AI Overviews en France : le replay, les slides et les réponses aux 187 questions du webinar
Article rédigé à trois voix par Victor Lerat (Abondance), Julien Bismuth, Consultant SEO chez Getfluence, et Thomas Casiez, Directeur Général Adjoint SEO/GEO chez Datashake.
Le 22 juillet 2026, la France a cessé d'être le village gaulois : les AI Overviews de Google sont arrivés sur les SERP françaises. Six semaines plus tard, le 10 septembre, nous avons ouvert le capot en direct avec deux experts qui ont de la data française, pas des études américaines recyclées. Vous avez été plus de 600 à vous inscrire, 242 à suivre le direct, et 88 d'entre vous avaient laissé 187 questions à l'inscription.
Une heure ne suffisait pas à toutes les traiter. Cet article fait donc trois choses : il vous donne le replay et les slides, il résume ce qui a été dit, et il répond aux questions que le direct n'a pas eu le temps de couvrir. Nous les avons regroupées en huit thèmes. Sur chacun, Julien et Thomas ont répondu là où ils sont les plus légitimes, et j'ajoute le regard d'Abondance.
Avant de plonger dans le replay, une demande. Ce webinar a montré à quel point les pratiques bougent vite face à l'IA, sans repères partagés : qui mesure déjà sa visibilité dans les IA, qui a fait évoluer ses contenus, qui a débloqué un budget, qui attend de voir ? Personne ne le sait encore pour le marché français. C'est ce que notre enquête veut établir, et votre regard d'expert nous manque.
Enquête Abondance x Getfluence
SEO & GEO : marques et agences face à la visibilité IA
Votre retour sur l'impact de l'IA sur votre activité, vos méthodes de suivi et vos leviers d'action, en moins de 4 minutes. Réponses strictement anonymes, traitées de manière agrégée. Les résultats seront publiés gratuitement et en intégralité pour toute la communauté Abondance.
Je réponds à l'enquête (4 min)
Le replay complet (1 h) :
Les slides du webinar (PDF) : AIO est arrivé en France : ce qui change, la récupération des signaux et la checklist IA
Les chapitres du replay :
- 00:00 Introduction et présentation des intervenants
- 02:55 Le 22 juillet 2026 : ce qui a changé en France
- 07:30 De la position au clic, du clic à la citation : le changement de paradigme
- 10:56 Six semaines après : les chiffres du corpus Datashake
- 15:15 Comment se construit un AI Overview (brevets Google, fan-out, attributs)
- 21:23 Le poids de la position : 60 % de chances d'être cité en première place
- 22:31 « Mon trafic s'effondre, mon CA tient » : quel KPI demain ?
- 25:33 Convaincre sa direction quand le clic n'est plus roi
- 31:12 Les 6 points de contrôle pour être éligible à la citation
- 35:37 Cloudflare, AI Act, filigrane des contenus IA : l'actu de l'été
- 40:35 Ce qui fait la différence entre deux candidats à la mention
- 44:07 Cas concret : Marco Vasco
- 45:34 La méthode des 4C : Couverture, Clarté, Confiance, Contrôle
- 47:48 Quel outil pour piloter sa visibilité dans les IA ?
- 52:00 Comment construire ses prompts à suivre
- 59:47 Reddit, ChatGPT Ads et le mot de la fin
Ce qu'il faut retenir :
- 33 % des requêtes travaillées affichent un AI Overview.
- 15 à 30 % de clics en moins sur les requêtes où l'aperçu s'installe durablement. C'est une perte de CTR sur ces requêtes-là, pas une perte de trafic global.
- 66 % de déclenchement sur les requêtes d'évaluation (comment, pourquoi, quel choisir), 3 % sur les requêtes d'action. Google garde le shopping pour lui.
- 60 % de chances d'être cité quand on est en position 1, 41,5 % en positions 2-3, 19 % en positions 4-10. Corrélation n'est pas causalité, mais le classement reste le premier levier d'accès à la citation.
- 44 % des mentions viennent du premier tiers de l'article cité. Le passage concourt, pas la page.
- Source : corpus Datashake, 55 comptes clients, un jeu de requêtes figé début août 2026 et rejoué chaque semaine jusqu'en septembre, croisé avec les données Search Console.
