À moins de dix jours de la Coupe du monde de hockey, Wavre est en effervescence : "Cette Coupe est une vitrine unique pour notre sport"
Bruxelles a beau incarner le berceau historique du hockey belge, le Brabant wallon n'a rien à lui envier. Aujourd'hui, 10 clubs font la fierté de la Jeune province, et tous ont le sourire en termes d'affiliés, à l'image du jeune club de Grez, fondé en 2018, qui a vu son nombre de membres passer de 120 à 300 membres en moins d'un an et demi.
À l'échelle du pays, ce sont désormais près de 62 000 pratiquants (dont 30 000 pour la Wallonie et Bruxelles, un nombre qui a doublé en 10 ans) qui s'adonnent à cette discipline, qui traîne pourtant encore une réputation de sport "bourgeois"." La raison est historique puisque, par le passé, la pratique était concentrée dans certaines villes, comme Uccle, Anvers ou Gand, et c'était plutôt la bourgeoisie qui jouait au hockey, précise Marie Brasseur, présidente de la Ligue francophone de hockey. Mais cela s'est démocratisé, notamment grâce aux bons résultats de nos équipes nationales, qui ont attiré l'attention des médias. Le public s'est intéressé au hockey et des personnes venues d'autres horizons sont arrivées. Ce sport continue de se populariser."
280 € par an au Rix
L'image du Brabançon wallon obligatoirement adepte du hockey reste toutefois bien ancrée. "Ce n'est pas forcément juste, se défend la présidente de la LFH. Si l'on regarde l'offre proposée aux jeunes avec deux à trois entraînements par semaine plus le match, les cotisations restent raisonnables, même si cela varie fortement d'un club à l'autre. Pour un U14 en Brabant wallon, dans un club comme Rixensart, il faut compter environ 280 euros par an. À cela s'ajoutent l'équipement, une centaine d'euros pour un ensemble tee-shirt/short/chaussettes, et le stick, à partir de 40 à 50 euros. Certains clubs, qui appliquent un droit d'entrée, sont plus chers. Mais en comparaison, le football n'est pas moins onéreux."
De longs déplacements
Il existe toutefois plusieurs obstacles à cette évolution : de longs déplacements et le manque d'infrastructures. "La Belgique ne compte qu'un peu plus d'une centaine de clubs (111 précisément), ce qui reste peu, note Marie Brasseur. Or, le chiffre d'affiliés a quasiment doublé en 10 ans, après une croissance longtemps exponentielle. Cette année encore, nous affichons 2 % de croissance au niveau de Bruxelles et de la Wallonie. C'est réjouissant, mais il faut suivre derrière avec les infrastructures : un seul terrain limite un club à 450-500 membres environ. Certains clubs, comme Rixensart, montent jusqu'à 700, mais cela devient compliqué à gérer sur le terrain." Et la Coupe du monde organisée cet été à Wavre devrait encore amplifier cet engouement. "Il est clair que cette Coupe du monde est une vitrine unique pour notre sport."
Wavre, capitale mondiale du hockey cet été
Wavre a été désignée ville hôte de la FIH Hockey World Cup 2026, aux côtés d'Amsterdam. La candidature wavrienne s'est appuyée sur plusieurs arguments : une localisation centrale, des infrastructures neuves et une volonté politique de promouvoir le sport en Brabant wallon.
Pour la Coupe du monde de hockey, le centre de Wavre met les petits plats dans les grands"Jusqu'ici, pour les grandes compétitions, comme la Coupe d'Europe organisée à Anvers, il fallait monter des tribunes temporaires. Nous cherchions à l'origine un stade national, plutôt du côté de Bruxelles, mais le projet n'a jamais abouti, confie Marie Brasseur, présidente de la Ligue francophone de hockey. C'est Françoise Pigeolet (NDLR : l'ancienne bourgmestre de Wavre) qui a entendu que la Fédération cherchait un site et a proposé le stade de Wavre, qui n'était plus utilisé et qui était délabré. Elle a invité la Fédération et la Région wallonne à venir le voir, et tous ces acteurs se sont associés pour financer la rénovation qui était de près de 11 millions d'euros. Il est clair que nous, en tant que fédération, on ne pouvait pas supporter seule un tel coût."
Le stade a été inauguré le 1er avril dernier, avec un match Belgique – Pays-Bas.
Une première historique
Le moment est historique pour le sport belge. C'est en effet la première fois qu'une Coupe du monde dans un sport d'équipe est organisée sur le sol francophone belge.
Ce n'est, par contre, pas la première fois que la Belgique accueille des événements majeurs en hockey. En 2013, Boom avait accueilli les championnats d'Europe, tout comme Anvers en 2019. L'Euro juniors 2021, lui, s'était tenu à Gand.
À cela s'ajoute six saisons de la FIH Hockey Pro League, la ligue mondiale annuelle de hockey sur gazon, organisée par la Fédération internationale de hockey (FIH) et qui réunit chaque saison les meilleures sélections nationales, chez les hommes comme chez les femmes. La saison 2025-2026 s'est achevée en juin dernier et a vu les Red Lions décrocher leur deuxième titre après une victoire face à l'Australie dans la Belfius Hockey Arena de Wavre.
Les oeuvres brabançonnes à l'honneur lors de la Coupe du monde de hockey à WavreÀ noter également qu'en 2030, la Ville de Bruxelles organisera l'EuroHockey Indoor Championship. L'événement, qui réunira les meilleures nations européennes de hockey en salle, se tiendra du 10 au 13 janvier 2030 et concernera à la fois les compétitions masculine et féminine.
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