Angélique Kidjo, une étoile africaine sur le Hollywood Walk of Fame
À Los Angeles, le trottoir du Hollywood Boulevard est pavé depuis ce mardi 18 août d’une 2 854e étoile, celle qui distingue la célèbre artiste béninoise Angélique Kidjo sur le Hollywood Walk of Fame. “Cette étoile vient couronner plus de quatre décennies d’une carrière internationale marquée par de nombreux succès. Cinq fois lauréate d’un Grammy Award et autrice de 18 albums, Angélique Kidjo s’est imposée comme l’une des grandes voix africaines sur les scènes internationales”, se réjouit 24 heures au Bénin.
Une “consécration” dont s’est réjoui le gouvernement du Bénin, qui a félicité celle qui “porte haut l’image du Bénin sur la scène internationale”, relaie le site d’information Banouto.
Aujourd’hui âgée de 66 ans, l’artiste a souligné au cours de la cérémonie la “contribution méconnue du continent africain à la musique planétaire”, ajoute La Nouvelle Tribune :
“Nous, les Africains, ne savons pas ce que nous avons donné au monde, et ce que nous continuons de lui donner pour que la musique existe. […] Sans nous, aucune musique n’est possible sur cette planète.”
Dans un communiqué, la productrice du Walk of Fame, Ana Martinez, a souligné que “le talent artistique exceptionnel et l’influence mondiale d’Angélique Kidjo ont inspiré des publics de toutes les générations et de tous les continents”, et salué en elle la première artiste africaine à recevoir une étoile depuis la création de cette distinction, en 1960. “Le titre de première Africaine mérite d’être précisé : Kidjo est la première Africaine noire à recevoir cette distinction”, souligne Le Soleil. Le continent africain était déjà représenté sur le Walk of Fame depuis 2005 avec l’actrice sud-africaine blanche Charlize Theron.
Collaborations avec Burna Boy ou Philip Glass
Née le 14 juillet 1960 dans l’ancien Dahomey – quinze jours avant l’indépendance officielle du pays, aujourd’hui appelé Bénin –, la chanteuse a quitté le pays en 1983 face à “l’oppression du régime communiste alors en place”, rappelle Le Soleil. Installée en France, puis aux États-Unis, Angélique Kidjo s’est depuis construit une carrière et une identité musicale au carrefour de nombreuses sonorités, du jazz au funk en passant par l’afropop et les rythmes de la diaspora africaine. Elle a aussi collaboré avec de nombreux artistes comme Burna Boy, Philip Glass, Sting ou encore Alicia Keys.
Nominée une première fois en 1995 pour son clip Agolo, la chanteuse totalise cinq Grammy Awards dans la catégorie “meilleur album de musiques du monde”, un record mondial, et 18 albums, dont trois – Logozo (1991), Djin Djin (2007) et Eve (2014) – ont atteint la tête du classement Billboard dans la catégorie “musiques du monde”. Elle a aussi joué un rôle dans le film américain The Woman King (2022), aux côtés de Viola Davis.
Au-delà de la musique, Angélique Kidjo est connue pour son engagement auprès de l’Unicef et de l’ONG Oxfam, dont elle est ambassadrice, ainsi que comme fondatrice de la Fondation Batonga, consacrée à l’éducation des jeunes filles en Afrique.