L’extrême droite allemande accède à la présidence d’un Parlement régional
20 Minutes avec AFP
Publié le 06/10/2026 à 13h15 • Mis à jour le 06/10/2026 à 15h14
C’est une première depuis 1945 en Allemagne : l’extrême droite vient de remporter mardi la présidence de son premier Parlement régional en Saxe-Anhalt. Lors d’un vote à bulletins secrets, 48 députés ont voté pour le candidat investi par l’AfD Tobias Rausch, 29 contre, et 5 se sont abstenus, selon le décompte officiel.
Cette majorité absolue, pour une assemblée comptant 83 sièges, est supérieure au niveau attendu, les 39 députés d’extrême droite n’ayant reçu publiquement le soutien que des cinq députés de la petite formation d’extrême gauche prorusse (BSW). L’élu de 35 ans est le fils d’un ponte régional du parti prorusse et anti-immigration, dont la famille était au cœur de soupçons de népotisme.
Les interrogations fusent déjà sur la présence de potentiels transfuges parmi les 15 députés conservateurs de la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz, qui chute dans les sondages à mesure que l’AfD se renforce.
« Regrettable »
« Ma porte sera ouverte, j’écouterai, je prendrai au sérieux les différentes opinions et j’essaierai de prendre des décisions de manière transparente et compréhensible », a promis Tobias Rausch, dans son discours d’investiture. Le président du Landtag a pour rôle de diriger les séances parlementaires, via le « Conseil des sages » qui fixe l’ordre du jour et débat des questions de procédures, ainsi que de s’occuper de l’administration de l’assemblée.
Le patron régional des sociaux-démocrates, Andreas Schmidt, a jugé « regrettable » l’élection du candidat de l’AfD. « Nous ne nous laisserons pas intimider », a averti de son côté Susan Sziborra-Seidlitz, la cheffe locale des Verts, dans une intervention devant l’Assemblée qui a suscité rires et désapprobation de la part d’Ulrich Siegmund, 35 ans, figure de proue en Saxe-Anhalt de l’extrême droite.
Objectif : gouvernement régional
Ce dernier vise en décembre prochain l’élection du chef de l’exécutif régional, en tentant d’obtenir la majorité absolue à l’assemblée. Pour cela, il doit réussir à débaucher au moins trois députés d’autres partis. Aucune formation n’a pour le moment ouvertement accepté de voter pour lui, pas même le BSW.
Si l’AfD parvient à former un gouvernement dans cette région, cela marquera une première dans l’histoire post-1945 de l’Allemagne. Mais la tâche sera ardue, faute d’alliés naturels et l’essentiel de la classe politique allemande obéissant au principe du « pare-feu » en refusant toute coopération avec l’AfD. Mais les principes pourraient bientôt évoluer. Si le dirigeant sortant de la région Sven Schulze assure que « personne à la CDU ne passera d’une quelconque manière à l’AfD », Ulrich Siegmund a confirmé des contacts.