Les réponses aux huit thèmes de vos questions
1. L'impact réel sur le trafic depuis le lancement en France
La question la plus posée, et la plus anxieuse : qui perd, qui gagne, et le trafic qui reste est-il plus qualifié ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Trop tôt pour un chiffre global, et surtout très inégal selon l'intention. Perdent les pages info de haut de funnel dont la réponse est déjà donnée dans l'aperçu. Gagnent les marques mentionnées dans la réponse, et les pages dont le clic apporte une valeur utile (transactionnel, outils, données propres). Le trafic restant est plus qualifié : on perd les clics de curiosité, on garde les visites à forte intention. Face à la baisse de clics, une question essentielle à se poser est « suis-je là quand l'IA répond, et sur quelles intentions ? ».

Thomas Casiez (Datashake) : Nous avons le chiffre, sur nos plus de 50 comptes clients. Étude avant/après le 22 juillet sur données Search Console : là où l'Aperçu IA s'installe durablement, le taux de clic baisse de plusieurs points. Cela recoupe ce que dit Julien sur les intentions, et nos relevés le chiffrent : 66 % d'Aperçu sur les requêtes d'évaluation contre 3 % sur celles d'action. Sur la qualification du trafic restant, je suis plus prudent tant que nous n'avons pas les données de conversion : dix ans côté annonceur m'ont appris qu'un trafic plus qualifié en taux peut produire moins de contrats en volume.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Le seul chiffre qui compte est le vôtre. Les moyennes du corpus masquent des écarts énormes entre thématiques : en santé, les aperçus se déclenchent massivement, à rebours de ce qu'on attendait sur un secteur YMYL ; en local, ils sont rares. Un média avec 80 % de trafic informationnel et un e-commerce dont les entrées se font sur des requêtes d'achat ne vivent pas le même 22 juillet.
Ce que je conseille de faire dès maintenant : analyser le taux de clic de vos mots-clés à position égale, avant et après le 22 juillet. C'est la seule comparaison qui isole l'effet de l'aperçu, puisqu'une perte de clics due à une perte de position n'a rien à voir avec l'AIO. En parallèle, commencez à mesurer la part d'affichage des AI Overviews sur un panel de mots-clés représentatifs de votre activité, ce que permet par exemple Monitorank.
Attention aux biais d'analyse : une baisse de clics ne doit pas toujours être imputée aux AI Overviews. L'été a été chargé en mises à jour Google, spam updates comprises, et plusieurs causes se superposent souvent sur la même courbe. Il faut rester prudent et mesurer les bonnes données. Sur les sites que nous avons analysés pour le moment, la baisse de trafic va de -5 à -40 % selon les cas. Un écart pareil prouve une fois de plus qu'il faut faire sa propre analyse, avec ses propres données et sur son propre écosystème.
2. Mesurer sa visibilité dans les AIO et les LLM
Quels outils sont fiables, que voit-on dans la Search Console, et quel KPI remplace le clic quand on est cité sans être cliqué ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Le clic laisse la place au taux de citation et de mention par moteur, sur un jeu de prompts stratégiques bien définis. C'est la base de la mesure, c'est pourquoi on aide nos clients à le faire. La Search Console ne sépare pas encore l'aperçu du reste (impressions et clics fondus). Pour le reste, on suit son propre set de prompts (citations, mentions, part de voix) et les mentions de marque hors site.

Thomas Casiez (Datashake) : Je confirme par la mesure que la Search Console fond tout : notre étude d'impact est construite sur ses données et elle détecte la chute, donc les impressions des AIO y sont bien, sans dimension pour les isoler. La seule sortie praticable est de constituer soi-même la liste des requêtes qui déclenchent un aperçu IA et de suivre le CTR de ce groupe à part. Sur les outils, une réserve de terrain : nous avons revérifié à la main et trouvé des « marque absente » sur des réponses où elle figurait bien. Ce qui compte davantage que l'outil, c'est un corpus figé rejoué à l'identique. Et pour débloquer un budget en comité, ne présentez pas une baisse de CTR, croisez-la avec la marge par ligne de métier : vous obtenez un montant, et c'est ce qui se décide.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Chez Abondance, nous recevons de nouveaux outils de suivi de visibilité IA presque chaque semaine, et nous tenons à jour une sélection des meilleurs outils pour suivre sa marque dans les LLM. Aucun ne s'est imposé comme standard, et ce n'est pas le sujet. Ce qui rend une mesure fiable, ce n'est pas l'outil, c'est la méthode : un panel de prompts construit à partir de vos données (Search Console, personas, questions des équipes métier), catégorisé par sujet, rejoué plusieurs fois pour lisser les variations, et surtout figé dans le temps. Un panel qu'on change tous les quatre matins ne mesure rien. Les gros modèles se mettent à jour sans prévenir, et le share of voice peut chuter en une nuit sans que votre travail ait changé : c'est la donnée qui a bougé, pas vous.
