Anna, sur la vie d'expatriée en Suisse : "Avoir un salaire suisse ne compense pas toujours les dépenses importantes liées à la garde d’enfants"
Publié le 22/10/26 à 08:00Par Marie Hervichon
Salaires élevés, coût de la vie, garde d’enfants… Anna Martínez a vécu en Suisse pendant cinq ans avant de décider de rentrer en Espagne.
Les Espagnols n’hésitent plus à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Pour trouver leur Eldorado, beaucoup traversent les Pyrénées et mettent le cap sur le nord de l’Europe. Parmi les destinations prisées par les expatriés espagnols, la Suisse arrive en tête.
Selon les dernières données officielles du registre des Espagnols établis à l’étranger, 136 225 ressortissants espagnols vivent en Suisse, et plutôt bien. En effet, le salaire médian brut mensuel dans le pays s’élevait à 7 024 francs suisses en 2024, soit environ 7 300 euros, d’après l’Office fédéral de la statistique suisse.

© DR – Comme de nombreux expatriés espagnols, Anna Martínez a choisi la Suisse. Selon les dernières données officielles du registre des Espagnols établis à l’étranger, 136 225 ressortissants espagnols y vivent.
La Suisse, un Eldorado qui a ses limites
C’en est fini de l’ambiance « Mélodie du bonheur » pour Anna Martínez, 36 ans. Désormais maman d’un petit garçon de deux ans, celle qui s’était installée en Suisse il y a cinq ans pour rejoindre son compagnon s’apprête à rentrer en Espagne.
Dès lors que la Barcelonaise de naissance a débarqué en terre helvétique, quelque chose lui a fait tilt. Certes, son conjoint et elle gagnent bien mieux leur vie qu’en Espagne, mais les dépenses du quotidien sont elles aussi bien plus élevées.

© Shutterstock – Dès son arrivée en Suisse, Anna Martínez a vite compris que les salaires élevés avaient leur revers. Avec son compagnon, elle gagne bien mieux sa vie qu’en Espagne, mais les dépenses du quotidien sont aussi beaucoup plus élevées.
Anna Martínez ne peut plus assumer le coût de la garde de son enfant
Anna Martínez aurait encore pu s’accommoder des prix élevés au supermarché. Cependant, l’arrivée de son premier enfant l’a poussée à envisager sérieusement un retour au pays. « Nous avons payé 1 780 francs par mois (1 920 euros euros, NDLR) pour trois jours par semaine dans une kita, une garderie », raconte-t-elle au journal La Vanguardia.
À noter que le coût de la crèche varie d’un canton à l’autre. Si, à Genève, les tarifs restent encore abordables, ils pèsent malgré tout sur le budget du couple. « Avoir un salaire suisse ne compense pas toujours les dépenses importantes liées à la garde d’enfants », déplore-t-elle.

© Shutterstock – En Suisse, le coût de la crèche varie d’un canton à l’autre. Si, à Genève, les tarifs restent encore abordables, ils pèsent malgré tout sur le budget du couple.
Anna Martínez a choisi de rentrer en Espagne pour mieux concilier maternité et vie professionnelle
De plus, la jeune maman a eu toutes les peines du monde à concilier maternité et travail. À son retour de congé maternité, elle a découvert que son employeur l’avait affectée à un autre poste sans la prévenir. Selon elle, il a pris cette décision en partant du principe qu’elle voudrait passer moins de temps au travail pour s’occuper de son enfant.
Pour venir en aide aux mères expatriées comme elle, parfois un peu déboussolées, Anna Martínez a lancé un compte Instagram consacré à la maternité. Elle y a trouvé du soutien auprès d’autres femmes confrontées aux mêmes difficultés, tout en développant une nouvelle source de revenus. Bientôt, elle poursuivra cette activité depuis son Espagne natale, certes imparfaite, mais où elle espère trouver un meilleur équilibre entre travail et maternité.