À La Mousson d'été, une pièce de "théâtre radiophonique" menée par une troupe d'amateurs
Ils vont monter sur scène, pour certains, pour la première fois de leur vie samedi 22 août : pour la 32ème édition du festival "la Mousson d'été", en Meurthe-et-Moselle, des amateurs mettent en corps et voix une pièce de théâtre sonore, après une petite dizaine de jours de répétitions.
"On reprend en se concentrant sur les enchainements entre vos scènes, et sur le fait de ne pas sortir du parcours de votre personnage, même s'il est entrecoupé par ceux des autres personnages" : face à cette troupe d'amateurs, le metteur en scène Lélio Plotton redonne quelques consignes avant la représentation du 22 août à Pont-à-Mousson, dans le cadre du festival "la Mousson d'été". Ils sont une douzaine à répéter les mêmes scènes, retravailler la diction et le ton pour donner vie aux personnages de la pièce "Une fin", signée du québécois Sébastien David. Le Soleil, dont le carburant est épuisé, y devient étoile vorace qui se met à tout consumer, y compris la Terre et ses ultimes habitants.
"Je n'ai aucune expérience en théâtre, lance Michaël. Je me suis dit que c'était une nouvelle expérience à tenter. Cette pièce, ce n'est pas du théâtre pur jus comme j'aurais pu l'imaginer, on est davantage sur des scénettes, avec des micros. On peut chuchoter, c'est peut-être la difficulté quand il faut montrer la colère ou la surprise sans monter le ton." "C'est un peu comme du cinéma, acquiesce Marie, qui n'en est pas à sa première expérience sur scène, dans le théâtre comme dans le chant lyrique. D'ordinaire, en tant que soprane, je n'ai jamais de micro. Tout à coup, on a les micros, on peut se regarder, se parler sans devoir crier."
Mettre l'écrit en son
Pour les comédiens amateurs, il ne s'agit pas simplement de s'approprier le texte, qu'ils gardent en main même le soir de la représentation : il faut aussi jouer avec les effets sonores. Une voix grésillante surgit via les enceintes : "Paulo, tu me reçois ?". Dans cette scène, "on utilise des talkies-walkies pour montrer l'effet de distance entre deux personnages, explique Lélio Plotton. Aucun d'eux n'a travaillé de cette façon avant, avec des micros, des bruitages en direct. L'idée, c'est de leur faire faire du théâtre radiophonique. Tout est perturbant pour eux !"
Sur la douzaine de comédiens, certains se muent par moments en musiciens, à la cithare, guitare et accordéon, pour accompagner la narration, comme Jules, alias "DJ Jacques" dans la pièce : "J'ai créé une boucle d'accord à la guitare acoustique, explique le jeune homme. Ce qui est intéressant, c'est que les comédiens se calent sur le rythme pour parler. On intervient sur des moments de narration, où on ne parle pas. Il y a presque une symbiose entre les comédiens et la musique derrière." "C'est un peu la nouveauté du festival cette année, d'inviter aussi des musiciens amateurs. Je suis très contente de ça, de pouvoir mélanger ces deux arts là", conclut la directrice artistique du festival, Véronique Bellegarde.