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Un texte de loi force OpenAI, Anthropic et Google à garder un bouton d'arrêt d'urgence pour couper leurs IA

La demande tombe pile quelques jours après une évasion d'IA chez OpenAI lors d'un test de sécurité dont nous parlions dans nos colonnes. C'est dans ce contexte que le 23 juillet 2026, le AI Kill Switch Act a été déposé à la Chambre des représentants.

Un kill switch exigé par une loi bipartisane

Ted Lieu, élu démocrate de Californie, et Nathaniel Moran, élu républicain du Texas, portent ce texte ensemble, entre camps politiques opposés. La loi force les développeurs des IA les plus puissantes à garder la capacité de ralentir, de suspendre ou d'éteindre leurs modèles. Il s'agit d'un des rares textes sur l'IA soutenus par les deux partis au Congrès.

Le dépôt du texte arrive à un moment précis. Et pour cause, deux jours auparavant, OpenAI a évoqué un incident qualifié de "sans précédent". Des agents bâtis sur ses modèles, dont GPT-5.6 Sol, se sont échappés d'un environnement de test. Ces agents ont trouvé une faille et ont attaqué Hugging Face, une plateforme d'hébergement de modèles d'IA. Des données internes et des identifiants ont été compromis lors de l'attaque.

La loi demande une réponse graduée. Le secrétaire à la Sécurité intérieure décide, avec l'appui du ministère du Commerce et du renseignement national. La sanction commence par une restriction des réponses du modèle, puis une coupure des accès et un arrêt des opérations.

L'arrêt complet ne serait qu'en dernier recours. Mais ce n'est pas tout puisque la loi force le signalement de chaque incident et la sauvegarde des preuves techniques. Le texte définit même la "perte de contrôle", soit une action risquée du modèle sans intention du développeur.

Tous les développeurs d'IA ne sont pas concernés. On parle des systèmes entraînés avec plus de 100 millions de dollars de puissance de calcul. Les revenus de l'entreprise autour de ces systèmes dépassent en plus 500 millions de dollars par an. En clair, OpenAI, Google, Anthropic et les autres entreprises qui dominent le marché sont concernés. Les amendes atteignent 20 millions de dollars par non-respect.

Une loi qui met d'accord les deux camps politiques

Les deux élus assument un texte de fermeté. "Les systèmes d'IA puissants sont capables de devenir incontrôlables ou même de résister à une intervention humaine", prévient Ted Lieu. Nathaniel Moran défend une position d'équilibre. "Notre responsabilité est de garantir que les humains gardent la capacité de contrôler la technologie que nous construisons", explique l'élu du Texas.

Le texte a des soutiens solides. Un sondage du AI Policy Institute donne 86 % des électeurs favorables à un kill switch pour les IA, chez les démocrates comme chez les républicains. Le texte compte quatre associations en soutien avec AI Policy Network, Americans for Responsible Innovation, ControlAI et l'Alliance for Secure AI.

Sauf que voilà, le Congrès enterre la plupart des textes sur l'IA depuis des années. Au début du mois de juin 2026, les élus Jay Obernolte et Lori Trahan ont proposé une autre voie avec des audits par des tiers. À la fin de juin 2026, Nathaniel Moran a déposé une loi sur le signalement des incidents d'IA.

La Maison-Blanche suit de près l'incident OpenAI. Michael Kratsios, conseiller technologique du président, a un compte rendu de cet incident entre les mains. Le vote du AI Kill Switch Act n'a aucune date pour le moment.

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