Allemagne. Un projet nucléaire controversé impliquant une entreprise française et un groupe russe autorisé
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Le ministère allemand de l'Environnement a précisé, ce mercredi, que l'autorisation pourrait être réétudiée « si de nouveaux risques venaient à être identifiés », notamment « en matière de sécurité nationale ».
La rédaction avec AFP -
Aujourd’hui à 13:59 | mis à jour aujourd’hui à 14:34
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La région allemande de Basse-Saxe a autorisé ce mercredi la production par ANF, filiale de l'entreprise française Framatome, de combustible nucléaire en coopération avec le groupe étatique russe Rosatom, un projet controversé du fait de l'implication de la Russie. « Les décisions relatives aux demandes d'autorisation sont prises dans le strict respect du droit. Lorsque toutes les conditions requises sont réunies et que les risques identifiés peuvent être suffisamment maîtrisés grâce à des mesures adaptées et aux prescriptions imposées par les autorités, celles-ci sont tenues de délivrer l'autorisation », a réagi de son côté le ministère fédéral de l'Environnement.
La production de combustible doit avoir lieu dans une usine à Lingen, près de la frontière avec les Pays-Bas, et suppose la venue d'experts et d'équipements russes, nourrissant des craintes sur le plan de la sécurité nationale. Le ministère a souligné dans son communiqué que « si de nouveaux risques venaient à être identifiés », notamment « en matière de sécurité nationale », l'autorisation pourrait être réétudiée. Il souligne avoir à plusieurs reprises « émis des réserves » et que ce dossier était « particulier » car « l'État russe mène en Europe une guerre d'agression contraire au droit international et considère l'Union européenne, et l’Allemagne en particulier, comme des adversaires ». Mais il affirme aussi ne pas pouvoir du point de vue du droit bloquer le projet, jugeant qu'il faudrait « des sanctions à l'échelle de l'Union européenne visant également le secteur nucléaire » russe.
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La Russie est accusée par le gouvernement allemand de lui mener une « guerre hybride » impliquant espionnage, sabotage d'infrastructure et désinformation. Autoriser Moscou à s'impliquer dans un projet de combustible nucléaire en territoire allemand a soulevé dès lors de nombreuses critiques.
Le nucléaire civil épargné par les sanctions
ANF (Advanced Nuclear Fuels) avait demandé en mars 2022, juste après l'invasion russe de l'Ukraine, l'autorisation de produire à Lingen, avec Rosatom, des combustibles nucléaires de type russe compatibles avec les réacteurs des centrales d'Europe centrale et de l'Est, de conception soviétique ou russe. Depuis l'invasion, les Européens ont adopté des sanctions contre la Russie sur les importations de pétrole et de gaz. Mais ils ont jusqu'ici toujours maintenu leur coopération avec la Russie dans le nucléaire civil, faute d'alternative.
D'ex-pays de la sphère d'influence soviétique, mais aussi la Finlande ont des centrales nucléaires conçues à l'époque de l'URSS, et ont encore besoin de combustibles appropriés. En outre, la Russie, grâce à ses réserves et ses intérêts dans d'anciens pays soviétiques comme le Kazakhstan, contrôle aussi une large part de l'approvisionnement mondial en uranium. La France, via la filiale d'EDF Framatome, entretient également des liens avec Rosatom, et donc la Russie.