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À Paris, un président d’université démissionne après avoir demandé l’intervention de CRS sur le campus

L’intervention des forces de l’ordre sur le campus Nation le 5 octobre dernier avait suscité la colère des étudiants qui exigeaient la démission de Daniel Mouchard-Zay.

Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

Après avoir demandé l’intervention de la police sur le campus Nation, le président de la Sorbonne Nouvelle annonce sa démission, effective le 11 décembre.

STR / NurPhoto via AFP

Après avoir demandé l’intervention de la police sur le campus Nation, le président de la Sorbonne Nouvelle annonce sa démission, effective le 11 décembre.

Depuis sa demande d’ « intervention des forces de l’ordre pour évacuer » l’un de ses campus, il est « sincèrement désolé » et dit prendre « pleinement la mesure de la forte fragilisation de la confiance ». Le président de l’université Sorbonne Nouvelle, Daniel Mouchard-Zay, a annoncé dans un e-mail adressé aux enseignants et étudiants sa démission. « L’intervention des forces de l’ordre pour évacuer le campus Nation lundi 5 octobre a profondément ébranlé notre communauté ».

Cette démission, qui concerne l’ensemble de l’équipe de la présidence de l’université, ne prendre toutefois effet qu’à compter du 11 décembre prochain. En cause : les « échéances budgétaires » que le président ne souhaite pas « compromettre ». « J’entends l’expression des émotions, de la peur et de la colère des nombreux personnels et étudiants témoignant avoir subi les effets de cette journée », poursuit-il dans son message.

Se « mobiliser en sécurité »

Les faits remontent au 5 octobre dernier. À l’issue d’une assemblée générale de lycéens et étudiants sur le campus Nation de l’université, Daniel Mouchard-Zay avait demandé aux forces de l’ordre d’évacuer les lieux.

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, des étudiants avaient ouvertement demandé la démission du président et exigé des « excuses publiques ». « L’université est censée être un lieu de débat, ouvert, où on peut se mobiliser en sécurité », a souligné la secrétaire générale de l’Unef Sorbonne Nouvelle, Anne-Edith Fraisseix.

Auprès de nos confrères de l’AFP, la présidence avait assuré que la décision d’appeler la police était « difficile » mais qu’elle « s’imposait » pour sécuriser les biens et les personnes face à une assemblée générale qui dégénérait.