des déclarations accordées au Journal du Dimanche (JDD), il a expliqué qu'il avait pour projet "d'arracher cet endroit aux griffes de l'extrême gauche et de l'idéologie woke".
Avant d'occuper ce poste, Santiago Muzio dirigeait depuis 2020 l'antenne de Madrid de l'Institut de sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP), université privée fondée par la députée européenne d'extrême droite française Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle pour le Rassemblement national (RN).
Cette démission intervient à trois semaines d'une visite en France du président argentin Javier Milei, annoncée pour la fin du mois de septembre, mais non confirmée officiellement. Selon le communiqué de l'ACAF, cette visite ne pouvait pas être envisagée tant que Muzio était maintenu à son poste.
Avec AFP