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Animaux. Star des réseaux sociaux, comment Jimothy a-t-il pu survivre malgré sa déformation ?

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Il est devenu la coqueluche de Seattle et du monde, depuis qu'une vidéo a été publiée sur Instagram à la mi-juillet. Souffrant très probablement du syndrome de la colonne vertébrale courte, le petit raton laveur à la silhouette ramassée n'aurait pas dû survrivre à l'état sauvage. Et pourtant...

Le Progrès -

Aujourd’hui à 07:15

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« What am I looking at ? » (« Mais qu'est-ce que je vois là ? », sic) Cinq mots et une vidéo d'à peine quinze secondes publiée sur Instagram, le 13 juillet dernier, ont suffi à cette habitante de Seattle pour propulser un animal à la silhouette ramassée sous les feux des projecteurs.

Un raton laveur pas comme les autres surnommé Jimothy, qui devrait sa physionomie singulière au syndrome de la colonne vertébrale courte. Une malformation génétique rare qui aurait dû le priver de toute chance de survie, à l'état sauvage. « Pourtant, si je devais parier sur un mammifère capable de surmonter les limites liées à un handicap, le raton laveur serait en tête de ma liste », explique la professeure en neurosciences comportementales, Kelly Lambert, à la revue The Conversation.

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Plus qu'un cerveau, une machine conçue pour la survie

C'est que l'espèce dispose d'atouts surprenants pour s'adapter à (presque) toutes les situations. Et ils se situent dans sa boîte crânienne. « Les recherches limitées de mon laboratoire ont révélé une architecture cérébrale complexe et sophistiquée », souligne la scientifique.

Ajoutez à cela une densité neuronale exceptionnelle, la présence de neurones en fuseau (présents chez l'humain et une poignée de mammifères), essentiels pour porter des jugements intuitifs et rapides sur les choses du quotidien, des pattes avant extrêmement agiles et sensibles, et vous obtenez les outils redoutables qui ont certainement permis à Jimothy de franchir, jusqu'à présent, tous les obstacles.

La maman, cette super-héroïne

Plus que tout, c'est le travail de la maman que Kelly Lambert met en avant. Chez les ratons laveurs, les femelles prennent soin de leurs petits sans l'aide du mâle, et les accompagnent jusqu'à 9 mois après leur sevrage. Tout au long de cette période, elles leur enseignent tout avec une patience infinie.

Celle de Jimothy a dû redoubler d'efforts. « Mais à le voir sur les vidéos traverser un champ, passer les clôtures et explorer son monde, son remarquable travail a largement porté ses fruits », s'émerveille Kelly Lambert.

Le temps dira si le petit animal, âgé aujourd'hui d'un peu plus d'un an, continuera à faire fi de l'adversité et poussera les limites de son espérance de vie.

Le syndrome de la colonne vertébrale courte se traduit par un dos raccourci, la fusion de certaines vertèbres et un nombre de côtes réduit. Les organes sont, de fait, compressés. Si cette déformation n'est pas mortelle, elle entraîne des difficultés pour s'alimenter et boire. Elle a été observée chez quelques chats et chiens domestiques. Mais elle l'est encore plus rarement chez les animaux sauvages.

Une espèce considérée comme nuisible

Avec leurs yeux grands comme des lacs, leur joli masque et leur poil bien fourni, ils ont tout du nounours. Pas pour rien que la fiction s'est emparée de l'animal avec tant de succès. Capucin, Rocket, Meiko en sont quelques exemples.

Mignon, donc, mais sources de problèmes. Dans son aire de répartition naturelle, l'Amérique du Nord, son adaptabilité lui a permis de conquérir les villes, ce qui rend la cohabitation difficile avec les humains. A Toronto, par exemple, la municipalité a dû se résoudre à installer des bacs à déchets anti-ratons laveurs.

En Europe et en France, notamment, il est considéré comme un nuisible. Introduit dès la fin du XIXe siècle, l'impact du petit omnivore sur la biodiversité ne passe pas inaperçu.

Dans nos départements, il a été observé dans la Loire, entre Périgneux et Usson-en-Forez, au bord de la Mare. Et plus récemment, dans le Jura. Sa présence est en revanche confirmée dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire.

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