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Amazon attribue plusieurs cyberattaques contre npm à un même groupe de hackers nord-coréens

Amazon Threat Intelligence et Amazon Inspector ont remarqué depuis un an une évolution dans les techniques employées contre les dépôts open source.

Les pirates répartissent désormais une charge malveillante unique entre plusieurs paquets d’apparence anodine, si bien qu’aucun composant pris isolément ne déclenche d’alerte. Un compte peut aussi publier des fonctionnalités utiles pendant des mois, jusqu’à ce que la confiance accumulée atteigne son maximum, moment choisi pour glisser un code malveillant. D’autres paquets affichent un code propre sur le registre public, mais les attaquants dissimulent le comportement réel dans un script ou un fichier de configuration hébergé ailleurs, activable à tout moment sans nouvelle publication. Le serveur des attaquants ne transmet la clé de déchiffrement qu’au moment de l’exécution. Une analyse statique complète du code n’est alors plus possible.

Les attaquants utilisent aussi l’IA pour produire du code et des identités de mainteneurs plus convaincants. Les assistants de codage fondés sur l’IA recommandent parfois des noms de paquets qui n’existent nulle part ailleurs. C’est le slopsquatting. Un attaquant averti n’a plus qu'à réserver ce nom à l’avance, avant qu’un développeur, humain ou agent autonome, ne suive la suggestion et n’installe le paquet piégé. Amazon prévient aussi que des attaquants pourraient dissimuler des instructions dans un simple commentaire de code, un procédé destiné à tromper l’outil d’intelligence artificielle chargé d’examiner le paquet et à lui faire valider un code malveillant.

npm a modifié son comportement par défaut. Les scripts d’installation ne s’exécutent plus automatiquement lors du téléchargement d’un paquet, sauf accord explicite du développeur. GitHub, propriétaire du gestionnaire depuis 2020, cite plusieurs attaques passées pour justifier ce changement. Amazon Web Services participe de son côté à une initiative lancée en juin par la Fondation Linux, avec une vingtaine d’organisations fondatrices, dont Google, Microsoft, Anthropic et OpenAI. Ses membres coordonnent la correction des failles critiques avant qu'un attaquant ne les exploite, autour d’une équipe de réponse aux incidents commune. Amazon a investi 12,5 millions de dollars, soit près de 11,6 millions d’euros, aux côtés d'autres entreprises, dans ce programme.

En interne, Amazon Threat Intelligence a transmis les indicateurs observés à Amazon GuardDuty, afin d’alerter ses clients de cette activité.