À la recherche d’une maison à squatter à Nîmes, il tombe nez à nez avec la propriétaire : un SDF condamné à deux ans de prison
La scène s’est déroulée le 2 août dernier, rue de Barcelone à Nîmes. Le prévenu, d’origine marocaine et sans domicile fixe, a expliqué à l’audience qu’il pensait que la maison était inhabitée. Il a été condamné à deux ans de prison. Une peine accompagnée d’une interdiction définitive du territoire français.
"Je suis désolé, Monsieur le juge". Ce mercredi 5 août, à l’audience du tribunal correctionnel de Nîmes, le prévenu, un homme originaire du Maroc et sans domicile fixe, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Quelques jours plus tôt, il s’est bien introduit dans une maison située rue de Barcelone à Nîmes, en cassant le volet roulant et brisant la vitre. "Je cherchais une maison à squatter", explique-t-il.
"Je pensais qu’il n’y avait personne"
Sauf que, dans le domicile, alors qu’il se trouvait dans la chambre, il est tombé nez à nez avec la propriétaire des lieux. Une rencontre qui a autant surpris la victime que le prévenu. Ce dernier prend alors la fuite, tout en restituant le téléphone qu’il avait dissimulé dans son caleçon. Une cavale de courte durée puisque, grâce au signalement de la propriétaire de la maison, les services de police l’ont rapidement identifié et interpellé.
"Et la garde à vue a été relativement compliquée", souligne le président de l’audience, précisant qu’au moment des faits, le prévenu était alcoolisé. À l’audience, ce dernier se montre toutefois plus coopératif. Tout en maintenant sa version des faits, celle d’une recherche d’abri plutôt que d’une volonté de cambrioler les lieux, il réitère ses excuses. "C’était une maison en travaux, je pensais qu’il n’y avait personne. L’année dernière j’avais fait pareil, j’ai trouvé une maison en travaux, et j’ai pu rester pendant huit mois", reconnaît-il.
Une "descente aux enfers" plaidée par la défense
Un procédé habituel donc, qui, pour la procureure, est problématique. "Une maison, c’est l’endroit où l’on est censé se sentir en sécurité, pas tomber sur Monsieur. Dans ce cas, j’ai un autre domicile à vous proposer, c’est la maison d’arrêt", expose-t-elle. Elle requiert un an de prison dont six mois assortis d’un sursis probatoire avec un maintien en détention.
Du côté de la défense, Me Laurence Aguilar s’appuie sur les déclarations de la victime pour étayer la version de son client. "Elle dit qu’il a été aussi surpris qu’elle. Qu’il s’est excusé et qu’elle pensait qu’il devait croire qu’il n’y avait personne". Elle plaide pour une réduction de la peine, évoquant notamment la "descente aux enfers" de son client depuis sa séparation avec son épouse. "Il a essayé de s’en sortir. Il avait obtenu un CDI, fait une demande pour un logement mais il lui manquait un bulletin de salaire pour l’obtenir", précise-t-elle.
Le prévenu est finalement condamné à deux ans de prison avec un maintien en détention. Une peine accompagnée d’une interdiction définitive du territoire français. Il doit également verser 500 euros à la victime au titre des frais de justice. Quant au préjudice matériel, le dossier a été renvoyé sur intérêts civils à une date ultérieure.