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“Acte III” de la colère lycéenne en France: 86.000 manifestants recensés dans la matinée

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Des dizaines de milliers de lycéens vont de nouveau manifester mardi partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement qui ne parviennent pas à baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.

M.G

6 octobre 2026, 13:14

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13:08

Les manifestations organisées mardi matin ont rassemblé 86.000 personnes, hors Paris

Les manifestations organisées mardi matin dans plusieurs villes de France, hors Paris, dans le cadre du mouvement des lycéens, qui réclament davantage de moyens, ont rassemblé 86.000 personnes, a annoncé à l'AFP le ministère de l'Intérieur.

Les cours ont été suspendus, partiellement ou totalement, dans près de 900 établissements, soit un quart d'entre eux, selon des chiffres également communiqués par le ministère, avant que le début d'une manifestation à Paris, soutenue par les syndicats d'enseignants et qui pourrait rassembler 20.000 à 40.000 manifestants, selon une source policière.

© AFP

12:40

"Comment ça va la Gen Z?": le député LFI Louis Boyard en première ligne devant un lycée bloqué

C'est par des confettis et une ovation générale que Louis Boyard a été accueilli mardi matin devant le lycée Michelet de Vanves, en plein blocage. L'occasion pour le député LFI de louer la politisation de la jeunesse et de faire preuve de sa maîtrise des codes des réseaux sociaux. "Quand arrive un élu insoumis avec son écharpe, il est acclamé. De ma vie politique je n'ai jamais vu ça", assurait lundi soir Jean-Luc Mélenchon.

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Et ce n'est pas Louis Boyard qui va le contredire. L'élu du Val-de-Marne a oublié son écharpe dans sa voiture, mais il n'en a pas eu besoin, mardi, pour être immédiatement identifié par ces élèves des Hauts-de-Seine. Rapidement, il monte sur les poubelles amassées devant la grille du lycée et prend le micro.

"Comment ça va la Gen Z?", lance l'élu de 26 ans pour chauffer la foule d'adolescents réunie dans la bonne humeur et dans la fraîcheur matinale de l'automne pour ce troisième jour de blocage au lycée Michelet. "Pourquoi cette génération ferait du 8h/18h pour finir par être rejetée par Parcoursup?", dont les Insoumis demandent l'abrogation, déroule-t-il. Et quand les lycéens lancent un chant "Boyard, Boyard", l'intéressé entonne en retour un chant "On va gagner!"

Louis Boyard à Vanves, le 6 octobre 2026.
Louis Boyard à Vanves, le 6 octobre 2026. © AFP

"C'est un lien de lutte qui nous unit. Ce n'est pas un lien de fans qu'ils ont avec moi", explique à l'AFP l'ancien syndicaliste lycéen. Il n'empêche que la popularité auprès des jeunes est bien réelle pour Louis Boyard, qui compte près de 2 millions d'abonnés sur TikTok. Il est le quatrième responsable politique français le plus suivi sur ce réseau, après Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. Un réseau social dont il parle parfaitement la langue.  Quand un lycéen s'exclame "Wallah, il sait", Louis Boyard répond ainsi du tac au tac: "J'ai la réf! (la référence, ndlr) Combien il y a de politiques qui ont la ref?".

La phrase est une "trend" TikTok, un contenu devenu viral. Elle accompagne des vidéos humoristiques, parfois en lien avec les blocages d'établissements scolaires, où des personnes ont le regard perdu dans le vide. "J'ai toutes les refs, tu m'auras sur rien!", insiste Louis Boyard quand un autre adolescent lui lance un défi. 

Louis Boyard à Vanves, le 6 octobre 2026.
Louis Boyard à Vanves, le 6 octobre 2026. © AFP

Mais le député récuse toute récupération politique de la part du mouvement de gauche radicale, alors que les Insoumis sont accusés par le gouvernement d'instrumentaliser la grogne et de mettre le feu aux poudres. "On ne vient sur un lycée que quand on nous en fait la demande. C'est eux qui nous récupèrent", assure-t-il. "Ça leur fait plaisir de me voir parce qu'ils suivent ce que je fais sur les réseaux. Je suis un point de passage entre les revendications des jeunes sur les réseaux et les échanges à l'Assemblée nationale", ajoute-t-il. Son entourage assure recevoir des centaines de sollicitations de lycéens, sur les réseaux sociaux ou par mail.

12:10

La CNCDH dénonce un "recours disproportionné à la force" contre les manifestants

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a exprimé mardi sa "vive inquiétude" sur le "recours disproportionné à la force" face aux mobilisations lycéennes, et appelé le gouvernement "à renforcer le dialogue avec la jeunesse" et à "garantir l'exercice de leurs droits".

