Affaire Athanor : 25 et 30 ans de prison pour les têtes pensantes, quelles peines pour les trois Picards impliqués ?
La cour d’assises de Paris a condamné les principaux membres du réseau Athanor à de lourdes peines pour crimes organisés, tout en acquittant plusieurs accusés. Trois Picards attendaient le verdict de la justice.
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Les deux têtes pensantes de l’officine issue d’une loge maçonnique nommée Athanor ont écopé, vendredi 17 juillet 2026, de 30 et 25 ans de réclusion. Ils sont reconnus coupables d’agissements criminels par la cour d’assises spécialement composée de Paris, qui a par ailleurs acquitté cinq des 22 accusés de ce procès fleuve.
Les peines les plus lourdes ont été prononcées contre les deux fondateurs de l’officine et son homme de main : 30 ans de réclusion criminelle pour l’ancien agent des renseignements intérieurs, Daniel Beaulieu, 25 ans pour Frédéric Vaglio, son frère de loge chargé de décrocher les contrats criminels, et 27 ans pour Sébastien Leroy, le principal exécutant des contrats criminels. Dylan Bilheude, 33 ans, contre lequel le parquet général avait requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle, a lui été acquitté au bénéfice du doute.
Le couple de Picards avait-il commandité un meurtre ?
Alain M. et sa compagne Nancy étaient jugés pour meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs. La justice les soupçonnait d’avoir commandité le meurtre du pilote automobile Laurent Pasquali, tué en 2018 (son corps sera retrouvé 2019).
L’enquête avait établi que le couple avait prêté 100 000 euros au pilote sans jamais être remboursé. Pour tenter de récupérer l’argent, on les soupçonnait de s’être tourné vers un membre de la loge maçonnique Athanor se présentant comme un ancien agent des services secrets, qui aurait ensuite mobilisé un réseau ayant abouti à l’exécution de Pasquali. La cour a finalement estimé qu’ils n’avaient « pas donné instruction » de commettre le meurtre de Laurent Pasquali.
Le couple a toujours nié toute implication dans l’assassinat. Alain M. n’est pas un inconnu dans l’Oise. Médecin biologiste qui résidait à Lamorlaye, il dirigeait un centre de biologie médicale et il avait fondé, à Gouvieux et Senlis, le premier centre de procréation médicalement assistée du département, en 2004.
« Jeu de rôle absurde »
Meurtre, tentatives d’assassinat, passages à tabac, vols : le catalogue du réseau criminel, qui fonctionnait comme une véritable entreprise commerciale (avec des revenus, modestes estimés à 210.000 euros en huit années d’existence), s’était étoffé au fil des années, jusqu’à sa chute brutale en juillet 2020, avec l’arrestation de deux militaires à Créteil, Pierre Bourdin et Carl Esnault.
Pierre Bourdin était le troisième Picard impliqué dans l’affaire Athanor, lui en tant qu’exécutant. Carl Esnault avait expliqué qu’il pensait agir pour la DGSE, sans connaître l’ensemble de la mission, en vertu du cloisonnement, un principe clé de l’institution militaire.
Ils ont écopé respectivement de 12 et 9 ans de réclusion. Le parquet général avait réclamé 15 ans à l’encontre de Pierre Bourdin, condamné pour la tentative de meurtre d’une coach en entreprise.
Lors de ses derniers mots, Daniel Beaulieu, le grand orchestrateur, en fauteuil roulant depuis sa tentative de suicide en détention et comme assoupi pendant les débats, s’est levé, soutenu par trois policiers, et a lancé : « Pardon à la France que j’ai servie » et « aux victimes, pour ce que j’ai fait, accepté de faire, laissé faire ».
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