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À Brest, la plainte en diffamation d'un député insoumis contre le président du conseil départemental du Finistère tourne au procès de LFI

Pierre-Yves Cadalen, député de LFI NFP, lors de la manifestation du 1er mai organisée à Brest, en France, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, le 1er mai 2025.

Pierre-Yves Cadalen, député de LFI NFP, lors de la manifestation du 1er mai organisée à Brest, en France, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, le 1er mai 2025. - MORGAN BISSON / HANS LUCAS

Le procès en diffamation du président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, s'est ouvert de jeudi à Brest, après que ce dernier ait traité le député LFI, Pierre-Yves Cadalen, d'"antisémite".

Un procès en diffamation intenté par un député LFI qualifié d'"antisémite et factieux" a viré ce jeudi 10 septembre au procès du parti mélenchoniste et de ses "dérives" devant le tribunal correctionnel de Brest.

"Un procès en diffamation, c'est un peu un procès que l'on se fait à soi-même", a relevé Raphaël Kempf, avocat du député LFI de Brest Pierre-Yves Cadalen, en remarquant qu'"on avait l'impression" que son client était "le prévenu" dans cette affaire.

Le député insoumis était en réalité à l'origine des poursuites visant le président du conseil départemental du Finistère Maël de Calan (ex-LR), qui l'avait qualifié de "factieux et antisémite", en décembre 2024 sur la chaîne locale Tébéo. Des propos "sans fondement, sans argument, sans rien", a remarqué Me Kempf, en soulignant que la défense n'apportait pas la preuve de ces "graves accusations".

D'une "violence terrible"

À la barre, le jeune député brestois, élu en 2024, s'est dit "profondément blessé" par ces mots d'une "violence terrible", qui vont à l'encontre de "tous les engagements de toute une vie". Maël de Calan a lui persisté devant le tribunal. "Je regrette de ne pas l'avoir dit plus tôt et plus fort", a assuré l'élu, actuellement porte-parole d'Édouard Phillippe.

"C'est Pierre-Yves Cadalen qui devrait s'excuser publiquement des dérives antisémites et factieuses de LFI. On ne peut être membre d'un parti politique sans être comptable des propos de ses dirigeants", a-t-il estimé.

Le député insoumis d'ailleurs a été longuement interrogé par l'avocat de la défense Richard Malka sur les propos controversés de Jean-Luc Mélenchon ou sur le visuel publié sur les réseaux sociaux ciblant l'animateur Cyril Hanouna et reprenant les codes de certaines affiches antisémites.

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"Je ne suis pas ici pour commenter des polémiques qui relèvent de l'instrumentalisation de l'antisémitisme", a rétorqué le député de 34 ans, tout en reconnaissant qu'il avait pu y avoir "des maladresses" dans son parti. "C'est lunaire!", a lancé Me Malka. "Vous vous lavez les mains de tout ce qu'ont dit Jean-Luc Mélenchon et les députés de votre parti."

L'avocat a demandé au tribunal de relaxer son client au nom de la liberté d'expression. Sinon, "plus personne n'aurait le droit de dénoncer l'antisémitisme de ce mouvement", a-t-il plaidé.

L'an dernier, Me Malka avait défendu le philosophe Raphaël Enthoven, qui avait qualifié le mouvement mélenchoniste de "passionnément antisémite". Poursuivi pour injure publique par LFI, Raphaël Enthoven avait été relaxé, le tribunal correctionnel de Paris estimant que ses propos s'inscrivaient "dans le sillage" d'un "débat d'intérêt général majeur". Le tribunal rendra son jugement le 22 octobre.

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