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Airbus mise sur SAP Sovereign Cloud

Airbus a choisi RISE with SAP, couplé à un modèle de déploiement cloud souverain de bout en bout, pour moderniser les processus métiers de plus de 100 000 collaborateurs.

Une décision qui s’inscrit dans la trajectoire bien plus large d’un Airbus qui, depuis plus d’un an, construit méthodiquement sa stratégie de souveraineté numérique européenne.

Début janvier 2026, le groupe a lancé un appel à propositions pour migrer une partie de ses systèmes critiques – ERP, MES (systèmes d’exécution de la production), CRM et surtout PLM, la documentation de conception de ses aéronefs – vers un cloud souverain européen.

Catherine Jestin, vice-présidente digitale d’Airbus, avait posé les enjeux auprès de The Register. Une partie des données traitées par l’avionneur est sensible à la fois d’un point de vue national et européen, ce qui impose le choix d’un cloud souverain.

L’autre moteur de cette migration est plus prosaïque. Les grands éditeurs, à commencer par SAP, concentrent désormais leurs innovations sur des plateformes cloud ( S/4HANA en tête) laissant peu d’alternative aux clients qui veulent continuer à bénéficier des dernières fonctionnalités.

Une stratégie beaucoup plus large

Ce contrat SAP sinscrit dans un empilement d’initiatives menées par Airbus depuis fin 2025 pour peser sur l’agenda de la souveraineté numérique européenne.

En novembre 2025, l’avionneur a été membre fondateur de l’ESTIA (European Sovereign Tech Industry Alliance), un collectif d’entreprises paneuropéennes qui milite pour une politique industrielle numérique ambitieuse, avec un accent mis sur l’investissement et le passage à l’échelle rapide des solutions cloud et services numériques européens.

En mai 2026, Airbus est allé plus loin en s'associant à six autres champions technologiques et industriels du continent ( ASML, Ericsson, Mistral, Nokia, SAP et Siemens) pour former les « European Tech Creators ». Une coalition qui réunit un poids lourd de l'aéronautique, un géant des semi-conducteurs, un champion français de l'IA générative et l'un des plus gros éditeurs de logiciels d'entreprise au monde.  Un signal de la volonté du secteur de peser collectivement sur les choix d'infrastructure numérique en Europe.

En parallèle, Airbus renforce ses propres capacités de cybersécurité souveraine, notamment via les rachats d'Ultra Cyber Ltd et de Quarkslab (après celui d'Infodas en 2024).

Le groupe mène par ailleurs un appel d'offres distinct pour évaluer des solutions d'infrastructure « Trusted Cloud », visant une immunité totale face aux réglementations extraterritoriales pour ses données les plus sensibles. Un chantier séparé du contrat SAP, mais qui relève de la même logique.

Ce que le contrat doit livrer

Sur le plan technique, RISE with SAP doit fournir à Airbus un socle standardisé bâti sur les principes de simplification, d'harmonisation et de « Clean Core » ; une approche qui vise à limiter les développements spécifiques pour faciliter les mises à jour et l'adoption de nouvelles fonctionnalités. Le déploiement couvrira des processus clés en production, supply chain, finance et services clients.

L'objectif affiché est aussi de préparer le terrain pour la suite : SAP Business AI, les agents d'IA et l'automatisation intelligente, présentés comme les prochaines briques à activer une fois la fondation technique modernisée.