Affaire Delphine Jubillar : pourquoi l’identification des ossements pourrait prendre beaucoup de temps
Après les aveux de Cédric Jubillar, les enquêteurs ont découvert des ossements dans le Tarn qui pourraient appartenir à Delphine Jubillar, disparue en 2020, mais leur identification s’annonce longue et complexe selon la gendarmerie.
Publié le 16/07/2026 à 22:21
Identifier les ossements retrouvés jeudi dans le Tarn, qui pourraient être ceux de Delphine Jubillar, est « un cas de figure pas simple » pour l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie, souligne dans un entretien à l’AFP son directeur, avertissant que l’analyse pourrait « prendre du temps ».
Cinq ans et demi après la disparition de sa femme, Cédric Jubillar, qui a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, a avoué mercredi son crime devant la justice et a conduit jeudi les enquêteurs à l’endroit où il avait dissimulé le corps fin 2020.
« Une équipe pluridisciplinaire » composée « de sept spécialistes » est « actuellement sur site avec les enquêteurs » pour procéder « au recueil des traces et indices », indique à l’AFP le directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), le général Stéphane Calderara.
Il est essentiel que les équipes de l’institut se rendent elles mêmes sur place, car cela leur permet de garder la maîtrise du processus, « de A à Z », et de tracer chaque étape. « C’est très important par la suite pour expliquer des choses aux magistrats », précise-t-il.
« La première phase, c’est la fixation de la scène. On a déployé des équipes avec des drones, des moyens pour scanner la scène dans toute sa globalité, pour la figer », explique le général, qui dirige le laboratoire de sciences forensiques de la gendarmerie depuis fin 2024.
Ensuite, on procède « aux opérations de tamisage et de collecte de tout élément qui peut être utile à l’enquête », poursuit-il.
« Toute situation est unique », met en garde le général Calderara. « Là, on est sur une topologie de scène très particulière qui nécessite qu’on prenne le temps, qu’on prenne les précautions ».
Des ossements « qui pourraient être des ossements humains » ont été retrouvés sur les lieux, a déclaré jeudi le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet.
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Un cas « pas simple »
Ces éléments doivent être acheminés vers le laboratoire de l’IRCGN, situé à Pontoise (Val-d’Oise), pour tenter de « confirmer de manière irréfutable » qu’il s’agit bien des restes de Delphine Jubillar grâce à « toute une série d’analyses, notamment des analyses génétiques » menée grâce à des « techniques de pointe », détaille le général.
Cette troisième étape, celle de l’analyse des ossements, vise aussi, dans un second temps, à faire « la lumière sur ce qui a pu se produire au moment où le corps a été déposé sur le site », souligne-t-il.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, après qu’une dispute a éclaté avec son mari, selon le témoignage du fils aîné du couple.
« On travaille sur ce qu’on appelle des os anciens », confirme le général. « Donc l’ADN n’est pas forcément conservé d’une bonne manière (…) Il va falloir qu’on utilise des techniques classiques, mais si ça ne suffit pas, on passera sur des techniques plus complexes ».





« On est vraiment sur un cas de figure pas simple », qui nécessite des analyses pouvant « prendre du temps », tempère le directeur de l’IRCGN, créé en 1987 et où travaillent un peu moins de 300 personnes, essentiellement des gendarmes.
Un corps peut être formellement identifié grâce à ses empreintes digitales, ses restes dentaires ou son ADN, explique le général. « Le dentaire, ça peut aller très rapidement, puisqu’on a les données dentaires de la personne » recueillies ante mortem. « Si on ne recueille pas ces éléments-là, on aura la dernière chance qu’il nous reste : l’ADN ».
Mais, malgré le soin que les scientifiques vont porter à chaque pièce osseuse, « on ne pourra pas forcément conclure », avertit le général Calderara, car l’expert « est confronté aux limites scientifiques actuelles » et « ne peut pas forcément tout expliquer ».
« Là, dans le cas de figure, je ne veux pas m’avancer puisque c’est encore trop tôt, mais on met toutes les chances de notre côté », conclut-il.
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