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"A Better Man": une série glaçante sur la "manosphère"

Quinze ans après les attentats d'Oslo et de l'île d'Utøya, l'ombre d'Anders Behring Breivik plane toujours sur la Norvège. La tuerie de masse commise par ce terroriste d'extrême droite néonazi reste la plus meurtrière qu'ait connue le pays depuis 1945.

Dans son manifeste, Breivik développait notamment une rhétorique masculiniste et dénonçait, parmi ses délires, "la féminisation de la culture européenne". C'est dans un contexte où ce type de discours continue de circuler que le Norvégien Thomas Seeberg Torjussen installe A Better Man, une minisérie en quatre épisodes qui s'attaque frontalement au masculinisme.

Un troll masculiniste soudainement démasqué

Tom (Anders Baasmo) a fait des réseaux sociaux son terrain de jeu. Caché derrière plusieurs pseudonymes, il y multiplie les commentaires outranciers et injurieux, avec des conséquences parfois dévastatrices pour ceux qui en sont la cible.

Convaincu d'être intouchable, il s'en prend notamment à Live (Ingrid Unnur Giæver), une humoriste médiatisée connue pour ses positions féministes. Le harcèlement va jusqu'à la menace de viol.

Mais Live décide de le dénoncer lors d'une émission de télévision. L'identité de celui qui se cache derrière le pseudonyme "MaskuRevolt" est alors révélée publiquement. Tom se retrouve contraint de changer de vie et finit par se travestir en femme, sous le nom de Berit.

Déconstruire la masculinité toxique par l'empathie

C'est là que A Better Man prend une direction plus surprenante. Plutôt que de simplement condamner son personnage principal, Thomas Seeberg Torjussen choisit de forcer progressivement l'empathie de cet antihéros.

Désormais presque méconnaissable sous sa perruque, Tom découvre une réalité dont il était jusqu'alors l'un des acteurs : celle des violences sexuelles subies par les femmes.

Cette nouvelle existence l'oblige également à regarder autrement sa propre situation. Derrière sa misogynie apparaissent progressivement la solitude et une masculinité blessée, notamment par son incapacité à trouver une compagne.

Une série sur le masculinisme, mais aussi sur la solitude

La série ne se contente donc pas de dénoncer les discours masculinistes. À travers le parcours de Tom, son créateur s'intéresse aussi à l'aliénation numérique et aux conséquences que peuvent avoir les injonctions liées à une vision machiste de la masculinité.

La force de A Better Man tient justement à ce choix : chercher à comprendre les mécanismes qui conduisent un homme à adhérer à ces discours sans pour autant les excuser.

La minisérie choisit finalement une voie assez inattendue pour traiter d'un sujet aussi sombre. En quatre épisodes, la compassion et l'empathie deviennent les principaux chemins vers une possible rédemption. Une manière de déconstruire la virilité toxique sans réduire son personnage à ses propres discours et qui permet à A Better Man de conserver, malgré son sujet particulièrement inquiétant, une note d'espoir.

À better man Saison 1 Inédit Vendredi 21 Be Séries 20h30

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