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À la prison de Grasse, la venue d’humoristes annulée après la colère des surveillants

Quatre humoristes du Comédie Club Vieux Port de Marseille, établissement parrainé par Kev Adams depuis 2014, devaient se produire mercredi 29 juillet dans la salle polyvalente de la maison d’arrêt de Grasse devant une quinzaine de détenus préalablement inscrits.

À l’initiative de la direction de l’établissement, cette représentation avait pour objectif d’offrir un moment de divertissement aux personnes incarcérées. Mais l’annonce de l’événement a rapidement suscité l’indignation des membres du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS-CEA), qui s’est fermement opposé à sa tenue. L’administration pénitentiaire a finalement décidé d’annuler la venue des humoristes de la cité phocéenne.

Pour le syndicat, ce type d’initiative intervient dans un contexte particulièrement tendu au sein de la maison d’arrêt. Cyril Huet-Lambing, secrétaire local du SPS-CEA, a notamment dénoncé ce qu’il considère être comme un mauvais signal envoyé aux personnels : « Tout pour les détenus, rien pour les surveillants ».

Sur CNews et Europe 1, il a également alerté sur les risques sécuritaires liés à l’organisation d’un rassemblement supplémentaire au sein de l’établissement. « On est un surveillant pour 80 détenus à l’étage. Qui dit mouvement en plus dit regroupement de détenus où il peut y avoir des affrontements, car comme on le sait, en prison, il y a énormément de trafic de drogues ou de trafic en tout genre », a-t-il expliqué. Auprès du Figaro, il dénonçait encore « une provocation de la direction ».

La maison d’arrêt de Grasse.

Selon les derniers chiffres communiqués, l’établissement accueille actuellement 791 détenus pour une capacité théorique de 574 places. Vingt-deux personnes incarcérées dormiraient sur des matelas posés au sol, tandis que 35 postes de surveillants seraient toujours vacants.

« Pas un lieu de vacances ni un centre de loisirs »

Au-delà de ce spectacle de stand-up, le syndicat pointe également du doigt plusieurs activités proposées aux détenus ces derniers mois. Il cite notamment une sortie en camping dans le parc du Mercantour l’an dernier, ainsi que l’organisation d’une fête de la musique en juin dernier.

« La maison d’arrêt de Grasse n’est pas un lieu de vacances ni un centre de loisirs ! Nous sommes en régime porte fermée, pas dans un club d’animations ! », dénonce le SPS-CEA, estimant que l’administration pénitentiaire s’éloigne de ses missions premières.

Le Conseil d’État opposé à une réduction des « activités ludiques »

La question des activités proposées aux détenus dépasse toutefois le seul cas de Grasse. Le débat avait déjà opposé l’administration pénitentiaire au garde des Sceaux. Gérald Darmanin avait tenté de limiter les « activités ludiques » en détention, avant que cette circulaire ne soit annulée par le Conseil d’État en mai 2025. La haute juridiction avait alors rappelé que les détenus ne pouvaient être privés d’activités « conformes au code pénitentiaire ».