6 août 2016 à Rio, Van Avermaet se pare d'or et devient "Golden Greg" : "C'est la course dont on me parle encore tous les jours"
C'était il y a dix ans, le 6 août 2016 à Rio, Van Avermaet devenait le premier cycliste belge à gagner la course en ligne olympique, 64 ans après André Noyelle.
Ce jour-là, Greg devenait "Golden Greg"…

"Lorsque j'ai franchi la ligne, je le savais déjà : cela ne pouvait pas être mieux. Cette médaille d'or était le summum de ma carrière, et c'est la course dont on me parle encore tous les jours, a confié le citoyen de Waasland (41 ans), dans "Stamcafé Koers", le podcast du Nieuwsblad. J'étais déçu que la course sur route soit programmée dès le premier jour des Jeux, car cela nous empêchait d'assister à la cérémonie d'ouverture, un moment important des Jeux. J'aurais aimé entrer dans ce stade immense (NdlR : le mythique Maracanã) avec le reste de la délégation belge derrière notre drapeau. À la place, nous étions cinq gars (NdlR : avec les quatre autres sélectionnés pour la course olympique sur route : Serge Pauwels, son compagnon de chambre, mais aussi Philippe Gilbert, Laurens De Plus et Tim Wellens) dans un petit appartement à regarder cette cérémonie ennuyeuse à la télé. Heureusement, nous pouvions de temps en temps voir les feux d'artifice depuis notre terrasse. Cela nous donnait l'impression d'être un peu présents…"
Histoires d'Or : Le jour où Van Avermaet est devenu "Golden Greg"Un top 10 comme objectif
Aucun des membres de l'équipe belge ne pensait alors au titre olympique : "Serge Pauwels avait participé à un événement test à Rio l'année précédente où il avait reconnu le parcours. 'Trop difficile', avait-il jugé. Nous n'avions pas de véritables grimpeurs dans l'équipe, donc seul le top 10 semblait jouable. Je restais sur un bon Tour de France (NdlR : il avait remporté une étape, au Lioran, et porté le maillot jaune pendant trois jours), j'étais en pleine forme et je grimpais mieux que jamais. Cette course olympique tombait à un moment idéal de ma carrière. Et quand nous avons monté la Vista Chinesa, la dernière difficulté du parcours, lors de la reconnaissance, ma confiance a grandi. Je savais que la fin me convenait, et que si les meilleurs grimpeurs n'attaquaient pas dès le début de l'ascension, leur avance ne serait pas trop importante, ce qui me permettrait peut-être de…"
Greg Van Avermaet fait le bilan : "Ma carrière mérite un 9 sur 10, il ne m'a manqué que le Ronde"Au départ, le long de la légendaire plage de Copacabana, c'était la débrouille : "Il n'y avait pas de vestiaires, donc nous avons dû nous changer sur la plage. Serviette autour de la taille, pour mettre notre cuissard. Stressant, mais j'ai aimé ce moment inattendu et la pureté de l'instant."
La conquête de l'or commence en coulant un bronze
Le stress a pourtant perturbé les intestins de Van Avermaet : "Nous étions debout depuis 6h du matin, j'avais beaucoup mangé – 'la charge glucidique' – et je devais absolument aller aux toilettes. Mais l'organisation avait oublié d'en prévoir ! Nous avons cherché des w-c sur la plage, mais ils étaient fermés. C'était la panique, car je devais absolument y aller ! Finalement, j'ai pu me soulager dans la… salle de presse, un petit quart d'heure avant le départ !"
L'histoire retiendra donc que la conquête de l'or a commencé en coulant un bronze…

Greg Van Avermaet sent très vite qu'il a "de très bonnes jambes" : "Phil (NdlR : Philippe Gilbert) est venu rouler à côté de moi : 'On anticipe et on attaque ensemble bientôt ?' Je lui ai répondu que je voulais attendre. Je me sentais assez bien pour faire la finale et rouler avec les meilleurs. J'avais une confiance incroyable. Ensuite, toutes les pièces du puzzle se sont parfaitement assemblées."
Triple couronne, départ à la maison et tracé qui lui convient : pourquoi Tadej Pogacar a décidé de prendre le départ de la VueltaComme la chute du grand favori Vincenzo Nibali et de Sergio Henao dans la descente de la Vista Chinesa ? "Je ne suis pas sûr que je n'aurais pas gagné sans ce fait de course, répond Van Avermaet. Ils n'avaient pas une grosse avance, à peine douze secondes au sommet. Et Rafal Majka, le seul des échappés resté debout, nous l'avons rattrapé. Mais cela aurait été beaucoup plus difficile de gagner l'or sans cette chute, c'est certain."
guillementQuand je me suis retrouvé devant, avec Fuglsang et Majka, je savais que je pouvais devenir champion olympique. Ces deux gars ne savaient pas sprinter…
Van Avermaet, qui s'attendait à être distancé au début de la Vista Chinesa, est resté dans les roues : "Ils n'ont commencé à attaquer qu'une fois les sections les plus raides passées. Ce fut ma chance. Quand je me suis retrouvé devant, avec Jacob Fuglsang et Rafal Majka, je savais que je pouvais devenir champion olympique. Ces deux gars ne savaient pas sprinter…"

Van Avermaet n'a jamais revu sa course
Et Van Avermaet, après un long sprint à trois, est devenu "Golden Greg"…
"Ma victoire a suscité beaucoup de réactions en Belgique, je l'ai immédiatement senti. Mon image a changé. Avant, j'étais considéré comme un bon coureur qui passait souvent 'à côté de' (NdlR : l'ancien gardien de but de Beveren est alors un habitué des podiums sur les classiques). Là, j'ai changé de dimension, et j'ai acquis un gros capital de sympathie, qui perdure encore aujourd'hui…" conclut Van Avermaet, qui, au contraire de son papa Ronald (ancien coureur, qui a participé aux JO de 1980 à Moscou) qui se la repasse encore en boucle dix ans après avec la même émotion, n'a jamais revu la course qui a changé sa vie…

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