Anthropic donne de la voix à Claude et sort l’artillerie lourde avec Opus 5
L’assistant d’Anthropic gagne en coffre. Le mode vocal de Claude, jusqu’ici cantonné au véloce mais plus rudimentaire modèle Haiku, s’ouvre enfin aux moteurs plus musclés que sont Opus et Sonnet. Il prend également en charge davantage de langues, dont le français. Et comme une annonce ne vient jamais seule, la pépite de l’IA dégaine Opus 5, une nouvelle génération proposée au même prix que son prédécesseur, mais taillée pour bousculer la concurrence dans les usages professionnels du quotidien.
Claude trouve enfin de la voix
Fini le temps où il fallait se contenter du modèle le plus basique pour tailler le bout de gras avec son IA. Anthropic a débridé le mode vocal de Claude en le rendant compatible avec ses modèles phares, Opus et Sonnet. Concrètement, l’assistant gagne nettement en jugeote, ce qui autorise des conversations vocales plus nuancées et permet de lui demander d’ajuster son style de communication à la volée.
L’intégration est plutôt bien pensée : l’interface permet de changer de modèle pendant une conversation, mais aussi de passer du texte à l’audio (et inversement) sans perdre le fil du contexte. Les modèles accessibles et les limites d’utilisation dépendent naturellement du forfait de l’utilisateur.
La vraie nouveauté, c’est que cette interface vocale peut désormais exploiter les connecteurs associés au compte. Selon les services et le forfait disponibles, Claude peut ainsi consulter des outils comme Gmail, Google Agenda, Google Docs ou Slack. Il devient alors possible de lui demander de résumer de vive voix un interminable fil de courriels ou de faire le point sur son emploi du temps.
Pratique, d’autant que le mode vocal n’est plus l’apanage des anglophones. Il prend désormais en charge onze langues, dont le français, l’allemand, l’hindi, l’italien, le japonais, le coréen, le portugais brésilien et plusieurs variantes de l’espagnol. Une langue préférée peut être définie dans les réglages, mais Claude est également capable de changer de langue au cours d’une conversation.
Le tout est disponible sur iOS, Android, le web et les applications de bureau. Attention toutefois : les échanges vocaux sont décomptés des limites d’utilisation habituelles du forfait. À noter également que le récent modèle Fable 5 n’est pas encore proposé en mode vocal.
Pendant ce temps, chez OpenAI…
Dans le petit monde de l’IA, on ne se laisse jamais respirer très longtemps. OpenAI a récemment étendu son expérience vocale à Work et Codex dans l’application ChatGPT pour macOS et Windows. Celle-ci s’appuie sur GPT-Live, dévoilé le 8 juillet 2026.
La fonction permet notamment de lancer, suivre, interrompre ou réorienter des tâches à la voix, mais aussi de coordonner plusieurs agents depuis une même conversation. Son déploiement reste progressif et sa disponibilité dépend du forfait, de la région et du type d’espace de travail.
Lors de nos essais, l’expérience vocale de ChatGPT nous a toutefois semblé plus expressive et plus réactive que celle de Claude. Anthropic comble une partie de son retard en donnant accès à ses meilleurs modèles et à ses connecteurs, mais OpenAI conserve pour le moment un avantage sensible dans la fluidité générale des échanges audio.
Opus 5 : des performances de pointe à moitié prix
Mais la véritable offensive d’Anthropic s’appelle Claude Opus 5. Successeur d’Opus 4.8, ce nouveau venu est présenté comme un modèle suffisamment efficace et économique pour être utilisé au quotidien. Sa promesse est simple : approcher l’intelligence de Fable 5, le modèle grand public le plus puissant d’Anthropic, pour la moitié du prix.
Sous le capot, Opus 5 surclasse son aîné sur une multitude de bancs d’essai. Qu’il s’agisse de programmation autonome, de résolution de problèmes inédits, de bureautique complexe ou de raisonnement multidisciplinaire, le bond en avant est notable. Anthropic revendique notamment d’importants progrès dans la recherche scientifique et la production de rendus visuels.
Plus dégourdi, le modèle est surtout meilleur pour vérifier son propre travail et procéder par itérations jusqu’à la réussite d’une tâche. Sur Frontier-Bench, Anthropic affirme qu’il fait plus que doubler les performances d’Opus 4.8, tout en réduisant le coût par tâche. Sur CursorBench, à son niveau d’effort maximal, il termine à moins de 0,5 % du meilleur score de Fable 5, mais pour un coût deux fois inférieur.
Un petit mot sur la sécurité : Opus 5 s’approche de Mythos 5 lorsqu’il s’agit de détecter des vulnérabilités informatiques, mais reste nettement moins performant pour transformer ces failles en exploits utilisables. Anthropic précise avoir volontairement évité de l’entraîner sur certaines tâches cyber offensives.
Pour rappel, Mythos 5 partage le même modèle sous-jacent que Fable 5, mais avec des protections considérablement réduites. Son accès reste réservé à un nombre limité de partenaires autorisés, notamment dans la cyberdéfense. Opus 5 bénéficie, pour sa part, de garde-fous proches de ceux d’Opus 4.8, renforcés sur certaines catégories étroites de requêtes à risque.
Opus 5 est disponible dès maintenant sur l’ensemble des plateformes d’Anthropic. Il devient le modèle par défaut de l’offre Claude Max et le modèle le plus puissant accessible aux abonnés Claude Pro.
Du côté de l’API, Anthropic joue la carte de la stabilité : comptez 5 dollars pour un million de tokens en entrée et 25 dollars en sortie, soit les mêmes tarifs qu’Opus 4.8. Les plus pressés peuvent également opter pour le mode « Rapide », qui multiplie la vitesse de traitement par environ 2,5, moyennant un tarif doublé. Ce mode est proposé sur la plateforme Claude et, via des crédits d’utilisation, dans Claude Code.