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À Londres, la zone à ultra-faible émission soulage les poumons des enfants

Santé.

Une étude publiée dans la revue “The Lancet” relève une amélioration des capacités pulmonaires des écoliers de la capitale britannique depuis l’exclusion des voitures les plus polluantes de la ville, en 2019.

Dans une cour d’école de Londres, le 4 juin 2020. PHOTO DAN KITWOOD/GETTY IMAGES/AFP

L’étude a surpris jusqu’aux chercheurs de la prestigieuse université de Cambridge. La mise en place d’une zone à ultra-faible émission (appelée Ulez) dans les rues de Londres a débouché sur une amélioration significative et rapide de la santé des enfants de la capitale britannique.

Les résultats de cette analyse menée sur 3 200 écoliers de 2018 à 2022, dont un groupe témoin dans la ville voisine de Luton, dépourvue d’Ulez, ont mis en évidence une réduction de l’exposition au dioxyde d’azote et un meilleur développement pulmonaire des petits Londoniens. “Lorsque l’étude menée par l’université Queen-Mary a débuté, un an avant l’entrée en vigueur de l’Ulez, les poumons des enfants de Londres étaient en moyenne plus petits que ceux de leurs petits camarades de Luton, détaille le Financial Times. Quatre ans plus tard, les tailles étaient similaires dans les deux villes.”

Bataille politique

Une plus faible capacité pulmonaire durant l’enfance, attribuée par les scientifiques aux effets de l’exposition au dioxyde d’azote (gaz typique des pots d’échappement), “augmente les risques de développer des problèmes respiratoires à l’âge adulte ainsi que des maladies cardiovasculaires”, développe The Guardian. D’après les chercheurs de Queen Mary, dont les découvertes ont été publiées dans la revue The Lancet, la proportion d’enfants londoniens aux capacités pulmonaires altérées a chuté de 14 % à 9 % en quatre ans. Leur exposition au dioxyde d’azote a dans le même temps plongé deux fois plus vite que celle du groupe témoin. “J’ai abordé la lecture de cette étude avec beaucoup de scepticisme, concède Stephen Burgess, professeur de biostatistiques à Cambridge, auprès du Financial Times. Je pensais que l’Ulez n’aurait pas d’effet mesurable sur la santé. Mais ces résultats sont stupéfiants.”

Mise en place en 2019 dans le centre de la capitale puis étendue à l’intégralité du Grand Londres en 2023, l’Ulez a fait l’objet d’une rude bataille politique. “Ses opposants estiment que la somme de 12,5 livres réclamées aux conducteurs de voitures polluantes pour entrer dans le périmètre pénalise les habitants de la périphérie, les ménages les plus pauvres et les petits commerçants dotés de vieilles camionnettes”, souligne le quotidien conservateur The Daily Telegraph. Pour le maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, l’étude de l’université Queen-Mary “prouve que nous avons eu raison de donner à tous les enfants de la ville la chance de grandir avec un air propre, même si la décision a été difficile à prendre et contestée par une minorité bruyante”.

Courrier international

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