"En sa qualité d'institution nationale des droits de l'homme", la CNCDH, organe chargé de conseiller le gouvernement, souligne dans un communiqué que "la gestion des contestations lycéennes exige avant tout mesure, écoute et strict respect des libertés fondamentales", et elle "met en garde" contre "la tentative d’assimiler l'ensemble du mouvement lycéen aux violences illégitimes qui peuvent être commises en marge des manifestations, et ainsi justifier une répression exacerbée".

11:37

Des milliers de personnes ont commencé à défiler

Des milliers de lycéens, étudiants, parents ou syndicalistes ont commencé à défiler mardi matin dans plusieurs villes en France, comme à Nantes, Marseille ou Lyon, pour un "acte III" du mouvement et réclamer des moyens pour l'éducation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À Nantes, un vaste cortège de plusieurs milliers de personnes, lycéens, parents ou syndicats, s'est élancé peu avant 11h00, derrière une banderole marquée "Écoles sans argent, pays sans avenir". Les manifestants, souvent adolescents, tenaient des pancartes marquées "Jeunesse fâchée, pas facho" ou "Lancez des profs, pas des lacrymo".

Des manifestants à Nantes, le 6 octobre 2026.
Des manifestants à Nantes, le 6 octobre 2026. © REUTERS

À Marseille, un imposant cortège de milliers de lycéens, parents, professeurs mais aussi nombreux syndicalistes s'est élancé peu avant 11h00 depuis le haut de la célèbre Canebière.

La CGT a mobilisé plus d'une centaine de militants pour assurer le service d'ordre et "sécuriser" le cortège face à une "répression policière" jugée "insupportable", explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l'Union départementale CGT 13.

Plusieurs milliers de personnes se sont aussi élancées vers 10h30 de la place Bellecour dans le centre de Lyon, en scandant notamment "solidarité avec les lycéens réprimés" ou "on est jeune, déter (déterminé, ndlr) et révolutionnaire".

Parmi les drapeaux, ceux de syndicats (CGT, FSU, Snes), d'organisations lycéennes ou de parents d'élèves, et de quelques partis de gauche (LFI, NPA).

Des cortèges sont prévus dans d'autres villes mardi après-midi. À Paris, la manifestation doit s'élancer à 14h00 de la place de la République, jusqu'à Nation.

10:47

"Notre priorité absolue est de protéger nos élèves", affirme Geffray

"Notre priorité absolue est de protéger nos élèves", a affirmé mardi le ministre de l'Education nationale Édouard Geffray, assurant être "en train de traiter" les revendications des lycéens qui s'apprêtent à manifester dans la journée.

Le ministre a qualifié de "drame", sur franceinfo, le fait qu'un adolescent de 15 ans ait eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi. "Depuis le début, j'ai appelé au dialogue, à ne pas encourager les blocages parce que dès les premiers jours, on a vu des éléments ultraviolents infiltrer les mouvements lycéens", a affirmé le ministre.

Il a souligné que "215 élèves ont été blessés, dans leur immense majorité par des individus violents" depuis le début du mouvement et "dans ce cas-là, il faut interpeller les individus qui mettent en danger la vie des autres", a-t-il affirmé.

Trouvant "très sain pour la démocratie sociale lycéenne qu'il y ait une manifestation" déclarée, M. Geffray a assuré que "(sa) préoccupation première est que les élèves et personnels soient protégés". "Les revendications lycéennes, je suis en train de les traiter", a-t-il ajouté.

10:31

Le PS veut interdire les armes mutilantes

Le chef des députés socialistes à l'Assemblée, Boris Vallaud, a annoncé mardi que son groupe allait déposer une proposition de loi pour que face à des manifestations impliquant des mineurs, les forces de l'ordre ne puissent plus utiliser d'armes mutilantes ou de "pratiques brutales".

"Nous déposerons une proposition de loi pour que lorsqu'il s'agit de manifestations lycéennes, avec une majorité de mineurs (...), il n'y ait pas d'utilisation de grenades de désencerclement, de LBD (lanceur de balle de défense, NDLR) ou de pratiques brutales comme l'étranglement", a expliqué le député des Landes sur RMC.

Alors que le mouvement lycéen, accompagné de nombreuses violences, ne faiblit pas, plusieurs jeunes ont été blessés à la suite d'interventions des forces de l'ordre. Un lycéen de 15 ans a notamment eu la main arrachée par une grenade policière lundi à Lens. 

Dix enquêtes ont été ouvertes par l'inspection générale de la police nationale depuis le début du mouvement mi-septembre. 