Un angle mort à garder en tête : tous ces outils ne suivent que le premier prompt d'une conversation, alors que c'est souvent la deuxième ou troisième question qui fait apparaître une marque.
Sur le KPI, un rappel qui change la lecture des chiffres : un clic qui n'a pas eu lieu dans une IA ne veut pas dire que la personne s'est arrêtée là. Elle a lu la réponse, retenu un nom, et il y a de bonnes chances qu'elle ait ensuite tapé ce nom dans Google, ou soit allée directement sur le site. On a donc moins de clics, c'est certain, mais pas forcément moins de business. Et c'est vraiment ça qu'il faut regarder et présenter : les leads, les ventes, les requêtes de marque, pas le seul trafic. Le GEO sert à afficher sa marque au moment où l'utilisateur évalue ses options, et à devenir la référence sur sa thématique. Il faut être honnête sur la contrepartie : le ROI du SEO et du GEO est aujourd'hui beaucoup plus difficile à mesurer qu'avant, donc beaucoup plus difficile à prouver. Ce n'est pas une raison pour ne pas mesurer, c'est une raison pour mesurer la bonne chose.
3. Être cité : les actions qui comptent vraiment
Les 3 à 5 actions au meilleur retour à 90 jours, et celle que tout le monde fait pour rien.

Thomas Casiez (Datashake) : Quelques actions à 90 jours, dans cet ordre. Vérifier l'accès des robots de recherche IA, une matinée de développeur. Servir le contenu dans le HTML brut, puisque aucun crawler IA majeur hors Google n'exécute le JavaScript. Placer une réponse directe de 40 à 60 mots en tête de page, autonome et citable telle quelle, car c'est le passage qui concourt désormais, pas la page. Mettre des faits structurés dans les 200 premiers mots (pour interconnecter les différentes entités nommées d'un site et donner du contexte aux bots), le multi-format affichant un taux de sélection supérieur de 156 % au texte seul. Et garder son référencement : la position 1 est citée dans 58,7 % des cas contre 19,3 % en positions 4 à 10 (la forte corrélation remontée sur l'AIO, moins valable pour les autres LLM).
« La mention ne s'obtient pas en publiant plus sur son site web, mais en répondant de manière structurée, en étant déjà mentionné ailleurs et avec des preuves de neutralité perçue. »
Julien Bismuth (Getfluence)

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : La liste de Thomas est la bonne, et son ordre aussi. Les six points de contrôle présentés dans le webinar (robots.txt, pare-feu, contenu servi en HTML, données structurées, sitemap accessible, temps de réponse serveur sous 500 ms) sont le préalable à tout le reste : tant que le bot ne passe pas, aucune optimisation éditoriale ne sert à rien. Datashake a testé neuf grands sites français à plusieurs millions de visites : six répondaient une erreur 403 à une simple requête curl. Ce n'est pas un problème de PME.
Un rappel d'actualité sur ce point : Cloudflare bloque par défaut certains robots IA sur les pages monétisées depuis le 15 septembre, pour les nouveaux comptes. Allez vérifier votre paramétrage, cela prend deux minutes.
J'ajoute une action que je considère comme la plus importante de toutes, parce qu'elle ne se fait pas sur votre site : construire sa notoriété partout où les internautes passent. Les plateformes sociales, qu'elles soient ouvertes aux IA ou à Google. Les forums, Reddit en tête mais pas seulement. Les comparatifs, les guides d'achat, les tests, et tout article qui parle de vos produits, de vos services ou de votre marque. Plus vous êtes cité ou mentionné, plus vous avez de chances d'apparaître dans les réponses des IA et dans les AI Overviews. C'est mécanique : les modèles construisent leur réponse à partir de ce qu'ils lisent ailleurs, et une marque qu'on ne croise nulle part n'existe pas pour eux, quelle que soit la qualité de son site.
