Flora Fishbach transforme le Festival Les Georges en dancefloor flamboyant
Lundi soir, pour sa première soirée gratuite, le Festival Les Georges a invité en tête d'affiche la charismatique française Flora Fishbach, avec sa voix magnétique et sa pop aux sonorités inspirées des années 1980, pour un show théâtral flamboyant. La Fribourgeoise Fauste l'a précédée avec une pop plus aigre-douce.
Après deux albums sortis sous le nom de Fishbach ('A ta merci' en 2017 et 'Avec les yeux' en 2022), la Française a fait un retour remarqué en 2025 sous son simple prénom, Flora, pour son troisième album intitulé 'Val Synth'. Sa tournée est passée par Festi'Neuch en juin dernier et Fribourg le 13 juillet au Festival les Georges.
Ce lundi soir sur la Grande scène, alors que les dernières lueurs du jour disparaissent - et avec elles un peu de la chaleur de plomb de ce mois de juillet -, l'ambiance se fait impatiente sur la place Georges-Python, dans l'attente de la tête d'affiche de cette première soirée gratuite des Georges. Quand Flora Fishbach entre en scène, c'est entourée de trois acolytes tout à la fois danseurs, choristes et comédiens. A leurs côtés, la Française déploie la bande sonore de son univers pop rétro-futuriste teinté d'ombres et d'éclats synthétiques dans un décor aux néons verts, bleus ou rouges, devant un écran blanc sur lequel dansent les ombres de ce quatuor détonnant.
Un show joyeux et vivant
C'est avec 'On me dit tu', titre de son premier album, que débute ce concert qui s'annonce dansant et flamboyant. Avec cette tournée, l'artiste effectue une mue radicale, rompant avec son esthétique gothique pour offrir au public un spectacle théâtral et solaire. Sa voix grave et habitée ainsi que les paysages sonores inspirés des années 1980 prennent vie sur scène dans une performance expressionniste. Toute de noir vêtue, jusqu'au chapeau Fedora façon Boy George époque Culture Club, Flora Fishbach exhale le vertige mélancolique de ses textes dans une ambiance disco caniculaire qui appelle à la fête, façon paillettes et boule à facettes d'un club tout droit sorti des eighties.
Avec 'Comme Jean Reno', titre phare de son album 'Val Synth', Flora Fishbach plonge le public dans une chorégraphie cinématographique quand résonne sur la place Georges-Python la voix de l'acteur français Jean Reno avec laquelle l'artiste et ses danseurs s'amusent dans un tableau à l'énergie communicative.
Les chansons s'enchaînent avec frénésie dans une ambiance survoltée initiée par les trois choristes-danseurs, qui, loin de faire partie du décor, élèvent la prestation de Flora Fishbach au rang de véritable spectacle. Tantôt artistes de théâtre d'ombres, chanteurs lyriques, danseurs prodiges ou mannequins de podiums, ces trois talentueux personnages s'additionnent à merveille à la voix magnétique et l'aura de Flora Fishbach.
Un titre inédit en cadeau
Au public des Georges, Flora Fishbach offre la primeur d'un nouveau titre encore jamais joué sur scène intitulé 'Dans mes dreams', si on a bien compris,. Elle poursuit avec son célèbre 'Rends-moi ma vie', puis sur 'Invisible désintégration de l'Univers' s'assemblent les voix profondes de Flora Fishbach et de ses choristes qui contaminent la foule dans une transe désormais collective.
Après 'Un autre que moi' très théâtral et un 'Mortel' plus calme, le public assiste à 'La Machiavela' dans une sorte de scène d'opéra pop rétro-futuriste et déjanté avec une Flora Fishbach exaltée, muée en un mélange divinement loufoque et lyrique de Nina Hagen, Klaus Nomi et Barbarella, avec des accents de Catherine Ringier. Après ce coup d'éclat, le concert se termine déjà avec 'Les bêtises' et 'Homme du feu' dans une version très rythmée qui ne surpassera pas cette 'Machiavela', véritable climax de cette prestation.
Lara Donnet
Festival Les Georges, Fribourg, jusqu'au 18 juillet 2026.
La pop aigre-douce de Fauste
Plus tôt dans la soirée à Fribourg, la locale de l'étape Fauste a ouvert les feux d'une semaine de concerts à ciel ouvert devant un public présent, mais encore timide. Sur la Grande scène des Georges, comme sur la scène off du Montreux Jazz Festival il y a quelques jours, Fauste a donné corps aux sons de son dernier projet, reprenant ses titres 'Cortisone', 'Hardcore', 'Haiku', mais aussi 'Vilaine fille', un titre qu'elle destine "à toutes les femmes et les petites putes".
Après cinq ans d'aventure en duo avec BARON.E, Fauste, Faustine Pochon de son vrai nom, s'exprime désormais seule à travers une écriture directe et franche mêlant poésie, intimité et revendications dans des textes emplis de tendresse, mais aussi acérés, aiguisés et incisifs.
Aux Georges, comme à Montreux, elle convie à ses côtés l'artiste yverdonnois Cem Tem, avec qui elle a composé 'QLVEB', un morceau sorti il y a à peine deux semaines. Lundi soir, Fauste a dévoilé ses chansons comme les pages d'un journal intime sur lesquelles elle évoque la pudeur, les ruptures, l'anxiété, mais aussi l'engagement et le féminisme.