taraskuzio.com

A La Seyne jusqu’à samedi, une plongée dans l’univers des sous-marins, raconté par des passionnés d’histoire et de maquettes

Ces monstres des mers n’auront plus de secret pour qui franchira les portes de l’exposition « La place et l’évolution des sous-marins », qui se tient à la Bourse du travail, à La Seyne, tous les jours de 10 h à 17 h jusqu’à ce samedi 17 octobre (entrée libre). À la barre, on y retrouve des passionnés d’histoire et, pour beaucoup, de modélisme.

Tous appartiennent à diverses associations : 800 tonnes/Renaissance, L’AMMAC Cannes Pays de Lérins, Les Amis du Fort du Grand Saint-Antoine et Les Amis des sous-marins. Dans la première partie du parcours qui s’offre aux visiteurs, « on a réuni tous les sous-marins dits opérationnels, dont le premier était le Gymnote 1 de 1888, jusqu’aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) actuels, type Triomphant, Typhoon, Delta 4 sans oublier bien sûr le Redoutable, sorti en 1969, présente notamment Jean-Luc Le Chevalier, président des Amis des sous-marins. Il y a en de toutes les nationalités (française, allemande, britannique, russe, américaine, japonaise, australienne), pour raconter les améliorations dans le temps. On découvre ainsi comment on est passé de l’électrique pur à la vapeur, puis au diesel/électrique – c’était déjà des hybrides ! - jusqu’aux Agosta (SNLE) dans les années 1980 ».

Le souci du détail et du réalisme

Derrière les très nombreuses maquettes rassemblées pour quelques jours encore dans le monument emblématique de l’avenue Gambetta, des briscards très ingénieux, pour la plupart eux-mêmes d’anciens sous-mariniers, jamais avares d’explications et d’anecdotes quand il s’agit de raconter en long, en large et en travers comment ils sont parvenus à reproduire à l’identique tous ces engins militaires, parfois illustres, à des échelles allant du 1/180 au 1/35e pour les plus imposants.

Ici on s’amuse, on invente, on bricole, certes… mais avec, toujours, le souci du détail, de la fidélité, et tant qu’à faire les choses en grand, de l’opérationnalité. Car nombre de ces « joujous » sont réellement submersibles : « Le plus dur, après la maquette, c’est la mise au point pour pouvoir les faire naviguer de la manière la plus réaliste possible », explicite Jean-Louis Le Chevalier.

Ce mercredi matin, le président des Amis des sous-marins Jean-Louis Le Chevalier était touché (mais pas coulé) de recevoir la visite d’officiers sous-mariniers venus en amis.
Ce mercredi matin, le président des Amis des sous-marins Jean-Louis Le Chevalier était touché (mais pas coulé) de recevoir la visite d’officiers sous-mariniers venus en amis.
J.P. / Var-matin

Jacky, le concepteur de ce U-27 allemand, est toujours heureux de montrer les entrailles de la bête, puis d’actionner avec son énorme télécommande les hélices servant à la propulsion, le gouvernail pour tourner, les barres-plongée avant et arrière, pour monter et descendre…

« C’est le principe du sous-marin, quoi », sourit Jean-Claude qui passait par là, avant que Jacky reprenne le cours de l’histoire : « Le U-27 a été commandé en 1936 par le méchant monsieur à la petite moustache, en 4 exemplaires, qui lui ont été livrés en 1938. Celui que j’ai reproduit a été coulé en 1939, comme deux autres avant lui. Sur celui-ci, tout l’équipage s’en est tiré car le sous-marin a eu le temps de refaire surface avant qu’il ne coule. Mais tous les soldats ont été faits prisonniers. Vous voyez, on ne fait pas que des maquettes, on fait un peu d’histoire aussi. »

Uniformes, insignes, photos, schémas…

À travers cette manifestation qui s’inscrit dans la commémoration des 400 ans de la Marine nationale, ceux qui l’ont rendu possible ont à cœur de « transmettre la mémoire ». « On reçoit d’ailleurs cette semaine plusieurs classes, et on est agréablement surpris de voir l’intérêt des enfants. Certains posent des questions franchement pertinentes », savoure M. Le Chevalier.

Parmi les riches collections présentées, les différentes tenues des militaires embarqués, en fonction du poste occupé, au premier desquelles le ciré jaune quand il faut sortir du sous-marin, pour rester au sec et être facilement repérable en cas de chute.
Parmi les riches collections présentées, les différentes tenues des militaires embarqués, en fonction du poste occupé, au premier desquelles le ciré jaune quand il faut sortir du sous-marin, pour rester au sec et être facilement repérable en cas de chute.
J.P. / Var-matin

Ses complices et lui sont là pour accueillir et guider les visiteurs, qui peuvent tout aussi largement s’informer seuls grâce aux fiches explicatives qui accompagnent la cinquantaine de maquettes exposées, tout comme la collection d’uniformes d’époque des sous-mariniers, des photos personnelles appartenant à d’anciens militaires… On y trouve aussi des insignes d’innombrables flottes, des fanions, des bouquins, des revues, tout plein de schémas (vous saurez tout sur les ogives, comme sur la fabrication de l’hydrogène et la production d’eau douce directement à bord) et même des tapes de bouche, ces obturateurs en métal servant à fermer l’entrée d’un canon, décorés du blason des navires…

Un conseil : selon votre degré d’intérêt pour la chose, prévoyez largement une heure de visite. Immersion garantie.