À la Petite Foire Paysanne de Tournay, Marc fait revivre la tradition des bœufs de travail (vidéo)
À la Petite Foire Paysanne de Tournay, à côté des chevaux de trait, deux jeunes bœufs suscitent la curiosité des visiteurs.
Leur propriétaire, Marc van Overschelde, les caresse avec calme et assurance. Eleveur-paysan, il les prépare à devenir des animaux de traction, comme il le fait déjà avec Hector, un bœuf plus expérimenté sur son exploitation.
"Je suis venu avec deux jeunes bœufs que je vais apprendre à mener pour en faire des animaux de traction", explique-t-il. Un apprentissage qui demande du temps, de la patience et une relation de confiance entre l'homme et l'animal.
Une découverte il y a dix ans
Si certains associent spontanément la traction animale aux chevaux, Marc a choisi une autre voie. "Je suis né avec les vaches", raconte-t-il. Son père avait vendu les chevaux de la ferme à sa naissance pour acheter un tracteur. Rien ne le destinait donc à devenir bouvier.
C'est il y a une dizaine d'années que tout bascule. Deux jeunes agricultrices lui demandent l'autorisation d'essayer la traction animale avec ses bœufs. "Je n'avais jamais entendu parler de la traction bovine", reconnaît-il. L'expérience le convainc rapidement des qualités de ces animaux.
Aujourd'hui, il utilise ses bœufs notamment pour les travaux forestiers. "Ils vivent déjà sur la ferme, je les connais. Pour moi, il est plus simple de sortir des arbres d'un bois avec un bœuf que d'utiliser un cheval."
Une relation de partenariat
Au-delà de l'aspect pratique, Marc insiste sur l'évolution de son regard sur ses animaux. "Je ne suis plus seulement un éleveur qui attend une production de ses vaches. J'attends aussi une collaboration."
guillementJe ne suis plus seulement un éleveur qui attend une production de ses vaches. J'attends aussi une collaboration.
Pour lui, la traction animale repose avant tout sur la confiance. "On ne peut pas aller contre eux. On peut parfois les encourager, mais si on leur fait confiance et qu'ils sont capables de faire le travail, ils collaborent avec nous."
Cette philosophie change profondément la relation entre l'homme et l'animal. Les bœufs ne sont plus uniquement considérés comme du bétail, mais comme de véritables partenaires de travail.

Un savoir-faire toujours vivant
Comme les chevaux, les bœufs apprennent à répondre à des commandes vocales. Avancer, s'arrêter, tourner à gauche ou à droite, ralentir… chaque ordre possède son mot et son intonation. "Nous avons notre propre langage de bouvier", explique Marc.
Un métier ancien qui continue de vivre grâce à des passionnés. Chaque année, près d'une centaine de bouviers se retrouvent en Creuse pour partager leurs expériences et transmettre leur savoir-faire.
À travers son témoignage, Marc démontre que la traction bovine n'appartient pas uniquement au passé. Elle représente aussi une manière actuelle de travailler, fondée sur la coopération, la patience et le respect de l'animal.
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