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Ain. Canicule : comment le Parc des oiseaux près de Lyon a anticipé le réchauffement climatique

Face aux vagues de chaleur, le Parc des oiseaux de Villars-les-Dombes (Ain) a engagé une stratégie d’adaptation au changement climatique depuis 2019. Pour préserver les animaux et sa fréquentation mais aussi son modèle économique.

À Villars-les-Dombes (Ain), Hervé Chossat -

Aujourd’hui à 07:30

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Le Parc des oiseaux de Villars-les-Dombes, dans l’Ain, souffre de la chaleur. Quatre vagues de canicule depuis le mois de mai ont frappé la région lyonnaise et ce secteur tout proche, célèbre pour ses centaines d’étangs et sa biodiversité, et une cinquième vague arrive. Mais ici, on ne découvre pas le phénomène. La direction a mis en place une stratégie d’adaptation au changement climatique depuis 2019. Symbole de celle-ci : le réaménagement complet du site de présentation des manchots de Humblot. Il a ouvert à nouveau ses portes en avril après avoir été entièrement repensé, aménagé, ombragé et équipé d’un bâtiment climatisé. Cependant, souligne Emmanuel Visentin, le directeur du parc, « s’adapter au changement ne consiste pas seulement à réunir les conditions permettant aux oiseaux, aux visiteurs et aux salariés de mieux supporter les épisodes de chaleur. Cela nous oblige à repenser progressivement notre modèle économique, nos investissements et jusqu’au calendrier de notre activité ».

Les conséquences du dérèglement climatique conduisent en effet à une fréquentation pouvant chuter de 55 à 60 % lors des journées de fortes chaleurs. Heureusement, dans ce parc qui voit passer annuellement plus de 30 000 visiteurs, si l’été représentait encore près de la moitié de l’activité dans les années 2010, il n’en représente aujourd’hui plus qu’un tiers environ.

Les 23 manchots du parc bénéficient depuis cette année d’un espace entièrement réaménagé pour faire face à la chaleur. Photo fournie

Les 23 manchots du parc bénéficient depuis cette année d’un espace entièrement réaménagé pour faire face à la chaleur. Photo fournie

C’est le fruit de la stratégie « de désaisonnalisation » mise en place depuis 2019. Le parc est fermé le lundi l’été afin de rationaliser l’organisation avec une saison estivale de plus en plus aléatoire. La réflexion est aussi avancée pour développer la fréquentation au printemps et à l’automne. Une diversification qui passe par de nouvelles animations, comme une première exposition d’art contemporain cette année, le renforcement des Musicales du parc, un événement proposant des concerts d’artistes de renommée, qui est devenu un centre de profit essentiel à l’équilibre économique, ou des nocturnes illuminées qui vont désormais s’étendre à l’ensemble de la période d’hiver plutôt qu’au seul été.

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Besoins de financements à long terme

« Nous pensions avoir plus de temps pour adapter notre organisation, mais force est de constater que les choses s’accélèrent. Ce qu’avaient prévu les scientifiques arrive plus tôt. » Et, pour Emmanuel Visentin, c’est probablement là que se situe le principal défi : « C’est une véritable bataille contre le temps que nous devons mener, et les pouvoirs publics doivent apporter des accompagnements à ces transformations, par exemple avec des financements à long terme sur 40 ou 50 ans. »