Air France a changé la trajectoire de 130 vols transatlantiques pour éviter de créer ces "nuages" artificiels: la compagnie aérienne a mené des tests pendant deux mois pour limiter les traînées de condensation qui aggravent le réchauffement climatique
Air France a changé la trajectoire de 130 vols transatlantiques pour éviter de créer ces "nuages" artificiels: la compagnie aérienne a mené des tests pendant deux mois pour limiter les traînées de condensation qui aggravent le réchauffement climatique
Publié aujourd'hui à 20h01
Lire dans l'appAir France a affirmé avoir éviter 22.000 tonnes de CO2 au terme d'une expérimentation de deux mois et demi cherchant à limiter la formation des traînées de condensation, qui contribuent au réchauffement de l'atmosphère terrestre.
Air France a annoncé jeudi avoir modifié la trajectoire de 130 de ses vols transatlantiques cette année au terme de tests pour limiter les traînées de condensation, ces formations artificielles de nuages qui aggravent le réchauffement climatique.
Les traînées de condensation, qui vues depuis le sol strient le ciel de blanc, se forment lorsque la vapeur d'eau contenue dans les gaz d'échappement des moteurs se condense et gèle dans un air froid et humide, autour des particules émises par les moteurs, principalement de suie. En empêchant les rayonnements terrestres de s'échapper vers l'espace, elles contribuent au réchauffement de l'atmosphère terrestre.

Pourquoi les prix des billets d’avion ne baissent-ils pas en même temps que le prix du kérosène?
2:45
"De février à avril 2026, Air France a conduit une expérimentation ciblée afin d'identifier et d'éviter des zones présentant une forte probabilité de formation de traînées de condensation persistantes", a expliqué la compagnie aérienne française dans un communiqué. Elle a eu recours aux services de deux jeunes entreprises françaises spécialisées dans l'atténuation de l'incidence climatique de l'aviation, Estuaire et Klima.
"Sur la période des tests de deux mois et demi, Air France a opéré environ 12.000 vols long-courriers, dont 130 ont été reroutés", entre la France et l'Amérique du Nord, le Mexique ou les Antilles, a précisé Air France à l'AFP.
22.000 tonnes de CO2 évitées
À l'échelle mondiale, cela représente 3% des vols de l'aviation commerciale, qui concentrent 80% des effets de réchauffement des traînées de condensation. L'enjeu est d'éviter, à l'aide de données météorologiques, des altitudes et des zones susceptibles de générer les traînées les plus durables. Ce sont les zones aux plus fortes concentrations en vapeur d'eau (jusqu'à 130 voire 140% de taux d'humidité) et aux températures assez froides pour provoquer du gel.
Sur ces 130 vols, Air France estime avoir évité l'équivalent de l'émission de 22.000 tonnes de CO2, sans aucun retard pour ses passagers. L'enjeu sera d'étendre ces enseignements à des régions à plus fort trafic, où l'application sera plus complexe que dans le survol de l'Atlantique Nord.
Le test était mené dans le cadre d'un projet de l'Union européenne baptisé Ciconia, auquel participent également Airbus et Boeing, les compagnies EasyJet et Swiss, et d'autres institutions de recherche ou de régulation. Un colloque sur les traînées de condensation est organisé à Paris lundi par une députée écologiste française, Christine Arrighi, et le cercle de réflexion Transport & Environnement.
Sujets liés :