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À Tende, le salon du « vrai vin » réunit des vignerons artisans venus de plusieurs pays d’Europe

Comme chacun sait, le bon vin se consomme avec parcimonie afin de l’apprécier à sa juste valeur. Ce ne sont pas les vignerons producteurs et les particuliers venus au salon du « vrai vin » - ou « veru vin » en Tendasque - qui diront le contraire.

« Notre projet est encore naissant », explique modestement Vincent Berlingeri, à l’initiative de cet événement avec Carine son épouse, tous deux patrons de la pizzeria La Margueria. Cette année Camille Burle et Thomas Guernion du restaurant La Maison de la Pia se sont joints à l’organisation.

« Nous accueillons des artisans vignerons de Provence et du Piémont. Avec le tunnel du col de Tende ouvert en circulation alternée, il y a une belle montée en puissance des Italiens qui sont une quinzaine cette année, explique Vincent Berlingeri ».

Pour la Provence, les vignerons viennent de l’Hérault, des Alpes-Maritimes, des Hautes-Alpes, du Gard. Un brassage européen aussi avec la participation de vignerons cavistes autrichiens et hongrois (lire plus loin).

C’est un salon simple, sans prétention, mais authentique « pourvu qu’il corresponde à notre éthique », précise Vincent.

Du bio, du bon, du vrai

« Les vignerons présents viennent tous avec les valeurs bio et avec le même principe de travail très rigoureux, ajoute-t-il. C’est notre volonté. Ici, pas d’industrie du vin avec des ajouts ou des pesticides ! Ce salon restera comme ça et n’ira pas au-delà de cette capacité. C’est très éclectique et artisanal. On n’est pas dans une démarche hyper commerciale ni technique. On essaie aussi de favoriser de jeunes vignerons qui commencent leur activité comme ceux du Domaine Croix Rousse à Puget-ville ou encore le Domaine de Lavellan à Colobrières ».

Sans pouvoir les citer tous, on notera la présence des vignobles qui chantent le bon et « vrai vin ». Et qui étaient là dès les débuts, comme le Clos Saint-Joseph, le Domaine Roustan ou encore le Champ du possible.

Sur ce salon, c’est la qualité qui prime, « sans se prendre la tête mais en travaillant sérieux pour apporter la qualité », déclare un vigneron.

Pour être attractif et se démarquer des breuvages aux noms ordinaires, des bouteilles aux étiquettes atypiques apportent un brin d’humour.

Ainsi, Les poules rieuses ou Coquin de sort appâtent les chalands et leur donnent à voir des vins prêts à velouter les palais.

Les brasseurs conviés

Il n’y a pas que le vin. Olivier, invité pour diversifier l’offre, est brasseur à Nice depuis 12 ans. Sa Brasserie artisanale dans le quartier Libération propose des bières bio locales, classiques ou blanches avec liqueur, fraise, citron de Menton, bergamote, courge et épices, ainsi que la bière « à la mode » IPA (India Pale Ale).

Julian quant à lui a créé sa distillerie à Nice il y a trois ans. Il cible les plantes locales des Alpes-Maritimes et du Var pour faire des liqueurs avec les citrons, la menthe, les clémentines de Vallauris, la Verveine, le mélèze, arbre de la région par excellence.

Brasseurs, vignerons artisans producteurs d’ici ou d’ailleurs, particuliers et professionnels étaient au rendez-vous. Pour sa 5e saison, le salon du « vrai vin » à Tende s’offre de belles vendanges, faites de rencontres et d’échanges entre épicuriens.

Ils ont fait 1.500 km pour veru vin

Les vignerons hongrois ont fait le déplacement jusqu’à Tende pour faire découvrir leur savoir-faire.
Les vignerons hongrois ont fait le déplacement jusqu’à Tende pour faire découvrir leur savoir-faire.
Photo Anne-Marie Maucorps

Orsanya est hongroise. Elle habite à Tende et est kinésithérapeute à l’hôpital du village. « Mon oncle a suivi une reconversion de vigneron il y a six ans, explique-t-elle. Son petit domaine est au nord-est de la Hongrie à 1.500 kilomètres de Tende. Le terrain est volcanique avec un micro climat propice à la culture de la vigne. Ce salon est une belle opportunité pour les faire venir et pour faire découvrir le vin hongrois. Ses vins ont déjà été primés à Budapest et y sont vendus dans les restaurants ».

« Les vins hongrois ont leur particularité, leur sensibilité et sont tout à fait à la hauteur » reconnaît Vincent Berlingeri.

Cette reconnaissance est une fierté pour ces vignerons venus pour faire connaître leur travail et leur production en toute humilité parmi les « grands ». « Les vendanges vont bientôt commencer en Hongrie, la chaleur étant précoce cette année. Dans un mois, je vais passer mes vacances à vendanger chez ton-ton », déclare Orsanya tout sourire.