4. SEO et GEO : une seule stratégie ou deux ?
Le GEO est-il autre chose que du bon SEO ? Ce qui marche pour Google marche-t-il pour ChatGPT et Perplexity ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Une seule base, plusieurs réglages. Le GEO n'est pas l'après-SEO, c'est le SEO qui retrouve ses trois piliers (technique, contenu, hors site) avec un objectif en plus : la mention. Le fond se recoupe, mais les écosystèmes divergent : à peine 12 % de recouvrement entre le top 10 Google et ce que citent ChatGPT, Gemini ou Copilot (Ahrefs, 15 000 prompts, 2025). De ce que nous dit la mesure des résultats, la stratégie qui compte repose sur un ciblage précis des sources et des formats structurés pour transmettre la bonne information aux IA, comme le fait AI-First™.
« Les prompts doivent être identifiés par rapport au gap de visibilité par moteur IA. Par contre, les articles peuvent se travailler sur une base commune, à condition d'appliquer les éléments éditoriaux qui ont un impact sur tous les moteurs. Par exemple, on sait qu'aujourd'hui le lien n'est pas lu par ChatGPT, mais rien ne nous dit qu'à l'avenir il ne le sera pas, et on connaît son importance dans l'environnement Google, donc autant le mettre. C'est tout l'intérêt de la recherche que nous faisons pour garder systématiquement à jour notre format AI-First™, qui permet au moins 60 % de mentions de marques dans les réponses où elles étaient absentes avant ces contenus. »
Julien Bismuth (Getfluence)

Thomas Casiez (Datashake) : On nous demande souvent si le GEO est une option du SEO. Notre réponse tient en trois faits : les deux ne se mesurent pas au même endroit, l'un dans la Search Console sur des mots-clés, l'autre sur des prompts rejoués moteur par moteur. Ils n'actionnent pas les mêmes leviers, puisque près d'un cinquième des sources citées échappe déjà au Top 10. Et l'avantage du classement a fondu de moitié sur nos deux derniers relevés. Ce sont deux métiers avec un socle commun, et nous les pilotons séparément.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Les deux réponses sont compatibles, et la bonne dépend de votre taille. Ce que le webinar a montré, c'est que l'AI Overview de Google et ChatGPT ne fonctionnent pas pareil. Google s'appuie sur son propre index, sur des pages lues au moment de la requête et sur les signaux qu'il connaît depuis vingt-huit ans (liens, autorité, fraîcheur, auteur), et cite d'abord ce qu'il classe déjà. ChatGPT crawle le web aussi, et souvent, mais il ne part pas du même classement : sa recherche s'appuie sur des sources tierces et sur une connaissance en partie mise en cache, et les signaux qui font remonter une page chez Google (le lien, notamment) n'y ont pas le même poids que la mention et le contexte autour d'une entité. Les deux moteurs ne partent donc pas du même stock de pages ni des mêmes critères, et c'est ce que confirme la mesure : 12 % de recouvrement seulement entre le top 10 Google et les sources citées par ChatGPT, Gemini ou Copilot sur 15 000 prompts (Ahrefs, 2025), et près d'un cinquième des sources citées dans les AIO français hors du top 10 selon les relevés Datashake.
Pour une PME ou une équipe SEO d'une ou deux personnes : une seule stratégie, avec un objectif ajouté (la mention) et une mesure par moteur. Créer une « cellule GEO » à côté de l'équipe SEO revient à mettre deux personnes sur les mêmes pages avec des briefs contradictoires. Pour un grand compte multi-marques où l'off-site pèse lourd, le pilotage séparé de Thomas se justifie, parce que les leviers, les prestataires et les budgets ne sont plus les mêmes.
Ce qui ne change dans aucun des deux cas : la position 1 sur Google donne 60 % de chances d'être cité dans l'aperçu. Le SEO classique n'est pas un chantier parallèle au GEO, c'est son ticket d'entrée.
5. Netlinking, mentions, Reddit, avis clients : le poids du off-site
Netlinking classique, mentions sans lien, avis clients : que pèse chaque levier dans la citation ? Et Reddit, faut-il encore y aller en France ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Les mentions de marque prédisent le mieux la citation dans les Aperçus (Ahrefs, 75 000 marques). Le lien garde sa valeur pour Google, mais c'est la mention, la marque contextualisée dans un site ou média tiers, qui fait basculer la mention IA en volume. Pourquoi ? Parce que nous pouvons le contrôler et le répliquer avec méthode. Oui, les communautés comme Reddit pèsent dans les citations, mais l'activation de ce levier est plus difficile à contrôler aujourd'hui. Les deux sont très complémentaires.