Rappelant que parmi les  jeunes interpellés, "85%" étaient mineurs, Boris Vallaud a réclamé "une réponse d'abord éducative". Or, a-t-il observé, "la cellule de crise face au mouvement des lycéens s'organise place Beauvau et pas rue de Grenelle", c'est-à-dire au ministère de l'Intérieur et non à celui de de l'Éducation.

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10:28

Paris, Nantes, Lyon, Marseille, Strasbourg... Les premières manifestations s'élancent en France, avec des cortèges composés de lycéens et d'étudiants mais aussi de professeurs, de parents d'élèves, de syndicalistes et d'autres personnes venues soutenir la mobilisation.

10:05

Les Ecologistes appellent à manifester en blanc

Les Ecologistes ont appelé élus et parents à rejoindre la mobilisation lycéenne mardi après-midi "avec des casques blancs, des brassards blancs, des vêtements blancs, pour aller protéger nos enfants dans les manifestations", a déclaré leur cheffe Marine Tondelier.

"Toutes familles politiques confondues, on devrait avoir en commun ce souci de permettre à nos jeunes, ceux qui le souhaitent, d'exprimer leurs revendications en sécurité", a-t-elle déclaré devant un lycée de Lens (Pas-de-Calais) au lendemain d'un incident au cours duquel un élève de l'établissement a eu la main arrachée par une grenade policière, dans des circonstances restant à déterminer.

"Moi, j'y serai. Et je pense que si je suis capable d'y être cet après-midi, tout le monde peut l'être", a estimé Mme Tondelier, qui a accouché il y a moins de trois semaines d'un petit garçon.

09:38

Les forces de l'ordre mobilisées

Les forces de l'ordre seront encore mobilisées pour le nouvel épisode d'une mobilisation qui a déjà connu son lot d'affrontements et de blessés : plus de 700 chez les forces de l'ordre et près d'une centaine chez les personnels de l'éducation, selon les chiffres officiels.

Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14h00, quelque 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20.000 et 40.000 manifestants. La vigilance des autorités porte aussi sur d'éventuels "prérencards" dès la mi-journée dans plusieurs endroits de la capitale, sans déclaration préalable en préfecture.

© NLBeeld

09:37

Climat politique tendu

A un peu plus de six mois de la présidentielle, élection qui verra certains des lycéens mobilisés voter pour la première fois, cette mobilisation s'étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.

Il existe une "génération qui a l'impression de ne pas suffisamment être prise en compte dans l'élaboration des décisions qui la concernent directement", a estimé lundi Édouard Geffray, un ministre de l’Éducation jusqu'ici discret propulsé en première ligne pour tenter de contenir l'incendie.

A l'image d'un gouvernement qui, entre rétablissement de l'ordre public et écoute des revendications d'un mouvement sans porte-parole très identifié, marche sur un fil pour gérer l'une des crises les plus délicates à laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu est confronté depuis son arrivée il y a un an à Matignon.

Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées "dans un cadre pacifique", a indiqué lundi soir Matignon, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de "renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique".

Sébastien Lecornu
Sébastien Lecornu © AFP

09:36

Ce que les lycéens réclament

Les lycéens, mobilisés pour réclamer des moyens, dénoncer l'insalubrité des bâtiments, le non-remplacement de professeurs, notamment dans les quartiers populaires, ou encore les pressions et inégalités liées à la plateforme post-bac Parcoursup, devraient aussi recevoir mardi le renfort des étudiants.

"On appelle à massivement bloquer tous les lieux d'études pour être en capacité de continuer à faire grandir la mobilisation et se retrouver avec une convergence des lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi des travailleurs et des travailleuses, d'autres secteurs qui commencent à nous appuyer", a expliqué Eloïse Lefebvre-Milon, de l'Union étudiante, qui recensait une trentaine de sites bloqués déjà lundi.

© REUTERS

09:35

Les chiffres depuis le début du mouvement

Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés, "l'immense majorité" l'ayant été "soit dans le cadre d'accidents", "soit par le fait d'autres individus extérieurs", selon Matignon. 

Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi - la gauche s'est immédiatement insurgée contre la doctrine de maintien de l'ordre du gouvernement. À Tours, la semaine dernière, un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage, le parquet a évoqué des lésions "compatibles" avec un tir de LBD.

Quelque 6.059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et plus de 5.000 personnes, essentiellement des mineurs, ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur. Dix enquêtes ont été ouvertes par la "police des polices" depuis le début du mouvement, selon l'entourage du ministre Laurent Nuñez.

09:35

Le soutien des syndicats

Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.

"Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", selon sa responsable Sophie Binet, alors que les blocages de lycées et rassemblements se sont accompagnés de nombreuses tensions avec les forces de l'ordre. 

La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire "converger" les "colères" et à rejoindre la mobilisation des lycéens avec leurs tracteurs.

09:34

Bienvenue sur ce live!

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