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Affaire Patrick Bruel : le cri du cœur d’une célèbre comédienne, “notre pays regorge d’artistes et d’honneur qui n’ont jamais agressé personne”

Le débat sur les violences sexuelles connaît un nouvel élan dans le monde du spectacle. Après la mise en examen de Patrick Bruel pour viol, tentative de viol, agression et harcèlement sexuels, plusieurs personnalités ont vu des rendez-vous publics annulés. Face à cette mobilisation, Andréa Bescond, elle-même victime dans l'enfance, réclame une réponse mesurée.

Pourquoi Andréa Bescond défend les acteurs jamais mis en cause

Pour la comédienne, ces nouvelles manifestations prouvent que "les choses n'évoluent que dans la société civile". Elle refuse toutefois de se substituer à l'institution judiciaire et distingue nettement les accusations relayées par la presse des plaintes réellement déposées. À ses yeux, la responsabilité incombe d'abord aux producteurs : "Notre pays regorge d'acteurs et d'artistes hommes qui n'ont jamais agressé personne. Faisons travailler ces gens-là", plaide-t-elle. Cette prise de position n'a rien d'anodin.

Victime de violences pédocriminelles durant son enfance,

l’autrice des Chatouilles avait déjà porté ce combat sur scène, au point de devenir l’une des voix majeures de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Elle relie d’ailleurs la persistance des rassemblements aux failles de la justice : “Tant qu’il y aura plus de 90 % de plaintes classées sans suite et aussi peu d’écoute de la justice, il y aura des mobilisations citoyennes." En somme, elle appelle moins à bannir qu’à réformer.

Gérard Darmon, Édouard Baer et Daniel Cohn-Bendit rattrapés par leur passé

Plusieurs figures du cinéma et de la scène ont récemment renoncé à des apparitions. Le 22 mai, Gérard Darmon, 78 ans, a abandonné la présidence du jury du festival du premier film de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, après la fronde d'un collectif féministe. L'acteur de La Cité de la peur conteste ces accusations, portées fin 2024 par une enquête de Politis dans laquelle neuf femmes évoquaient propos et gestes déplacés.

De son côté, Édouard Baer, mis en cause en 2024 par Mediapart et Cheek pour des faits qu'il n'a jamais reconnus tout en présentant des excuses, a été pris pour cible par des militantes lors de la première de Cyrano, à Paris. Enfin, la présentation montpelliéraine du dernier ouvrage de Daniel Cohn-Bendit a été annulée, une pétition de plus de 7 200 signatures dénonçant d'anciennes déclarations sur la sexualité enfantine qui, resurgies, ont provoqué l'indignation. L'ancien eurodéputé récuse pour sa part tout amalgame : "C'est aberrant de comparer ce que j'ai fait avec des viols ou des meurtres."

Ce que le producteur Jean-Marc Dumontet dit de la présomption d'innocence

Le producteur de Cyrano, Jean-Marc Dumontet, adopte une position nuancée. S'il salue le "phénomène #MeToo", qu'il décrit comme un "mouvement de fond qui irrigue toute la société", il redoute néanmoins la tentation de "piétiner les droits les plus élémentaires". Effectivement, il interroge la mise à l'écart automatique de personnes visées par des accusations restées sans suite judiciaire : "Quand, deux ans après des accusations, il n'y a pas de suite judiciaire, une personne accusée doit-elle obligatoirement être mise au ban de la société ?"

Ce questionnement rejoint le principe qui protège encore Patrick Bruel : présumé innocent, le chanteur conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. Pour Andréa Bescond, l'enjeu dépasse toutefois les prétoires. La militante estime que si l'État et la justice s'étaient réellement remis en question après #MeToo, la parole des femmes serait aujourd'hui mieux entendue.