« On sait que la construction des réponses IA combine position par requête, confiance perçue et fraîcheur. Or, en SEO, on sait que le lien fait ranker et attribue de l'autorité, et que la mention donne du contexte précis aux LLM. Avec la diversité des modèles, associer les deux est une bonne pratique. »
Julien Bismuth (Getfluence)

Thomas Casiez (Datashake) : C'est le pilier qui justifie une prestation GEO à part, puisque aucun levier on-site ne va le chercher : 18,4 % des sources citées dans les AIO français viennent déjà de l'extérieur du Top 10, et cette part est bien plus large sur les marchés matures. Notre parti pris est d'activer tout ce qui fait rayonner une marque auprès des moteurs, classiques comme génératifs : Reddit, pour lequel nous avons une offre dédiée, le netlinking de classement, les sites médias, et les avis clients qui apportent la réassurance. C'est la logique de multicanalité que nous appliquons déjà en SEO, et c'est ce qui rend aujourd'hui insuffisant un référencement limité à son propre site. Le SEO devient (enfin) un canal où le branding est central, et l'omnicanalité y est devenue une condition plutôt qu'une option.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : L'arrivée des AI Overviews change une chose dans le netlinking, et c'est une bonne nouvelle pour le web : on ne peut plus se contenter d'acheter un lien sans se soucier de l'article qui le porte. Le LLM se méfie de la réponse unique forcée. Un article sponsorisé qui ne cite que votre marque et affirme qu'elle est la meilleure peut encore être utilisé par les IA, mais il l'est nettement moins qu'un article qui compare plusieurs acteurs, avec des chiffres et des sources, en mettant en avant vos valeurs.
La conséquence pratique est dans le brief. Le brief envoyé à un éditeur doit désormais être complet : les faits à vérifier, les sources à citer, des données fiables et datées, les concurrents qu'on accepte de voir nommés, les questions auxquelles l'article doit répondre. Un rédacteur qui reçoit un mot-clé, une ancre et une URL produit un contenu interchangeable que le modèle ne retiendra pas. Un rédacteur qui reçoit de la matière produit un article que les IA peuvent reprendre comme source, et qui sert votre marque bien au-delà du lien. Le brief compte désormais autant que le média qui le publie.
Et quel média choisir ? Beaucoup d'entre vous ont posé la question sous la forme « une mention dans un gros média ou beaucoup dans des médias de niche ». Ce que cherche le modèle, c'est la source la plus reprise sur votre sujet, pas la plus grosse. Un média spécialisé que les IA citent régulièrement sur votre thématique vaut plus qu'un quotidien national qui ne parle jamais de votre marché. Les outils de suivi cités plus haut vous donnent cette liste : les domaines qui apparaissent dans les réponses sur vos prompts sont ceux où il faut être.
Sur Reddit en France : sa part dans les citations recule, mais il reste utilisé par les modèles comme base de connaissance pour juger d'une marque. Le vrai sujet n'est pas Reddit, c'est l'ensemble des espaces où vos clients parlent de vous sans vous : forums spécialisés, groupes LinkedIn, plateformes d'avis, commentaires sous les vidéos. Ce sont eux qui alimentent la « confiance perçue » du brevet Google. Les investir, c'est d'abord les lire, puis y répondre, avant d'y publier.
6. PME, sites locaux, petits budgets, secteurs spécifiques
Un artisan, un réseau de franchise, un cabinet de conseil, un site YMYL : ont-ils une chance face aux sites à forte autorité, et par quoi commencer ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Plus ouvert qu'en SEO, car la citation et la mention ne dépendent pas que de la taille du domaine, et le fan-out ouvre des sous-requêtes de niche et locales peu concurrentielles où une PME peut devenir la source. Par où commencer avec un petit budget : 5 à 10 prompts déterminés avec méthode par rapport aux recherches de l'audience, et des mentions bien contextualisées dans les sources les plus fréquemment citées par thématique. Ensuite, on mesure et on élargit.
