Ambiance populaire, retour du concert NRJ, diversité, discours porteurs : les 1res Fêtes de Charleroi pour marquer les 360 ans de la ville
Le week-end était doublement festif, à Charleroi. C'est que la Ville avait décidé de faire correspondre son 360e anniversaire avec les traditionnelles fêtes de Wallonie, désormais rebaptisées localement "fêtes de Charleroi". Une nouvelle appellation bien perçue dans le public : "Les fêtes de Wallonie, pour la plupart, c'est Namur. Autant profiter de cet anniversaire marquant pour marquer l'identité de Charleroi", peut-on résumer. Au programme, des événements à l'image de la première ville wallonne où diversité, folklore et convivialité se détachent, dans une ambiance populaire. Sans oublier des discours politiques et le retour de l'événement le plus attractif qu'est le concert gratuit NRJ in the Park qui, pour la première fois, s'est tenu sur la place Vauban.
Cultures urbaines et rassemblement folklorique

Place aux jeunes d'abord, avec la "Block party" qui a envahi la place Verte toute l'après-midi de samedi. Organisée par le centre culturel L'Eden depuis plusieurs années, cette manifestation rassemble tout ce que la ville compte en initiatives de culture urbaine, du djaying au parkour, en passant par la danse, le roller derby, le street soccer ou le riding. Des stands, des shows, mais aussi des battles. Qui, pour certaines, ont attiré nombre de spectateurs, au-delà du public cible. Les prouesses acrobatiques de breakdance, mise sur pied à l'initiative de La Broc et Giflowarts, en sont un parfait exemple. Place du Manège, le vaste espace couvert abrite, d'une part, des stands réservés à diverses associations, et, d'autre part, de quoi se sustenter et de se désaltérer, l'espace central permettant de faire une halte, de se retrouver.

Si l'on ne se bousculait pas vraiment à la place du Manège l'après-midi, le public s'est densifié pour le départ du cortège folklorique. Un cortège inhabituel, très hétérogène, pour ce 360e anniversaire de Charleroi : chacune des trente communes du bassin de vie Charleroi Métropole avait été invitée à déléguer des sociétés folkloriques. Après les 70 ans de mariage fêtés par les géants Djean et Djène, des groupes issus d'une dizaine de communes, des Climbias de Lodelinsart aux marcheurs de la Saint-Roch à Ham-sur-Heure, en passant par les T'Chats de Chapelle, les Géants potiers de Bouffioulx, la Jurade princière de Chimay ou encore les Valeureux Crayats de Nismes, pour n'en citer que quelques-uns, ont défilé dans les rues.

"Moteur de l'histoire"
Mais ces 1res fêtes de Charleroi ont aussi été marquées par une séance académique qui s'est tenue dans la Salle des fêtes rénovée de l'Hôtel de ville. Thomas Dermine, le bourgmestre, a d'abord évoqué la richesse du passé de Charleroi, de par son industrie, ses personnalités, sa culture et ses travailleurs venus de divers pays. Autant de motifs de fierté et une réponse à ses détracteurs. Mais, a-t-il dit, "Charleroi n'a jamais regardé l'histoire, mais en a toujours été le moteur". "Elle a connu des crises, mais "toujours on s'est relevés". "On soigne. On crée. On entreprend. On construit. À Charleroi, aujourd'hui, on rêve à nouveau." Et de citer ses métamorphoses réalisées ou en cours. Avec un exemple emblématique : dix ans après la fermeture de Caterpillar, la Commission européenne a attribué un contrat de 3 milliards € à Aerospacelab, à Marcinelle, pour construire la plus grande constellation de satellites d'Europe. De quoi alimenter le rêve – déjà sur les rails – évoqué par le mayeur pour les 400 ans de sa ville...
Une charte pour le "quartier du futur"
Carolo dans l'âme, Adrien Dolimont, le ministre-président wallon, a exprimé ses vœux pour la ville. Que Charleroi "continue à se transformer sans perdre son âme, qu'elle reste fière, franche, populaire, ambitieuse […], qu'elle continue à offrir des perspectives à la jeunesse, aux entreprises, aux artistes, aux travailleurs […] et qu'elle ait la capacité à voir large, avec tous ses partenaires […]" Et de rappeler combien la Wallonie repose sur ses villes, fortes, "Charleroi y comptant pour beaucoup". "Se réinventer sans renier ce qu'elle est : c'est ce qui unit le mieux Charleroi à la Wallonie". Le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke, soulignera aussi cette "faculté de Charleroi d'avoir toujours su se réinventer".
Pour conclure, le représentant de l'état-major de la Défense et les trois intervenants ont signé une charte relative à la création du quartier militaire du futur à la Porte Ouest. Un autre symbole du renouveau carolo qui verra le jour d'ici 2032 sur un ancien site industriel. 360 ans après la création de la forteresse à l'origine de la ville.

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