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"Je ne connais pas beaucoup de clubs qui peuvent se targuer d’avoir autant de joueurs locaux" : à Nérac, le cru pour viser plus haut

Nérac est passé proche de la montée en Fédérale 2 la saison dernière. Avec un groupe composé presque exclusivement de joueurs formés au club, l’US néracaise espère poursuivre sa progression et devenir une habituée des phases finales.

Vainqueur du seizième de finale retour dans une ambiance électrique (25-21), Nérac a pourtant vu la montée en Fédérale 2 lui échapper. En cause, la victoire bonifiée de Figeac à l’aller (22-21, trois essais à zéro), qui a laissé les Lot-et-Garonnais à un souffle du bonheur. "On a joué des phases finales à Nérac, ce qui n’était pas arrivé depuis vingt-cinq ans, se souvient André Garéni, l’arrière et buteur prolifique de l’US Néracaise. On a rempli le stade, en pleines fêtes de la ville. Les gars qui ont joué ce match-là, je pense qu’ils s’en souviendront toujours."

Qu’à cela ne tienne, la montée s’est envolée, mais pas l’humour. Faute de promotion, les Néracais ont fait barrer la mention "Fédérale 2" sur les tee-shirts initialement prévus pour célébrer l’accession, avant de les arborer fièrement, histoire de rire d’une saison qui les avait pourtant laissés à un souffle du bonheur. Alors, pour la saison prochaine, l’ambition de revivre de tels moments animera chaque entraînement lorsque la préparation entrera dans le vif du sujet, le 20 juillet. "L’objectif va être de pérenniser le club en phases finales, détaille le manager Laurent Soussbie. Il faut rester prudent, mais désormais, même si on sera attendus, on ne peut plus se dire qu’on va seulement jouer le maintien."

Un groupe frappé par les drames

Nérac, c’est aussi l’histoire d’un club qui n’arrivait plus à gagner un match de phase finale depuis plusieurs décennies. Depuis l’arrivée du coach gersois, longtemps entraîneur à Nogaro, l’ancien fief d’Henri de Navarre s’est reconstruit autour d’une défense solide et d’un groupe particulièrement soudé. Car c’est aussi l’une des particularités de cette formation de Fédérale 3 : lors du seizième de finale, treize des quinze titulaires avaient été formés à Nérac ou y avaient effectué leur école de rugby. Une identité locale qui reste l’une des grandes fiertés du club et que vient encore renforcer, cet été, le retour au bercail de l’ouvreur Luigi Tarozzi, passé notamment par Bayonne et auteur d’une apparition en Pro D2. "Je ne connais pas beaucoup de clubs qui peuvent se targuer d’avoir autant de joueurs locaux", se réjouit Soussbie.

La solidarité de ce groupe s’est aussi forgée dans les drames humains qui ont frappé le club la saison dernière. La grave maladie de l’un des leurs a resserré les liens, puis la dramatique blessure aux cervicales du pilier Jalil Mito, lors du 32e de finale, aujourd’hui tétraplégique et toujours soutenu par l’ensemble du club, n’a fait que renforcer ce sentiment. "Tout au long de la saison, et encore aujourd’hui, les joueurs ont fait bloc, souligne le manager. C’est un groupe avec un état d’esprit très fort." Pour ce nouvel exercice, Nérac tentera d’aller encore un peu plus loin, avec la volonté de proposer "davantage de jeu". Sans oublier un autre objectif cher à André Garéni : "Ne pas perdre un match à Nérac, comme c’est le cas depuis deux ans et demi."

Union sportive néracaise

Date de création : 1906

Nombre de licenciés : 361

Plus haut niveau atteint : Fédérale 2

Palmarès : Champion du Périgord-Agenais Honneur (2002, 2013, 2016), Réserves Honneur (2002, 2010, 2011)

Budget : environ 250 000 euros

Parcours 2025-2026 : Fédérale 3, 1er de la poule 11, éliminé en 16e de finale du championnat de France par Figeac.