41 morts à Crans-Montana : Quentin, ce jeune homme de 20 ans, tout juste démasqué, a menti sur toute la ligne
Résumé
Un jeune homme impliqué dans la tragédie de Crans-Montana a reconnu avoir menti sur son rôle, suscitant surprise et débats parmi les familles des victimes.
Sommaire
-
Une mise en scène qui finit par s’effondrer
-
Un besoin de reconnaissance pour le faux pompier de Crans-Montana
Quatre mois après l'incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, faisant 41 morts et 115 blessés dans la nuit du réveillon, Quentin, âgé de 20 ans et dont le prénom a été changé par Le Parisien, reconnaissait avoir menti sur son rôle cette nuit-là. Selon le récit qu'il livrait, tantôt il avait combattu les flammes en tant que pompier volontaire, tantôt il avait échappé de justesse au brasier comme simple client. Une double casquette qu'il endossait au gré des interlocuteurs, révèle une enquête du Parisien publiée ce mardi 18 août 2026.
Le jeune homme était devenu un habitué des abords du tribunal de Sion, où se tient le procès des gérants du bar. Jusqu'à ce qu'un rappeur, invité à un concert de soutien qu'il organisait, le pousse dans ses retranchements. Le 19 mars, la supercherie a éclaté au grand jour. Quentin a tout avoué sur un groupe WhatsApp réunissant les familles endeuillées : il n'était pas dans le bar cette nuit-là.
Une mise en scène qui finit par s'effondrer
Le jeune Suisse s'était construit un statut de héros tragique. À la mi-février, en marge de l'audition de la cogérante Jessica Moretti à Sion, il confiait sa "douleur" et "l'absence de sommeil" depuis la nuit du 31 décembre, présentant son intervention comme celle d'un pompier volontaire. En réalité, il n'a jamais mis les pieds dans l'établissement ce soir-là : au moment du drame, il se trouvait dans la station voisine d'Anzère, précise Le Parisien.
C'est le journaliste suisse Lucas Vuilleumier, du média 24 Heures, qui révèle la supercherie en mars. Entre-temps, Quentin s'était lancé dans l'organisation d'un concert de soutien prévu le 19 mars. L'événement est annulé quelques jours avant, alors que les flyers circulaient déjà sur les réseaux sociaux, "en raison de problèmes personnels soi-disant confidentiels", selon son compte Instagram.
L'un des artistes prévus au programme finit par lui demander des comptes, remarquant que son récit changeait selon la personne à qui il s'adressait : sauveteur ici, client rescapé ayant perdu deux proches là. Acculé, Quentin capitule sur le groupe WhatsApp des familles : "Je n'avais rien à voir avec Le Constellation." Contacté ensuite par le Parisien, il assure vouloir "s'excuser de nouveau auprès des victimes" et confie ne pas s'être attendu à ce que "son mensonge prenne tant d'ampleur".
Un besoin de reconnaissance pour le faux pompier de Crans-Montana
Interrogée par nos confrères sur ce comportement, la psychologue et psychanalyste Catherine Grangeard se garde de tout diagnostic à distance, mais évoque des mécanismes connus : certaines personnes s'identifient à un drame qui résonne avec leur propre histoire, quand d'autres, insatisfaites de leur existence, "ont besoin de vampiriser celles des autres".
Elle pointe également un "possible besoin d'appartenance", la sensation d'être "dérangé" et de vouloir "se ranger quelque part". Le Parisien indique que le cas rappelle celui de la "mythomane du Bataclan", une femme qui avait prétendu avoir été blessée lors des attentats du 13 novembre 2015 et qui a écopé de quatre ans et demi de réclusion pour avoir empoché 25 000 euros d'indemnités. Son histoire avait donné lieu à un livre puis à une mini-série avec Laure Calamy. Le fonds national des victimes avait recensé seize personnes condamnées pour escroquerie après les attentats djihadistes de 2015.
Quentin, lui, n'a jamais réclamé d'argent auprès du fonds suisse dédié aux victimes de Crans-Montana. Il a au contraire donné de son temps et de son énergie pour accompagner des proches endeuillés et tenter de lever des fonds en mémoire des disparus, une nuance de taille qui explique en partie pourquoi certaines familles bernées lui ont malgré tout pardonné, voire apporté leur soutien quand le scandale a éclaté au grand jour. L'une des mères, dont l'adolescent est mort dans l'incendie, a confié au média suisse qu’il "méritait d'être pardonné par sa gentillesse et ses services pour son mensonge initial."
Sur le même sujet
-
Incendie de Crans-Montana : 7 mois après le drame, le calvaire de l’une des victimes obligée de soigner ses plaies et brûlures avec de l’eau thermale
-
Incendie de Crans-Montana : une vidéo inédite dévoile l’impressionnante « boule de feu »
-
Crans-Montana : elle aurait préféré que son fils soit grand brûlé, plutôt que mort, Legend contraint de désactiver les commentaires en urgence