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Aéroport de Charleroi : les ennuis en escadrille

À l'aéroport de Charleroi, on doit se dire que lorsque les problèmes arrivent, ils volent en escadrille. Le mot "escadrille" est sans doute réducteur; celui de "déferlante" serait plus opportun. De prime abord, le fait que les syndicats du gestionnaire du trafic aérien Skeyes aient suspendu les actions de grève nocturnes à l'aéroport de Charleroi (BSCA) est plutôt une bonne nouvelle. Mais cette trêve ne préjuge en rien d'une paix sociale prochaine.

Cette énième grève mise à part, on peut se demander qui veut la peau de l'aéroport de Charleroi. Tous les acteurs concernés vantent à l'envi "ce pôle de développement wallon exceptionnel" ; pourtant, l'image de l'aéroport et sa crédibilité dans le secteur aérien ont pris de sérieux coups ces dernières années. Le conflit chez Skeyes, entamé il y a dix jours, n'est que la partie émergée de l'iceberg.

La grève à l'aéroport de Charleroi est suspendue par les syndicats du contrôleur aérien Skeyes

D'abord, le contrôle aérien relève du fédéral et l'aéroport de la Région. Ce morcellement des responsabilités pose problème dès que les intérêts divergent, et l'ambition affichée - 50 % de passagers de plus en cinq ans - les fait diverger. Longtemps, cette ambition s'est heurtée à l'attente du permis d'environnement, alors même que les travaux d'agrandissement de l'aéroport avaient commencé. Les investissements, eux, n'ont jamais été à la hauteur des attentes des directions successives.

À ce conflit actuel s'ajoutent ensuite des querelles "annexes", mais délétères : la fermeture de onze semaines de l'unique piste, prévue en 2028 pour rénovation, et la taxe de 3 euros par passager que la ville de Charleroi voulait imposer à BSCA. Sans oublier Ryanair, principal pourvoyeur d'activité, qui ne manque jamais une occasion de renvoyer le monde politique à ses contradictions sur la manière de développer l'activité à Charleroi.

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On n'oublie pas non plus les tensions communautaires et intra-régionales. Quant à la gouvernance de la société, elle tient de la chaise musicale : Jean-Claude Cloquet, Philippe Verdonck, puis Christophe Segaert en 2025. Trois CEO en moins de 6 ans, ce n'est pas idéal. Fautes stratégiques, bassesses politiques, petits jeux malsains entre aéroports : tout cela ruine l'idée même d'un pôle d'excellence. Et c'est une mauvaise nouvelle pour toute la Wallonie.

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