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"A 12 ans, c'était un nain", "Sa force, c'était de n'avoir aucune pression"... Fabien Barthez avec Zinédine Zidane en équipe de France de football, les Ariégeois y croient

l'essentiel De Lavelanet aux sommets du football mondial, Fabien Barthez n’a jamais cessé de saisir les occasions qui se présentaient à lui. Petit par la taille à ses débuts, immense par le talent et l’insouciance, le champion du monde 1998 s’apprête aujourd’hui à retrouver les Bleus dans un rôle inédit, celui d’entraîneur des gardiens de l'équipe de France de football auprès de son grand ami Zinédine Zidane. Une nouvelle page pour celui qui, dès ses jeunes années ariégeoises, avait déjà tout d’un gardien à part. On vous raconte

C'était un secret de Polichinelle. L'Ariégeois Fabien Barthez sera bel et bien le nouvel entraîneur des gardiens de l'équipe de France de football dirigée par son grand ami, Zinedine Zidane. Un poste qu'il avait déjà touché du doigt en étant conseiller des gardiens sous l'ère Raymond Domenech (2004-2010) puis lors du passage de Laurent Blanc à la tête des Bleus (2010-2012). Après une expérience réussie de consultant des gardiens de but du Toulouse FC (Ligue 1), le Lavelanétien, à 55 ans, va donc de nouveau enfiler le maillot de l'équipe de France, dans un rôle tout nouveau pour lui.

Né à Lavelanet le 28 juin 1971, Fabien Barthez n'était pourtant pas spécialement destiné au football de haut niveau. Alors qu'il commence à toucher le ballon rond vers sept ans et demi au Stade lavelanétien, il joue également au rugby à l'Étoile sportive laroquaise, dans les pas de son papa Alain, joueur de renom de Lavelanet et de Narbonne.

Fabien Barthez a toujours su saisir sa chance

Mais son destin bascula quand le gardien titulaire se blesse. Fabien le remplace dans les buts. Son gabarit est loin d'être impressionnant. "À 12 ans, c'était un nain" dira même Alain, son papa. Il faisait parfois 30 centimètres et 20 kilos de moins que ses adversaires. Mais cela ne l'empêchait pas d'aller à la bagarre." "Sa grande qualité, c'était qu'il était courageux avec une belle détente", confirme un dirigeant lavelanétien qui l'a très bien connu dans ses jeunes années ariégeoises.

Les qualités de Fabien Barthez sont indéniables. Un peu de chance et le tour est joué. "C'était en 1983, se souvient Michel Vergé, alors conseiller technique départemental en Ariège. Je vais à Lavelanet, Fabien s'amusait avec un copain derrière le but. Il plongeait comme un fou et il arrêtait tout. Aimé Gaudou, qui l'entraînait, m'en avait dit du bien. Alors, je l'ai pris dans la sélection minime d'Ariège en remplacement d'un joueur blessé."

"Il ne loupait jamais le ballon"

Les qualités naturelles de Fabien lui sautent immédiatement aux yeux. "Il ne loupait jamais le ballon. Il était très sécurisant pour ses équipiers. En fait, son seul point faible, c'était les tirs dans la lucarne. Mais, pour tout le reste, il assurait à 100 %." Et quand l'opportunité s'est présentée, Fabien l'a saisie à pleines mains. Un gardien est renvoyé de la sélection régionale pour avoir oublié ses crampons, Jean-Michel Bénezet, conseiller technique régional de l'époque, le convoque.

"On doit une fière chandelle à Jean-Michel, confirmera quelques années plus tard le papa de Fabien. Il n'a pas hésité à le sélectionner dans les équipes de jeunes de la région malgré son petit format." Fabien prend de l'assurance, quelques centimètres et c'est au tour du Toulouse FC de taper à sa porte. C'est là, au centre de formation, sous la houlette d'Élie Baup, que Fabien se révèle, prend son envol. "Je crois sincèrement qu'il doit beaucoup à Élie Baup, confirmait Michel Vergé. En trois ans, il l'a vraiment formé."

La licence minime de Fabien Barthez au Stade lavelanétien.
La licence minime de Fabien Barthez au Stade lavelanétien. DR.

"À 11 ans, il possédait tout le bagage du gardien de but"

Le talent du jeune Lavelanétien fait le reste. Encore une fois, il profite de chaque opportunité. Robin Huc se blesse, Fabien ne quittera plus jamais son poste de titulaire. "Sa force, déjà, c'était de n'avoir aucune pression. Depuis toujours, quand les autres ont la trouille au ventre avant un grand match, lui, il rigole" poursuivait Michel Vergé. Fabien Barthez a toujours eu l'air de s'amuser. Comme quand il était à Lavelanet.

Son aventure en équipe de France a démarré, elle aussi, presque comme un gag. "Martini s'était blessé juste avant le départ pour le Japon, expliquait Michel Vergé. Je reçois un coup de fil de Philippe Bergeroo, chargé des gardiens. Il cherchait Fabien partout. Ils ont fini par le trouver. C'est ainsi que Fabien a enfilé son premier maillot tricolore." Tout au long de sa carrière, Fabien Barthez a su saisir les opportunités qui se sont présentées à lui. Elles ont aussi façonné sa légende, lui qui est toujours resté très discret.

"Pour moi, il a la science du poste"

"Même quand il était plus jeune, il avait des capacités à jouer dans le champ, poursuit ce dirigeant lavelanétien. Il savait jouer au pied. Au fil des années, c'est lui qui a fait évoluer le poste de gardien de but comme on le connaît aujourd'hui. Il a été en quelque sorte un précurseur." Au moment de retrouver l'équipe de France, Michel Vergé n'a aucun doute sur l'apport de Fabien Barthez.

"Fabien va pouvoir transmettre son vécu. C'est un garçon qui n'a pas eu à apprendre grand-chose. Il avait déjà tout au départ. À 11 ans, il possédait tout le bagage du gardien de but, sauf la taille (rires). Lui, il aimait jouer. J'espère que, dans ce rôle de responsable des gardiens de l'équipe de France, il va apporter ce côté joueur, cette insouciance. De par sa carrière, ses titres, Fabien a un charisme de fou. Pour moi, il a la science du poste. Et ça, ça ne se traduit pas sur un carnet de notes. Fabien ne va pas entraîner les gardiens, ils le feront dans leurs clubs, il va juste leur transmettre son expérience du très haut niveau. Il va leur permettre de se transcender. Il faut y aller à 100 %, presque sans réfléchir. C'est ça que Fabien va leur apporter. Et je pense aussi que c'est l'idée de Zinédine Zidane. Ça m'intéresse vraiment de voir comment ça va se passer."