« Le fan-out ouvre des sous-requêtes diversifiées, parfois de niche, que tous les acteurs ne connaissent pas. Une PME ou un site local a donc tout intérêt à travailler les attributs et caractéristiques des sous-requêtes sur un sujet, en documentant prix, données ou encore cas clients, pour augmenter sa probabilité d'être mentionné dans les réponses. »
Julien Bismuth (Getfluence)

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Le jeu est ouvert, et pour un site local il l'est même plus qu'ailleurs : le 22 juillet a moins changé les choses pour lui que pour n'importe qui d'autre. Les aperçus se déclenchent peu sur les requêtes locales, Google y garde son Local Pack et Maps. La fiche Google Business Profile, les avis et leurs réponses restent le premier chantier, et c'est aussi ce que les modèles lisent quand on leur demande « un plombier fiable à Nantes ».
Pour une PME de services ou un cabinet de conseil, l'atout est la donnée que personne d'autre n'a. Le fan-out décompose « quel prestataire choisir pour X » en sous-questions sur le prix, les délais, les critères de choix, les cas d'usage. Un grand site généraliste ne répond pas à ces sous-questions avec vos chiffres. Une page par attribut, avec vos prix, vos délais réels, un cas client daté et chiffré, et une réponse directe en tête : c'est le programme des 90 premiers jours, et il ne coûte que du temps.
Sur les secteurs YMYL, la santé en particulier : les aperçus s'y déclenchent beaucoup, et les sources citées sont institutionnelles. Ne cherchez pas à concurrencer l'Assurance Maladie sur la définition d'une pathologie. Cherchez à être la source citée sur ce que vous seul savez : votre protocole, vos délais de prise en charge, vos résultats.
Et pour les sites multilingues : les modèles répondent dans la langue du prompt à partir de sources dans cette langue. Vos versions étrangères servent toujours, à condition d'être de vraies pages et non des traductions automatiques du site français.
7. SEA et arbitrage des budgets
Le paid est-il touché aussi ? Faut-il déjà déplacer du budget vers les ads dans ChatGPT ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Selon moi, SEA et présence IA n'agissent pas au même moment. Le SEA capte l'intention d'achat immédiate, la mention se construit avant, à l'évaluation. Ne coupez pas un SEA qui marche, réallouez plutôt une part du budget notoriété et haut de funnel vers les actions GEO, durables et à prix fixe.

Thomas Casiez (Datashake) : La question de l'arbitrage est dépassée par celle de la synergie, et nous avons pris ce virage en avance. Datashake a développé une expertise poussée sur ChatGPT Ads, et nous déployons déjà des synergies SEO et SEA auprès de nos partenaires et de nos prospects. Notre atout est ailleurs que dans l'achat lui-même : le corpus de prompts que nous montons pour piloter la visibilité générative d'un client devient directement son plan de ciblage publicitaire. Les prompts sur lesquels la marque est déjà citée n'ont pas besoin d'être achetés. Ceux sur lesquels elle est absente alors que ses concurrents y sont désignent exactement l'inventaire à couvrir, et le budget se place là plutôt qu'au jugé. C'est le grand virage du GEA, et il rejouera le scénario du search classique : les marques installées en organique achèteront leur visibilité moins cher que celles qui devront la créer de zéro. Construire sa présence générative maintenant, c'est préparer un coût d'acquisition plus bas le jour où ces inventaires s'ouvriront pleinement.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Le chiffre qui répond à la question est le 3 % de déclenchement sur les requêtes d'action. Google n'affiche pas d'aperçu là où il vend du Shopping et des annonces : votre SEA transactionnel n'est pas touché par les AIO, et c'est voulu. Là où les annonces souffrent, c'est sur les requêtes informationnelles, où l'aperçu les repousse plus bas dans la page. Si vous achetiez du haut de funnel en search, c'est ce budget-là qu'il faut réinterroger, pas le reste.
Sur ChatGPT Ads, il faut être honnête et dire les choses comme elles sont : à date, nous avons trop peu de recul pour donner une recommandation. Le canal vient d'ouvrir en France. Les premiers retours et échos que j'ai pu avoir ne sont pas très convaincants, mais ils portent sur quelques semaines et ça va bouger. Si vous disposez d'un peu de budget en supplément, cela peut valoir le coup de faire vos propres tests et d'étudier le ROI de ce nouveau levier, en partant par exemple des prompts où vos concurrents sont cités et pas vous, comme le propose Thomas. Sinon, restez ouvert et à l'écoute, et faites-vous votre propre avis avant de déplacer quoi que ce soit.
