Bulle de l’IA : le FMI alerte sur 1400 milliards de dollars de commandes à crédit qui menacent l’économie mondiale
Les observateurs redoutent depuis longtemps le scénario d’un éclatement de la bulle IA. Dans son rapport d’octobre 2026 sur la stabilité financière mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) confirme ces craintes. Si les vendeurs de pelles de cette ruée vers l’or (Nvidia, TSMC, AMD, Micron…) enregistrent des bénéfices historiques grâce à des carnets de commandes pleins sur plusieurs années, le reste de l’écosystème repose sur un endettement massif. Une mécanique en vase clos qui pourrait s’effondrer comme un château de cartes au moindre faux pas.
Un financement de l’IA qui fait craindre le pire des scénarios au moindre ralentissement
Le financement circulaire lié au développement de l’intelligence artificielle inquiète une nouvelle fois le FMI. Le principe est simple : les géants du secteur prêtent de l’argent à des start-up pour qu’elles leur achètent en retour des puces ou de la puissance informatique.
En analysant 14 transactions publiques conclues depuis 2023, l’institution a découvert que les hyperscalers (comme Microsoft, Google ou Amazon) ont injecté 300 milliards de dollars dans des entreprises d’IA “financièrement plus faibles”. En y ajoutant 650 milliards de dollars d’emprunts, cette manne a généré 1400 milliards de dollars de futures commandes de puces et de services qui reviennent directement dans la poche des prêteurs.
Une concentration qui crée un “risque de corrélation défavorable” majeur selon les économistes du FMI. Si l’une de ces entreprises fait défaut, les géants de la tech perdront à la fois l’argent investi et les milliards de chiffre d’affaires promis dans leurs carnets de commandes. Or, ces mastodontes voient leurs trésoreries fondre face aux dépenses d’infrastructure nécessaires pour ne pas perdre la course de l’IA. Ils représentent d’ailleurs désormais 10 % des emprunts mondiaux réalisés par les entreprises les plus solides, contre moins de 1 % fin 2024.
En l’espace de deux ans, les fonds d’investissement ont aussi massivement parié à crédit sur les stars de l’IA pour un montant qui pèse désormais 15 % du PIB des pays riches (contre 10 % auparavant). Même constat chez les petits porteurs : les produits financiers à effet de levier, permettant de multiplier les gains et les pertes, misent désormais à 28 % sur quelques actions phares de la tech, contre 16 % en 2024.
Si l’IA a soutenu la croissance mondiale face au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient, des “investissements et une rentabilité plus faibles ou moins durables” déclencheraient de lourdes ventes forcées, faisant ainsi chuter brutalement l’ensemble des Bourses mondiales. Selon le FMI, une telle correction amputerait le PIB mondial de 0,4 %, l’investissement de 1,3 % et la consommation de 0,6 % d’ici 2028. Même si le système bancaire resterait “globalement résilient” d’après les simulations menées par l’institution, 22 % des actifs bancaires mondiaux se retrouveraient tout de même fragilisés en cas de crise.
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