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72 % considèrent que la grande vitesse est un véritable atout, 85 % veulent limiter le nombre de poids lourds sur les routes : les résultats de ce "sondage" concernant le projet de ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan

Dans le cadre de la concertation publique sur le projet de ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan, 1 254 personnes résidant entre Béziers et Perpignan ont répondu à un "sondage" sur la perception qu’elles ont de cette LGV, mais aussi des impacts que ce tracé peut engendrer pour leur quotidien et celui de leur environnement immédiat.

C’est un questionnaire qui démontre toutes les attentes des habitants de l’Aude concernant le projet de ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan, mais qui met également en perspective toutes leurs contradictions autour d’un dossier vital pour le développement du territoire, mais également extrêmement coûteux, 6,12 milliards d’euros, et qui ne sera pas sans conséquence dans son tracé sur les paysages traversés.

Dans le cadre de la concertation publique, 1 254 personnes ont pu répondre à une dizaine de questions autour de ce projet de LGV. Une sorte de "sondage" recueilli auprès des habitants résidant entre Béziers et Perpignan, certes engagés dans ce processus de débat public, que ce soit lors des réunions ou sur Internet, mais forcément aussi représentatif de l’avis général des résidents du territoire.

Concrètement, voici leurs réponses. À la question : "le train à grande vitesse, c’est un vrai atout pour notre région ?", 56 % se disent "tout à fait d’accord", 16 % "plutôt d’accord", 9 % "plutôt pas d’accord" et 19 % "pas du tout d’accord". Concernant le fait que "je vais réduire mes temps de trajet grâce à cette ligne nouvelle ?", là, 41 % sont "tout à fait d’accord", 18 % "plutôt d’accord", 10 % "plutôt pas d’accord" et 31 % "pas du tout d’accord".

Sur les impacts du tracé, là aussi, l’expression est claire. "La création d’une ligne nouvelle et la construction de gares nouvelles impliquent l’artificialisation de trop de milieux naturels et agricoles ?", 44 % se disent "tout à fait d’accord", 22 % "plutôt d’accord", 18 % "plutôt pas d’accord" et 16 % "pas du tout d’accord". À la question : "Il faut offrir des solutions pour limiter le nombre de poids lourds sur les routes", 59 % se disent "tout à fait d’accord", 26 % "plutôt d’accord", 8 % "plutôt pas d’accord" et 7 % "pas du tout d’accord".

Pour ce qui est du coût et de la création de nouvelles gares, les réponses sont en revanche plus partagées. Par exemple, "le coût de ce projet est trop important et je préfèrerais que l’argent public soit investi pour d’autres sujets ?", 35 % se disent "tout à fait d’accord", 10 % "plutôt d’accord", 19 % "plutôt pas d’accord" et 36 % "pas du tout d’accord".

"Les gares nouvelles en périphérie permettent de mieux desservir l’ensemble du territoire ?", 30 % affirment être "tout à fait d’accord", 19 % "plutôt d’accord", 22 % "plutôt pas d’accord" et 29 % "pas du tout d’accord". "Les gares nouvelles ne sont pas nécessaires car il est préférable de renforcer les gares centres existantes ?", 44 % se montrent "tout à fait d’accord", 18 % "plutôt d’accord", 18 % "plutôt pas d’accord" et 20 % "pas du tout d’accord".

Cette association audoise critique la méthode de la concertation publique

Au sortir de la concertation publique, l’association "Roquefort Plus" affiche son mécontentement alors que le projet de tracé ne sera pas sans impact pour les habitants de cette commune des Corbières-maritimes. Mais alors, que reprochent-ils à la méthode employée de cette consultation. "De poser toutes les bonnes questions, sauf les deux qui comptent vraiment pour nous. La première : est-on, oui ou non, favorable à cette ligne nouvelle ? La seconde, si le principe était malgré tout confirmé : quel type de tracé serait acceptable Aujourd’hui, à Roquefort-des-Corbières, trois hypothèses circulent sur le territoire de la commune : un passage en plaine à 300 mètres de l’entrée du village, un passage en viaduc ou en remblai entre l’autoroute A9 et la RD 6009, ou un tunnel et tranchée couverte entre Portel et Caves. Ce sont des options radicalement différentes en termes de nuisances, de coût et de faisabilité technique. Aucune de ces deux questions n’a été posée clairement aux habitants".

Et les responsables de l’association de demander la réalisation d’une consultation locale à l’échelle du village. "Le Code général des collectivités territoriales permet à une commune d’organiser une consultation locale de ses citoyens. On sait qu’elle n’aurait pas de portée décisionnelle, puisqu’une infrastructure ferroviaire nationale relève de la compétence de l’État, pas de la nôtre. Mais elle aurait au moins le mérite de rendre visible, avec des chiffres vérifiables cette fois, ce que le rapport de SNCF Réseau ne fait qu’évoquer en creux : l’écart entre un soutien de principe affiché à l’échelle régionale et l’inquiétude bien réelle d’un village qui va voir passer les rails devant chez lui".