8. Quel avenir pour le SEO ?
Dans deux ans, à quoi ressemble le SEO ? Google a-t-il intérêt à couper les clics ? Un éditeur a-t-il raison de bloquer les bots IA ?

Julien Bismuth (Getfluence) : Le SEO s'élargit : on passe d'un objectif unique de classement au besoin d'être mentionné là où ça compte, c'est-à-dire dans les réponses aux questions de son audience. Difficile de faire une prévision, mais probablement que dans deux ans, SEO et GEO auront convergé, tout comme la création de contenus et les RP. Nous le faisons déjà depuis 2025 pour nos clients chez Getfluence. Le côté réplicable grâce à l'IA agentique prendra également beaucoup de place, je pense. Bloquer les bots IA ? Non. Se retirer ne protège aucun trafic, l'IA ira trouver l'information ailleurs et vous ne la maîtriserez pas. Pour être sélectionné et être une réponse de recherche, le bot de recherche IA doit être autorisé.

Le regard d'Abondance (Victor Lerat) : Sur le blocage des bots, la réponse dépend de quel bot. Il y a trois familles : les robots d'entraînement (ceux qui nourrissent les modèles), les robots de recherche (ceux qui vont chercher une page pour construire une réponse) et les robots déclenchés par un utilisateur. Un éditeur peut légitimement fermer la première porte, c'est un choix éditorial et économique. Fermer la deuxième, c'est renoncer à être cité, donc à exister dans la réponse. Et chez Google, la question ne se pose même pas : l'AI Overview est construit par Googlebot, pas par un robot séparé. Bloquer Gemini via Google-Extended ne retire rien de l'aperçu. La seule manière d'en sortir est nosnippet, qui vous retire aussi des extraits classiques. Personne n'a intérêt à ça.
Google a-t-il intérêt à couper les clics ? Il a intérêt à garder les utilisateurs chez lui, et il a besoin que le web continue de produire ce qu'il résume. Les deux se contredisent, et il le sait : c'est pour cela que le shopping et le local sont épargnés, et que les liens restent dans l'aperçu. L'étape suivante, c'est l'agent qui compare, choisit et paie sans jamais afficher votre site. Les protocoles sont déjà là (WebMCP, UCP), et le partenariat entre OpenAI et Stripe en est une première démonstration.
Dans deux ans, mon pari : le SEO est le métier de ceux qui savent rendre une marque et ses données lisibles par des machines qui décident à la place des gens. Le web de demain sera agentique, c'est certain. Un agent comparera, choisira et achètera pour vous, sans forcément passer par votre page d'accueil.
Dans ce monde-là, deux choses feront la différence. La première, c'est la donnée que vous seul possédez et que personne ne peut reproduire : vos prix, vos stocks, vos délais, vos retours clients, votre historique. Elle dort souvent dans votre ERP ou votre CRM. Sortez-la, structurez-la, exposez-la : c'est elle qui fera de vous une source plutôt qu'un site parmi d'autres. La seconde, c'est la créativité. Si les machines lisent les données, les humains, eux, continueront de visiter les sites qu'ils ont envie de visiter. Une expérience qui donne envie de revenir, une marque qu'on a plaisir à retrouver, c'est ce qui échappera toujours au résumé automatique.
Nous sommes tous dans le même bateau, et c'est avec des données partagées, des tests et des retours d'expérience comme ceux de ce webinar que nos actions deviennent plus justes. Vous aurez la suite sur Abondance.
Pour aller plus loin
- La méthode des 4C de Getfluence : rendre votre marque visible dans les moteurs de recherche IA (Couverture, Clarté, Confiance, Contrôle).
- La checklist d'éligibilité AIO et ChatGPT de Getfluence : les points à vérifier pour qu'un site puisse être cité.
- Le pôle SEO / GEO de Datashake : l'accompagnement et les ressources de l'équipe de Thomas, dont le livre blanc sur l'accès des robots IA aux sites.
- Julien Bismuth sur LinkedIn.
- Thomas Casiez sur LinkedIn.
Un webinar organisé par Abondance en partenariat avec Getfluence. Merci aux 600 inscrits, et aux 88 d'entre vous qui ont pris le temps d'écrire leurs questions : cet article est le vôtre.
Article rédigé par Victor Lerat
Expert SEO Abondance
Article vérifié par Thomas Casiez
Directeur Général Adjoint SEO/GEO DataShake
Article vérifié par Julien Bismuth
Consultant SEO @Getfluence
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