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Après 100 jours de mandat, le nouveau maire (RN) de Cagnes-sur-Mer dresse son bilan en vidéo, la gauche réplique aussitôt

« Là ça va, le reflet dans les lunettes ? » C’est par cette petite phrase - volontairement « oubliée » - que Bryan Masson démarre la vidéo-bilan de ses 100 premiers jours à l’hôtel de ville de Cagnes-sur-Mer. Six minutes durant, la voix posée, le texte débité sans fourcher, le maire (RN) de la quatrième ville du département se lance dans l’énumération de ce qu'il a réalisé et lancé depuis son élection, le 15 mars.

Premier gros morceau : la sécurité : « Nous avons recruté huit agents à la police municipale. Le 1er août, nous aurons notre brigade canine [tandis que] la brigade VTT est déjà en fonction. Nous voulons une police de proximité, sur le terrain, à votre écoute. » Il liste ensuite les trois arrêtés pris sur ce thème : anti-regroupement, couvre-feu pour les mineurs de 15 ans et possibilité donnée aux agents de briser la vitre d’une voiture si un animal y est enfermé.

Il a ensuite évoqué le pavoisement bleu-blanc-rouge des rues de la cité et l’éclairage tricolore de l’emblème de la commune. Mais aussi « le renforcement de la politique culturelle, avec 50 % du budget en plus », « une grande politique de nouvelles festivités » démarrée avec la nuit des DJs « qui a attiré 45 000 personnes », le 20 juin 2026. Le tout, dans le but de « renforcer la politique d’attractivité commerciale ».

Bryan Masson rallume les lampadaires au chemin de la Campanette, à Cagnes-sur-Mer, le 30 juin 2026

Bryan Masson a rappelé les évolutions de la politique de stationnement « drastiquement modifiée » avec « une heure de gratuité [auparavant 30 minutes] » ainsi que « 15 minutes de tolérance » et « la gratuité pour les aides-soignants et infirmiers libéraux ». Il a mentionné son « plan de climatisation et de rénovation des écoles d’ici 3 ans », chiffré à 2,2 millions d’euros, « parce que le bien-être et la sécurité des enfants et des enseignants est une priorité ».

« Changer la vision et l’attractivité »

Au titre des projets, ont été lancées « une étude de sécurisation du bord de mer », une autre « pour la création d’un jardin et d’un parking (de 300 emplacements) sur la place Sainte-Luce », et une dernière sur « la requalification du parking Renault du Cros ».

« En 100 jours, nous avons lancé les bases de notre programme municipal [avec] de véritables chantiers qui vont considérablement changer la vision et l’attractivité à Cagnes-sur-Mer. […] Nous faisons ce pour quoi nous avons été élus. »

La réplique de l’opposition de gauche

Cédric Garoyan, conseiller municipal de l’opposition de gauche, a réagi par communiqué de presse à la vidéo du maire. « L’exercice relève davantage de l’autosatisfaction que d’un véritable bilan contradictoire. Au-delà de la communication, une question se pose : quelles sont les priorités affichées pour Cagnes-sur-Mer ? », persifle-t-il.

Il souligne le fait que « près d’un tiers de son intervention » est consacré à la sécurité. « Une nouvelle fois, M. Masson fait de ce thème, fond de commerce de son parti politique, le Rassemblement National, l’axe central de sa communication. La sécurité est pourtant un sujet sérieux, qui mérite mieux que des effets d’annonce. […] Mais était-ce réellement le principal point faible de notre ville ? Je ne le crois pas. »

Le conseiller s’interroge aussi sur le bénéfice concret du pavoisement, ainsi que sur l’augmentation du budget de la culture, qui « ne s’accompagne pas d’une véritable stratégie culturelle pour la deuxième ville de la Métropole ». Et sur la gratuité de la première heure de stationnement, il « rappelle simplement qu’[elle] figurait dans les programmes de l’ensemble de ses principaux concurrents ».

Cédric Garoyan déplore que Bryan Masson n’aborde ni « la crise du logement », ni « la mobilité », ni « la pollution des plages et des eaux de baignade ». Et de conclure : « À ce stade, les priorités affichées par la municipalité ne semblent pas répondre aux principaux défis auxquels notre commune est aujourd’hui confrontée ».