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Zurich : pas de pénurie d'eau potable en vue jusqu'en 2070

La canicule fait baisser les réserves d’eau en Suisse et pousse de nombreuses communes à prendre des mesures. Cet été, au moins 150 d'entre elles ont déjà interdit de remplir les piscines ou d'arroser les jardins. A Zurich, en revanche, les autorités se veulent rassurantes: malgré la hausse de la consommation, la ville dispose de réserves suffisantes jusqu'en 2070.

Dans un centre de régulation qui ressemble à une tour de contrôle aérien, deux employés surveillent en permanence l'état du réseau d'eau potable zurichois. Le dispositif fonctionne 24 heures sur 24 et permet notamment à la Ville de soutenir une soixantaine de communes environnantes, soit un bassin de près d'un million de personnes.

"Certaines de ces communes ne sont pas situées directement au bord du lac. Nous pouvons ainsi venir en aide à celles qui se trouvent, pour ainsi dire, derrière la colline, explique Michael Baumer, municipal chargé des Services industriels, vendredi dans La Matinale de la RTS. Les communes agricoles dépendent davantage des eaux souterraines, qui peuvent se raréfier durant les périodes de sécheresse."

Le lac de Zurich, une réserve stratégique

Le principal atout de Zurich est sa situation géographique. Le lac fournit environ 70% de l'eau potable de la ville, contre plutôt 20% dans les autres villes suisses. L'eau est captée à quelque 35 mètres de profondeur, puis traitée avant d'être distribuée.

La ville ne dépend toutefois pas uniquement du lac. Elle exploite également les eaux souterraines et les eaux de source. Elle peut aussi faire infiltrer de l'eau de rivière dans le sol avant de la récupérer grâce à des puits. Cette diversification renforce la sécurité de l'approvisionnement.

Le lac de Zurich fournit environ 70% de l'eau potable de la ville. [RTS - Valentin Jordil]
Le lac de Zurich fournit environ 70% de l'eau potable de la ville. [RTS - Valentin Jordil]

Malgré ces réserves, l'eau reste une ressource précieuse. "Nous devons utiliser l'eau avec parcimonie", rappelle Adrian Rieder, responsable de la distribution de l'eau à Zurich.

Une capacité encore suffisante

Zurich dispose par ailleurs d'une capacité de production importante. Dans les années 1960 et 1970, les autorités avaient anticipé une consommation bien supérieure à celle qui a finalement été enregistrée. La consommation a ensuite diminué, notamment avec le recul de l'industrie et l'arrivée d'appareils plus économes en eau.

La tendance pourrait désormais s'inverser avec la croissance démographique et la densification de la région. Le nouveau plan directeur prévoit ainsi une consommation pouvant atteindre environ 300'000 mètres cubes par jour lors des pics en 2040, contre 242'000 actuellement.

Les autorités estiment néanmoins ne pas avoir besoin de développer une nouvelle ressource d'urgence. Une étude a notamment écarté l'exploitation des nappes phréatiques au nord de la ville, jugée trop coûteuse au regard du faible risque de défaillance du lac comme source d'eau potable.

Des infrastructures à renouveler

Le principal défi se situe plutôt du côté des infrastructures. Certaines canalisations ont près de 100 ans et doivent être remplacées. La Ville prévoit de renouveler environ 25 kilomètres de conduites chaque année, ainsi qu'une partie d'une conduite de source de 30 kilomètres provenant des vallées de la Sihl et du Lorzental.

Les investissements nécessaires sont estimés entre 35 et 45 millions de francs par an. A terme, une hausse des redevances d'eau pourrait être nécessaire pour financer ces travaux.

Des solutions en cas de panne

Zurich dispose aussi de plusieurs dispositifs de secours. Des groupes électrogènes peuvent maintenir certaines installations en fonctionnement pendant plusieurs semaines. L'eau peut également être acheminée depuis des captages extérieurs à la ville sans dépendre d'une source d'énergie externe.

Enfin, un réseau de galeries souterraines permet de transférer l'eau entre différentes zones et de remplir les principaux réservoirs. Une redondance essentielle pour garantir l'approvisionnement, même lorsqu'une installation est temporairement indisponible.

Valentin Jordil